Accueil / Actualités / #Wach_metafkin #, campagne contre la violence verbale

#Wach_metafkin #, campagne contre la violence verbale

Dans le cadre du projet « Femmes partenaires du Progrès », en partenariat avec l’Université de Maryland et financé par le MEPI, l’association Jossour Forum des Femmes Marocaines a procédé, en ce mois d’avril 2019, au lancement de capsules sur la violence à l’égard des femmes, lors d’une conférence de presse. Ce sont 16 vidéos réalisées par Khaoula Benomar, se basant sur une idée innovante : les  proverbes marocains utilisés au quotidien, la plupart des fois, inconsciemment, et qui constituent une violence verbale impactant l’éducation, de génération en génération et donnant une image négative des femmes marocaines.

Ce sont des adages qui questionnent acteurs, artistes, activistes, jeunes, et qui poussent à une auto-analyse profonde, à une prise  de conscience de l’erreur du langage.  Le lancement des capsules, c’est aussi la campagne #Wach_metafkin # sur les réseaux sociaux, pour le changement des mentalités et des  stéréotypes,  à travers des citations qui blessent parfois et qui dénoncent la violence verbale.  Jusqu’à l’envoi de ce communiqué, 3 capsules ont été lancées : celle de Malek Akhmiss et celle de Mohamed Choubi ont été vues chacune plus de 500 vues   et celle de  Abdelmounaim Bouamama :  1600 vues et plusieurs partages.

Les capsules montrent, à travers un micro-trottoir, la réaction des marocains. Une formation de jeunes de khénifra, d’Oulad tayma, d’imilchil… sera la prochaine étape, autour de la médiatisation, de haut niveau, de ces capsules, afin qu’ils puissent les booster au niveau des réseaux sociaux.

L’objectif de ces capsules est la sensibilisation  et l’information sur la violence verbale, très souvent omise, quoique, à impact assez fort, mais utilisée, au quotidien. Des proverbes marocains qui donnent une image négative de la femme marocaine ont été choisis par l’équipe de Jossour FFM et khaoula Benomar qui a interviewé et interpellé diverses personnes et recueilli leurs réactions face à ces proverbes.

Pour Omayma achour, Présidente de l’association, ce projet cible le changement des mentalités. Ce sont des adages et des proverbes qui circulent dans notre société et qui sont, des fois, très négatifs à l’égard des femmes. Les jeunes les utilisent  mais ne connaissent pas leur impact sur les générations futures, sur l’éducation et sur l’égalité et la citoyenneté dans notre pays. La réflexion, en tant que jeunes et acteurs de changement de la société, s’est faite sur ce qui s’entend au quotidien et qui influe sur le comportement dans le futur. Ces proverbes populaires font partie de l’éducation, dans l’enceinte familiale, depuis l’enfance. L’association  Jossour FFM, qui travaille toujours avec la digitalisation, est convaincue que les réseaux sociaux, c’est le seul moyen de diffusion de l’information au plus grand nombre de personnes, avec un coût moindre et en temps record. Le projet est complet et a trait à 3 étapes : la réalisation des capsules, la formation des jeunes et l’évaluation ou retour du projet.

Rhizlaine benachir, vice-présidente de l’association Jossour Forum des Femmes Marocaines et coordinatrice du projet a parlé du projet intitulé : « Les femmes partenaires du progrès »,  en partenariat avec l’université de Maryland et financé par le MEPI. L’objectif est le renforcement des capacités des femmes marocaines à tous les niveaux. 30 femmes leaders qui œuvrent dans différents horizons ont été sélectionnées: des universitaires, des journalistes, des femmes cheffes d’entreprises, des militantes associatives, des membres de partis politiques, des syndicalistes… A travers une démarche participative, un plan d’action d’une durée de deux ans a été élaboré et chaque femme leader porte un projet. Le choix s’est opéré sur deux grands axes de travail : la citoyenneté et l’égalité et, la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Le lancement de ces capsules rentre dans le cadre du second axe. Le constat, c’est que certains dictons et proverbes, spécifiquement marocains, vont à l’encontre de l’image de la femme et portent préjudice, sur notre comportement et mentalités. Ces proverbes sont considérés comme une violence verbale puisqu’ils portent des concepts, des stéréotypes, montrant que la femme est parfois dangereuse, irresponsable et nullement majeure.

Le concept de départ, affirme Radia laraki, membre du bureau associatif, est de déconstruire des idées qu’on a sur la femme, au fond de nous même, transmises inconsciemment de pères aux enfants, de génération en génération. Parfois, par la mère elle-même, comme, « koun rajel » (sois un homme), qui est déjà une violence vis-à-vis de la fille. L’enfant se construit à partir de ce qu’on lui enseigne, c’est ce qui l’impacte. Ces16 capsules ou  interventions sur le terrain sur certains projets sont faits pour impacter les jeunes, les femmes, les lycéens…Le militantisme, pour ce qui est droits, se joue aussi sur le changement des mentalités des hommes et des femmes.

Khaoula Assebab Benomar, membre du bureau de Jossour FFM, a réalisé ces capsules qui visent tout un  travail sur le langage qu’on utilise au quotidien, sans vraiment se rendre compte de son impact sur l’entourage. On a beau travailler sur l’égalité, sur l’approche genre, sur la misogynie, on se rend compte que beaucoup de choses viennent du langage, ces petits mots utilisés au quotidien et qui ont un impact incroyable sur les générations futures. Ce langage banalise la violence des hommes envers les femmes, banalise la brutalité et les inégalités. L’idée est de souligner ces phrases. Il s’agit juste de poser des questions, de balancer ces phrases pour voir leurs réactions. Et, à la fin de  leur demander s’ils  ont l’habitude d’utiliser  ces adages et s’ils « réalisent » leur impact au quotidien. C’est comme si l’on jette une bouteille à la mer  et que l’on essaie d’avoir son impact.  C’est, en fin  de compte, pousser des gens, en masse, à  se poser des questions par rapport à ces phrases dont notre langage regorge.

L’analyse faite, à travers la réalisation de ces 16 capsules, c’est que, après ce laps temps de réflexion, les gens questionnés  réalisent qu’on ne réfléchit pas assez aux mots utilisés au quotidien et qu’ils peuvent vraiment faire mal et remonter les gens, les uns contre les autres. Ce projet est sur le long terme. Ce sont juste des exercices. La plupart des gens interviewées sont contre, mais se rendent compte à la fin qu’ils utilisent effectivement ces phrases. A tel point que ce qu’on dit est différent de ce qu’on pense réellement, parce que c’est inculqué. Il faut faire attention à ce langage, à ces petits mots ou réflexes qui ne font que revéhiculer les mêmes choses. Le rêve, c’est d’arriver à faire plus de 400 capsules, juste pour que les gens s’interrogent sur ces mots. On transmet des erreurs aux enfants.

Le projet « Femmes Partenaires du Progrès », en partenariat avec l’Université de Maryland à Washington a pour objectif de renforcer les femmes leaders du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, particulièrement du Maroc, de la Jordanie et du Koweït. 30 femmes leaders évoluant dans les domaines de l’administration, des médias, de la politique, de l’audiovisuel…ont été choisies.  Une première rencontre a été organisée en 2017 et a permis d’identifier les axes de travail. Leur choix s’est opéré sur la « Violence à l’égard des femmes et Egalité », et, « Citoyenneté et l’application de la Constitution ».