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Réalisation d’une « étude analytique et cartographie approfondie de la VBG dans le milieu scolaire dans la région de Marrakech Safi»

Contexte et Justification de l’Étude

Selon la dernière enquête nationale sur la violence à l’égard des femmes publiée par le Haut-Commissaire au Plan en 2011 (ENVEF) et fondée sur des données collectées en 2009, près de 6 millions de femmes marocaines (63% des Marocaines âgées de 18 à 65 ans) ont subi des violences au cours des douze mois précédant l’enquête, dont 3,8 millions de femmes vivant en zones urbaines. La violence dans les établissements d’enseignement représentait plus de 24% de tous les cas de violence à l’égard des femmes. Un total de 81 000 étudiantes et écolières sont des victimes violence basée sur le sexe, dont 20% ont été victimes de violences sexuelles.

Un rapport plus récent – le Rapport Maroc 2017 de l’UNESCO – a déclaré que l’observatoire de la violence mis en place par le Ministère de l’Éducation nationale avait identifié environ 24 000 cas de violence en milieu scolaire en 2013-2014. La grande majorité des cas ont lieu dans les écoles et les autres dans les environnements des écoles (31%).

Classée par comportement d’étudiant, la forme de violence la plus répandue implique un étudiant avec un autre étudiant (64%). Vient ensuite le cas d’étudiants qui détériorent (et cassent) la propriété de l’école (8%) et en troisième position se trouve la violence qui existe entre les élèves et les enseignants (7%). La violence verbale représente 35% des cas (8 413 cas), suivie de la violence physique à l’école (20%) et dans son environnement (13%). La violence sexuelle compte pour 12%.

En ce qui concerne le genre, le comportement des garçons est prédominant : 52% des cas sont des violences commises par des garçons contre des filles 43% des cas sont entre garçons et seulement 5% sont imputables à la violence entre filles.

L’Association Ennakhil estime que, pour répondre efficacement aux besoins et aux recommandations relatives à la lutte contre la violence faite aux femmes et aux filles dans et autour du milieu scolaire, le travail sur le changement des normes de la masculinité négative ne devrait pas rester une composante isolée ni être limité à des actions dans des petits projets et activités, mais devrait faire l’objet d’un projet pilote avec des actions innovantes afin d’établir des synergies entre tous les acteurs impliqués dans la lutte contre la violence basée sur le genre et le système éducatif de la région.

Le projet « Combattre la VBG dans les écoles à travers la promotion de la masculinité  la masculinité positive dans la région de Marrakech Safi », en partenariat avec The United Nations Trust Fund to End Violence Against Women, a été développé suite au constat que les jeunes filles continuent à faire face à la violence basée sur le genre dans le milieu scolaire au Maroc et dans la région de Marrakech Safi, conformément aux rapports du centre d’écoute Ennakhil et le Rapport Maroc 2017 de l’UNESCO analyse de la situation de la violence en milieu scolaire au Maroc.

Le projet vise, par une approche positive de la masculinité, à interroger le comportement des hommes et des garçons par l’utilisation d’outils appropriés pour échanger, débattre, partager des connaissances afin d’encourager en particulier les changements de comportement face à la violence (promotion de la masculinité positive et non violente).

En termes de résultats stratégiques, ce projet vise trois niveaux d’amélioration :

Politique gouvernementale

  • Améliorer la politique gouvernementale visant à remédier aux problèmes de violence basée sur le genre dans les écoles.
  • Sensibiliser les parties prenantes (dans tous les secteurs et à tous les niveaux) aux droits des femmes et des hommes.
  • Renforcer les capacités et améliorer les procédures et mécanismes opérationnelles des acteurs impliqués dans la chaîne d’identification, prévention et protection et la prise en charge des victimes de violence.
  • Renforcer la capacité des membres de la communauté à participer aux décisions politiques local et régional et national en matière de la lutte contre la VBGMS
  • Promouvoir les canaux et espace de dialogue entre les différents acteurs pour des synergies et partenariats crédible en matière de la lutte contre VBGMS

Engagement du public

  • Améliorer l’engagement du grand public dans la lutte contre la VBGMS.
  • Promouvoir une culture de l’égalité et la lutte contre les stéréotypes de genre conduisant à la ségrégation dans différents domaines, en particulier l’éducation, et dans la société en général.

Jeunes garçons et filles

  • Accroître la compréhension qu’ont les jeunes garçons et les filles des causes, des formes et des conséquences de la violence Basée sur le genre.
  • Développer la capacité des jeunes filles à identifier et d’informer et de contester et rapporter  et de gérer une situation de violence
  • Développer la capacité des hommes et des garçons à gérer leurs frustrations et à contrôler et canaliser leur agressivité.

Promouvoir la masculinité positive à travers diverses activités dans les écoles.

Objectifs de l’étude

Cet exercice d’étude analytique a pour mission de nous proposer (1) une cartographie nuancée des violences et des parties prenantes, et (2) une analyse approfondie afin de mieux comprendre les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces de la prévention et de la réponse à la VBG en milieu scolaire dans la région de Marrakech Safi. Enfin, l’étude aura pour objectif de mieux comprendre comment le système éducatif et le système lié à la problématique de la violence à l’égard des femmes et jeunes filles devra s’adapter aux récents efforts du Maroc pour harmoniser le cadre juridique et institutionnel national à ses engagements internationaux, dont la nouvelle législation (loi 103.13 relative aux violences faites aux femmes) et les mécanismes mis en en place par le gouvernement et par les organisations de la société civile – OSCs (comités locaux de coordination des partenaires de la lutte contre les violences faites aux femmes).

Cinq questions de recherche primordiales ont été déterminées pour l’étude :

  1. Quelles formes de violence subissent les filles à l’école ? Quelles sont les conséquences de ces VBGs dans les interactions et les relations quotidiennes des filles ? Quels sont leurs liens avec le contexte politique, social et économique ?
  2. Comment les garçons considèrent-ils leurs rôles, et notamment dans leurs relations aux filles ? Comment les garçons perçoivent-ils / s’expriment-ils au sujet des violences faites aux filles ? Quels sont les mécanismes de médiation / dialogue avec les garçons aux comportements violents ?
  3. Quels sont les mécanismes à disposition des filles pour contester et rapporter et de de dépôt de plainte / enregistrement des affaires de violences et prise en charge des victimes de la violence, et ceux d’exprimer leurs points de vue et influencer les décisions sur les sujets qui les concernent ? Comment développer ces mécanismes ?
  4. Quelles sont les contraintes et les opportunités liées aux cadres législatifs et politiques et à leur mise en œuvre au niveau national et local qui freinent ou stimulent les initiatives de lutte contre la violence basée sur le genre dans le milieu scolaire ?
  5. Quelles sont les différences entre les écoles analysées dans le cadre de l’étude, et comment se comparent-elles aux tendances observées ailleurs dans la région de Marrakech Safi ?

Objectif général de l’étude

L’étude s’inscrit dans l’axe juridique de la stratégie de l’association Ennakhil. Elle visera, en produisant de la connaissance sur les caractéristiques des violences faites aux filles dans les écoles de la région de Marrakech-Safi et en analysant les initiatives existantes, à identifier les obstacles et à suggérer des propositions visant à améliorer l’application des lois et la prise de conscience de la problématique de la violence basée sur le genre par l’opinion publique (micro, méso et macro). L’étude contribuera également à l’élaboration et à la réalisation de stratégies de plaidoyer afin d’instaurer des mécanismes de protection des jeunes filles contre tout type de violences.