Accueil / slideshow / Les femmes, les jeunes et les diplômés fortement touchés par le chômage

Les femmes, les jeunes et les diplômés fortement touchés par le chômage

Les diplômés de la formation professionnelle continuent de souffrir du chômage. Le taux pour ces personnes qui est de 23,3% est largement supérieur à celui des diplômés de l’enseignement général (15,4%) et l’ensemble des diplômés âgés de 15 ans et plus ( 17,1%).

Le taux de chômage continue de baisser à un rythme lent. Celui-ci est passé de 10,2 à 9,8% entre 2017 et 2018, soit une régression de 0,4% au niveau national. C’est ce qui ressort de la note d’information du Haut-Commissariat au Plan (HCP) sur la situation du marché du travail en 2018. Avec une baisse de 48.000 chômeurs au niveau national, 25.000 en milieu urbain et 23.000 en milieu rural, le nombre total de chômeurs est passé de 1.216.000 à 1.168.000 entre 2017 et 2018. Cela dit, la situation du marché du travail continue d’être marquée par la persistance à la baisse des taux d’activité et d’emploi. En effet, la population en âge d’activité (15 ans et plus) continue d’augmenter de façon plus importante (+1,7%) que la population réellement active (0,5%). Le taux d’activité se limite à 46,2% contre 46,7% en 2017. Entre hommes et femmes, l’écart des taux d’activité est de 48,7 points (respectivement 70,9 et 22,2%).

Aggravation du chômage chez les diplômés des facultés

Les hausses les plus importantes du taux de chômage ont été enregistrées parmi les diplômés des facultés (+0,6 point) et les jeunes citadins âgés de 15 à 24 ans (+0,4 point). En revanche, les plus fortes baisses du taux de chômage ont été relevées parmi les personnes ayant un diplôme (-0,8 point), les femmes (-0,7 point) et les jeunes âgés de 15 à 24 ans (- 0,5 point). Dans son document, le HCP fait remarquer que les taux de chômage les plus élevés sont relevés, en particulier, parmi les femmes (14% contre 8,4% parmi les hommes), les jeunes âgés de 15 à 24 ans (26% contre 7,2% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus) et les détenteurs d’un diplôme (17,1% contre 3,5% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme). Autre constat à relever : les diplômés de la formation professionnelle continuent d’être fortement touchés par le chômage. Le taux pour ces personnes qui est de 23,3% est largement supérieur à celui des diplômés de l’enseignement général (15,4%) et l’ensemble des diplômés âgés de 15 ans et plus ( 17,1%).

84.000 Marocains découragés par la recherche d’emploi

Dans sa note d’information, le HCP signale que près de 6 chômeurs sur 10, soit 57,9%, sont à la recherche de leur premier emploi. Ce pourcentage est nettement plus élevé chez les femmes que les hommes (69,1% contre 51,8%). Notons que le chômage de longue durée continue d’augmenter. Plus des deux-tiers des chômeurs (67,6%) sont au
chômage depuis une année ou plus. Signalons également que 30,4% parmi les chômeurs se sont retrouvés sans emploi suite à des licenciements (24,3%) ou l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur (6,1%). Il faut aussi noter qu’en 2018, 7,2% des chômeurs, soit, 84.000 personnes, sont découragés par la recherche active d’un emploi contre 7% une année auparavant.

112.000 postes d’emploi créés

Le volume de l’emploi s’est accru de 112.000 postes (91.000 en milieu urbain contre seulement 21.000 en milieu rural) contre une création nette de 86.000 postes en 2017. Ces emplois ont profité à 85.000 hommes et 27.000 femmes. Quant aux secteurs les plus pourvoyeurs d’emplois, celui des services arrive en tête avec la création de 65.000 postes au niveau national (62.000 en milieu urbain et 3.000 en milieu rural), ce qui correspond à une hausse de 1,4% du volume d’emploi dans ce secteur. Ces nouveaux postes ont été créés principalement par les branches de «commerce de détail hors magasin» (34.000 postes), des «services personnels et domestiques» (13.000 postes) et de la «restauration et hôtellerie» (12.000 postes). Pour sa part, le secteur de «l’agriculture, forêt et pêche» a créé 19.000 emplois au niveau national (15.000 en milieu rural et 4.000 en milieu urbain), contre 42.000 emplois une année auparavant et une perte annuelle moyenne d’environ 75.000 postes en 2015 et 2016. Le secteur du BTP a créé, entre les années 2017 et 2018, 15.000 postes d’emploi, après une création annuelle moyenne de 22.000 postes au cours de la période 2015-2017. De son côté, le secteur de «l’industrie y compris l’artisanat» a créé 13.000 emplois. Les nouveaux postes ont été créés principalement par la branche de «textile bonneterie et habillement» avec 11.000 postes.

Plus de 73% des chômeurs concentrés dans 5 régions

Cinq régions abritent à elles seules 72,4% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus. La région de Casablanca-Settat arrive en première position avec 22,4% d’actifs, suivie de Marrakech-Safi (14%), Rabat-Salé-Kénitra (13,4%), Fès-Meknès (11,5%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,1%). Notons également que quatre régions affichent des taux d’activité plus élevés que la moyenne nationale (46,2%), Dakhla-Oued Eddahab (69,4%), Casablanca-Settat (49,8%), Marrakech-Safi (48,6%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (46,7%). En termes de création nette d’emplois, trois régions y contribuent pour près des trois quarts (74,1%). Il s’agit de Marrakech-Safi avec 38.000 emplois, suivie de Casablanca-Settat (28.000 emplois) et la région de Drâa-Tafilalet (17.000 emplois).

Le HCP relève que 73,3% des chômeurs sont concentrés dans cinq régions. Casablanca-Settat vient en tête avec 24,6% de chômeurs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (16,6%), l’Oriental (11,2%), Fès-Meknès (11%) et Marrakech-Safi (10%). Les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions de Guelmim-Oued Noun (18,9%) et de l’Oriental (16,3%). Avec moins d’acuité, quatre autres régions dépassent la moyenne nationale (9,8%) à savoir Laayoune-Sakia El Hamra (13,5%), Rabat-Salé-Kénitra (11,8%), Casablanca-Settat (10,6%) et Souss-Massa (10%). En revanche, les régions de Béni Mellal- Khénifra et de Drâa-Tafilalet enregistrent les taux les plus bas avec respectivement 5,4 et 5,9%.