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TDR Elaboration d’une stratégie nationale de santé en milieu pénitentiaire

Au Maroc, la population carcérale s’élève en fin décembre 2019 à 86.384 détenus dont 2.4% sont des femmes et 6.5% sont des mineurs, répartis sur 77 établissements pénitentiaires.

Consciente du droit des détenus à la santé et à des soins médicaux de qualité, au même titre que ceux prodigués à l’ensemble de la population générale, la Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion (DGAPR) a entrepris depuis sa création en 2008 une stratégie en matière de soins pour promouvoir la santé en milieu carcéral à travers des actions prioritaires. Ainsi la DGAPR s’est engagée dans une démarche d’amélioration de l’accessibilité des détenus à des services complets de prévention, de traitement et de prise en charge sanitaire globale, dans le respect de l’équité, du genre et des droits de l’Homme. De ce fait, et en appui à ses efforts, la DGAPR a développé de nombreux partenariats nationaux et internationaux en matière de santé.

Ceci s’est traduit par la mise en place au niveau des établissements pénitentiaires de plusieurs
interventions dont :

  •  La mise à niveau des Unités de Santé Pénitentiaires (USP) en termes d’infrastructure et équipement médicotechnique et informatique ;
  •  L’ouverture d’autres USP dans les nouvelles prisons ;
  •  L’amélioration de la couverture médicale des établissements pénitentiaires grâce au recrutement annuel du personnel médical, paramédical et des psychologues portant l’effectif à 99 médecins, 71 médecins dentistes, 477 infirmiers et 51 psychologues ;
  •  L’augmentation du budget destiné à l’achat des médicaments et dispositifs médicaux qui a pratiquement triplé ;
  •  Le renforcement des prestations médicales curatives qui sont réalisées à 93% au sein des USP avec le recours aux hôpitaux publics et au secteur privé, limité aux prestations spécialisées ou examens para cliniques ou encore les hospitalisations ;
  •  Le renforcement de la stratégie mobile par l’organisation de campagnes préventives et curatives adaptées aux besoins des détenus et des prisons ;
  •  La prise en charge in situ, de certaines pathologies lourdes telles l’insuffisance rénale au niveau de 2 unités d’hémodialyse équipées de 5 générateurs ;
  •  L’ouverture de 10 unités d’addictologie dont 5 assurent la continuité de la prestation par la méthadone pour tous les détenus déjà bénéficiaires de cette substitution avant incarcération avec un total de 456 détenus pris en charge depuis le début du programme
    ;
  •  L’amélioration de l’accessibilité des détenus à des services complets de prévention, de traitement et de prise en charge globale du VIH/TB/Hépatites virales et usage problématique de drogues. avec amélioration des principaux indicateurs. Ainsi entre 2008 et 2018, l’incidence de la tuberculose a été réduite de 55% et les décès par cette maladie
    de 46%. En 2019, les interventions de prévention combinée en matière d’IST/VIH ont
    permis de couvrir 42% de la population carcérale, avec 35 % de détenus ayant bénéficié
    du dépistage soit une amélioration du dépistage de 5 fois par rapport à 2015.

Néanmoins et en dépit des efforts conjugués, plusieurs contraintes demeurent et limitent l’efficacité des actions entreprises en matière de santé, notamment de l’intégration des services en ciblant les besoins et conditions spécifiques de cette population.

La DGAPR prévoit en collaboration avec le Ministère de la Santé, et avec l’appui de l’ONUDC1 et du Fonds mondial, le recrutement d’un(e) équipe de consultant(e)s, un international pour l’élaboration d’une stratégie nationale de la santé en milieu pénitentiaire, et d’un consultant national qui travaillera spécifiquement sur le paquet minimum de services. Ladite stratégie devrait s’aligner sur les normes internationales en matière de santé et des droits de l’homme (ONUDC, OMS) et être menée dans le cadre d’une approche de santé publique, reposant sur les pratiques optimales et s’adaptant au contexte des établissements pénitentiaires.

 Objet de la mission

Développer une stratégie nationale de santé dans le milieu pénitentiaire et ce, à travers une consultation auprès de l’ensemble des parties prenantes, DGAPR, Ministère de la Santé et partenaires des Nations Unies (ONUDC, OMS et ONUSIDA). La stratégie sera développée selon les étapes sous-mentionnées.

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