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Covid 19 : La sécurité énergétique, quel prix à payer par les femmes à Mohammedia?

Consciente de l’importance de la sécurité énergétique du Maroc en ce contexte économique international difficile, l’Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM) salue la décision du gouvernement d’exploiter les bacs de la société la Samir afin de constituer un stock en carburant profitant ainsi des prix historiquement bas du pétrole.

L’ADFM tient toutefois à exprimer son inquiétude quand à l’impact écologique et sanitaire de la ré exploitation de la Samir sur la ville de Mohammedia et sa région, déjà fragilisées par les rejets en mer et en l’air de substances chimiques dus à une concentration d’activités industrielles  polluantes visibles à l’œil nu. Ces dernières affectent plus particulièrement les femmes notamment celles qui vivent du ramassage des algues et des crustacées, celles qui sont employées dans les unités de production de produits chimiques et celles qui cultivent les terrains agricoles aux alentours de la Samir.

L’ADFM rappelle solennellement que la constitution de 2011 consacre le droit à un environnement sain comme un droit de tous les citoyens et que le Maroc a ratifié plus de 130 conventions internationales dont la majorité concerne la protection de l’environnement et le droit de la mer.

Par le passé, la ville de Mohammedia a connu des incidents importants allant des explosions des citernes de la Samir en novembre 2002 lors des inondations, aux plages souillées de rejets de grandes quantités de boue noire provenant de la centrale thermique de l’ONEE en mai 2017 provoquant une détresse écologique et sanitaire dans la région. La zone humide de Oued El Maleh, quant à elle, vit une catastrophe écologique et en mai 2020 l’opinion publique a été choquée par la diffusion de vidéos montrant clairement les rejets d’eaux usées au niveau de la plage Paloma aux abords de Zenata Ville Verte.

Le stockage des combustibles fossiles viendrait rajouter à la gravité de la triste réalité écologique de la ville de Mohammedia et sa région en dégradant considérablement la qualité des sols, des nappes phréatiques et en polluant davantage l’air et la mer.

Les habitantes de Mohammedia, dont la santé est particulièrement affectée par la dégradation de l’environnement à cause des activités industrielles polluantes, souffrent de pathologies respiratoires et cutanées importantes et peinent à accéder aux soins car la préfecture de Mohammedia avec ses 6 communes ne dispose que d’un centre hospitalier préfectoral à la capacité d’accueil et aux moyens très limités. Il n’y existe par ailleurs aucun centre d’oncologie pouvant prendre en charge les femmes atteintes de cancer qui sont dirigées vers Casablanca afin de subir des traitements lourds et des déplacements quotidiens exposant ainsi leur corps fragilisés à toutes sortes de contaminations.

L’ADFM insiste sur la nécessité de conjuguer sécurité énergétique, sanitaire et écologique dans un contexte pandémique où toute conséquence négative des décisions prises par le gouvernement risquerait d’aggraver la situation sanitaire du pays et exposerait par conséquent la santé des femmes à davantage de dangers.