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Covid-19 : Les femmes travaillant dans le secteur informel menacées de vulnérabilité !

Les associations œuvrant pour les droits des femmes, la démocratie et le développement saluent l’initiative du gouvernement de venir en aide aux travailleurs du secteur informel en cette période de crise du Covid-19 qui paralyse notre économie. Cependant, cette initiative soulève en même temps le problème des inégalités entre hommes et femmes et les injustices subies par les femmes dans ce secteur.

Au Maroc, les femmes sont plus nombreuses à avoir un statut de travailleuse indépendante et d’aide familiale, d’après les statistiques du HCP relatives au secteur informel. Très souvent, ce statut est confondu avec celui de travailleuse à domicile. Cette situation enfonce cette catégorie davantage dans la pauvreté, la précarité et la violence économique.

Les ménages pauvres dirigés par les femmes sont en augmentation surtout dans le milieu urbain. Sept femmes cheffes de ménage sur dix sont veuves ou divorcées et 65,6% parmi elles sont analphabètes et la majorité (75%) est inactive selon l’enquête sur l’emploi-HCP-2018.

Nous appelons donc le gouvernement  et les collectivités territoriales à prendre en considération le fait que:

  1. l’effectif des femmes dans le secteur informel est sous estimé,
  2. les femmes cheffes de ménages ne disposant pas de la carte RAMED et qui doivent soumettre une demande d’aide risquent d’être exclues vu les critères d’éligibilité et
  3. certaines femmes travaillant dans le secteur formel ne sont pas déclarées.

Nous demandons donc au gouvernement et aux collectivités territoriales de venir en aide à toutes ces femmes laissées pour compte pendant cette situation de pandémie par :

  • La généralisation du RAMED à toutes les femmes pauvres ou en situation précaire, cheffes de ménage ou seules, responsables de personnes en situation d’handicap. Il faut également inclure ces femmes inactives (aptes ou non) qui vivaient grâce à l’aide des associations de proximité.
  • La garantie des revenus pour les femmes travaillant dans le secteur formel mais non déclarées (employées des bains maures, salons de coiffure, vendeuses, etc.) par l’incitation des employeurs, en mesure de le faire, de maintenir leurs salaires pendant le confinement à travers des crédits à 0% ou autres disposition
  • La facilitation des procédures de demande d’aide pour toutes les femmes Ramedistes ou non et la mise à leur disposition d’une assistance technique.
  • La mise en place d’une nouvelle cartographie de la pauvreté basée sur le genre.

 

Les associations signataires :

  • Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM)
  • Association Thissaghnasse pour la Culture et le Développement (ASTICUDE) –Nador
  • Forum Marocain pour la vérité et la justice  (FMVJ) – Khemisset
  • Le Réseau d’ONG d’Organisation non Gouvernementales Région Sidi Banour (RADNG) – 23 Associations.
  • Association Alliance des Femmes du Maroc pour le Développement et la Formation – Tétouan.
  • Association Marocaine MANAL pour les Droits de l’Enfant et la Femme – EL jadida.
  • Association TAMKIINE
  • Association El Fath pour l’Environnement et Développement Durable – Skhirat .
  • Association Tahadi pour l’Egalité et la Citoyenneté.
  • Association de Lute Contre le Sida ALCS (l’ALCS à 19 sections dans 28 villes)
  • Observation Marocaine des Libertés Publique
  • Collectif Associatif pour l’Observation des Elections
  • Coalition Marocaine pour la Justice Climatique
  • Association Bougies pour l’égalité.