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VIVRE EN SÉCURITÉ EST UN DROIT ET NON UN PRIVILÈGE

L’Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM) se dit choquée par la vidéo relatant le viol d’une jeune fille perpétré par des jeunes hommes dans un bus. Abstraction faite de la date où il a été commis, ce crime odieux, enregistré par l’un des agresseurs sur son téléphone portable, a été commis sous les yeux indifférents du conducteur et des autres passagers.

La gravité de cette situation nous interpelle quant à la menace permanente et croissante qui pèse sur la sécurité des femmes dans notre pays et la violation de leur dignité et de leur liberté aussi bien dans les espaces publics que privés. En témoigne le nombre croissant des harcèlements, d’agressions sexuels et de viols qui sont rapportés par les réseaux sociaux et qui sont loin de refléter la réalité, dans la mesure où la majorité des crimes sont passés sous silence et que les agresseurs continuent à jouir de leur liberté en toute impunité.

L’ADFM tire la sonnette d’alarme et dénonce d’une part la lenteur des responsables dans la mise en place de mesures juridiques et institutionnelles pour protéger les femmes contre toutes les formes de violence et d’autre part, le laxisme des autorités face aux discours haineux et misogynes du mouvement intégriste et aux stéréotypes et clichés colportés par certains médias qui portent atteinte aux droits des femmes et à leur liberté individuelle et engendrent plus de harcèlement sexuel et psychologique des citoyennes dans les rues, souks, transport public, plages, etc.

L’ADFM réitère et réaffirme que la lutte contre la violence à l’égard des femmes dans les espaces public et privé fait partie intégrante de la politique publique du pays et par conséquent nécessite une approche globale qui comprend des interventions juridiques, éducatives et médiatiques. Ainsi, l’ADFM appelle les responsables à :
 Mettre en œuvre les engagements internationaux du Maroc en matière de droit des femmes et de lutte contre les violences et les discriminations à leur encontre et à harmoniser tous les textes législatifs en conséquence ;
 Réviser d’urgence le texte 103-13, qui est dénué de forme et de substance en faveur d’une loi qui garantisse pleinement et effectivement la pleine prévention des violences, la protection des victimes et la punition des agresseurs ;
 Procéder à une refonte globale et en profondeur du code pénal, sur la base d’une politique pénale fondée sur l’égalité des sexes et garantissant la justice pénale pour les femmes ;
 Mettre en place toutes les structures, institutions et mécanismes requis dotés de capacités requises en termes de ressources humaines et financières pour leur permettre de prévenir, lutter et protéger les femmes contre toutes les formes et tous les types de violences ;
 Intégrer de manière transversale le principe de l’égalité et la sécurité des femmes et des filles dans les investissements et infrastructures découlant de la politique de la ville ;
 Instaurer un système de redevabilité et l’obligation de rendre compte pour tous les responsables et intervenants directs et indirects en matière de protection des droits des femmes ;
 Prendre les dispositions nécessaires en termes d’éducation, de sensibilisation et de pénalisation des discours qui portent atteinte aux droits des femmes et qui incitent directement ou indirectement aux violences sexuelles.

Tout en saluant l’arrestation rapide des personnes impliquées dans ce crime, l’ADFM revendique la protection de la victime et la punition des agresseurs et de toute personne présente n’ayant pas porté assistance à la jeune fille.

Association Démocratique des Femmes du Maroc
22-08-2017