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VIH/SIDA : Déclaration du Caire

 

Déclaration du Caire des Leaders Religieux de la région arabe en réponse à l’épidémie de VIH/SIDA

Nous, leaders religieux musulmans et chrétiens actifs ou en relation avec les actions de lutte contre le VIH/SIDA dans le monde arabe, réunis au Caire, Egypte, du 11 au 13 décembre 2004, à l’initiative du Programme Régional de lutte contre le VIH/SIDA dans les Etats arabes (PNUD/HARPAS), en partenariat avec l’ONUSIDA, et Family Health International (FHI/Impact), nous sommes mis d’accord sur les points suivants :

Premièrement : PRINCIPES GENERAUX

–  Considérant la valeur de tout être humain et conscients de la place accordée par Dieu à tous les hommes – quels que soient leur situation, passé ou condition médicale – et face au danger de l’épidémie du VIH/SIDA, nous avons, en tant que leaders religieux, une grande responsabilité et un devoir qui exigent de notre part une réaction urgente.

–  Convaincus qu’il est de notre devoir de promouvoir la vertu et les valeurs religieuses ainsi que d’améliorer la relation des êtres humains avec leur Créateur, nous prions Dieu Le Tout-Puissant pour qu’il nous protège et protège nos nations de ce danger réel et imminent et qu’il soulage, avec sa grâce et sa bénédiction, les personnes infectées et affectées par ce virus. Nous encourageons ces personnes à prier pour que Dieu les aide par sa grâce et leur accorde la force de vivre.

–  Convaincus que la maladie est une épreuve de Dieu, et que toute personne peut être atteinte selon le choix souverain de Dieu, nous considérons que les malades sont nos frères et nos sœurs, et nous demeurons solidaires, afin qu’Il les assiste dans leur guérison. Deuxièmement : PREVENTION

–  La famille est le noyau de base de la construction et de la protection de la société. Par conséquent, nous devons inciter à la constitution de la famille, tel que le prescrivent les textes divins. Il nous faut supprimer tous les obstacles qui vont à l’encontre de ce dessein, tout en mettant l’accent sur l’interdiction de l’adultère par l’ensemble de ces textes.

–  Nous insistons sur la nécessité de briser le silence autour du VIH/SIDA du haut des pupitres de nos mosquées, de nos églises, de nos institutions d’éducation et dans toute autre situation où nous sommes appelés à nous adresser aux populations. Nous appelons ces intervenants à ce qu’ils évoquent les moyens de lutter contre le VIH/SIDA en se référant à nos principes spirituels et à notre créativité, renforcés par nos connaissances scientifiques, avec pour objectif de proposer de nouvelles approches qui permettront de surmonter ce dangereux défi.

–  Nous rappelons que l’abstinence et la fidélité sont les deux piliers de notre stratégie préventive. Toutefois, nous exprimons notre compréhension concernant l’appel du corps médical et des spécialistes à l’utilisation d’autres moyens préventifs afin d’éviter tout préjudice aux autres et à soi-même.

–  Nous considérons comme impie toute personne ou action qui serait responsable de la transmission du VIH/SIDA, volontairement ou par négligence, du fait de la non-utilisation de l’ensemble des moyens préventifs disponibles, en accord avec les lois célestes.

–  Nous soulignons la nécessité de s’occuper des groupes confrontés à des situations à risque et présentant une plus grande vulnérabilité, notamment les travailleurs sexuels et leurs clients, les usagers de drogues utilisant des seringues, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, et les groupes entretenant des pratiques à risque. De plus, nous devons diversifier les approches et les moyens qui nous permettront d’atteindre ces populations. Bien que nous désapprouvions ces comportements, nous demandons à ces personnes de se repentir et nous appelons à l’élaboration de programmes de soins et de réhabilitation. Notre culture et nos valeurs spirituelles devraient être à la base de ces programmes.

–  Nous appelons les médias à se conformer aux valeurs morales et éthiques concernant les programmes qu’ils diffusent.

–  Nous plaidons pour le droit des femmes à réduire leur vulnérabilité face au VIH/SIDA. Troisièmement : SOINS ET TRAITEMENTS

–  Les personnes vivant avec le VIH/SIDA et leurs familles, responsables ou non de leur contamination, méritent protection, soins, traitement, appui et éducation. Nous appelons nos institutions religieuses à soutenir spirituellement et psychologiquement ces personnes, tout en leur assurant une aide matérielle en collaboration avec d’autres institutions. De même, nous appelons à ne jamais perdre espoir en la grâce de Dieu, à aspirer à une vie active et productive en confrontant le destin avec foi et courage.

–  Il est nécessaire de dénoncer et d’abolir toute forme de discrimination, d’isolement, de marginalisation et de stigmatisation à l’encontre des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Il est primordial que ces personnes puissent jouir de l’ensemble des droits humains et des libertés fondamentales.

Quatrièmement : APPEL AUX AUTRES LEADERS

–  Nous avons l’obligation, en tant que leaders religieux, de faire appel à nos gouvernements, aux institutions de la société civile, aux organisations non-gouvernementales, ainsi qu’au secteur privé afin de promouvoir la synergie et renforcer les actions pour lutter efficacement contre cette épidémie.

–  Nous soulignons également l’importance d’une mobilisation et d’un rôle plus actif des autres leaders religieux contre le danger imminent qui menace notre société, notamment au travers des médias et des différentes campagnes éducatives visant la population.

–  Il est nécessaire de promulguer des lois et de mettre en œuvre des politiques qui préviennent la propagation de cette épidémie, notamment des examens médicaux obligatoires avant le mariage.

–  Nous appelons à la promotion des centres de conseils et d’information et à faciliter la création des organisations caritatives qui s’occuperont des personnes vivant avec le VIH/SIDA.