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Une autre forme de tourisme dans la Région Draa-Tafilalet

Partout dans le monde, les efforts se déploient par tous les gouvernements et les départements  concernés pour dynamiser davantage le secteur touristique considéré comme la première industrie mondiale. Malheureusement, et à  l’instar de toutes les destinations arabo-musulmans, les réservations vers le Royaume du MAROC ont subi le contrecoup des actes terroristes survenus dans plusieurs pays. Nous assistons actuellement à une baisse continue du chiffre de touristes à destination de la région Dra-Tafilalet.

Il existe plusieurs formes de tourisme : tourisme bleu (ou littoral), culturel, de montagne, tourisme vert….etc. Ces dernières années le tourisme solidaire avec ses nombreux qualificatifs semble répondre aux aspirations prioritaires des contrées rurales des pays en voie de développement. En principe, le tourisme génère directement et indirectement une augmentation de l’activité économique dans les endroits visités, essentiellement en raison de la demande de biens et de services qui doivent être produits et fournis.

Cet hiver, la région Draa-Tafilalet a reçu des centaines de camions aménagés en camping-car et conduits par de jeunes touristes qui s’échappent aux intempéries et au froid glacial de l’Europe, et venus profiter du soleil et visiter les meilleurs sites touristiques  du sud Est du Maroc. Ces touristes ne rapportent malheureusement pas grand-chose, en termes économique à la région. Ce sont généralement des chômeurs ou des ouvriers travaillant occasionnellement au cours de l’année (Vendanges, taille des arbres fruitiers….etc) pour gagner leurs vies dans leurs pays d’origine.

Selon Brahim, guide accompagnateur touristique, quelques touristes rencontrés près du lac Hassan Eddakhil lui ont proposé l’achat de pièces de rechanges automobiles et  électroménagères,  du petit matériel agricole d’occasion, des ordinateurs reconditionnés  …etc. Un jeune couple, selon le même guide, pratique l’élevage de poules dans son camion pour produire des œufs à consommer le long de leur périple !!! Des jeunes européens   apparaissent, de temps en temps, dans la ville d’Errachidia avec des Coiffures bizarres, souvent mal habillés, ces touristes dont l’âge ne dépasse pas les trentaines, sont loin des normes et des règles vestimentaires dont fait preuve le touriste européen classique.

Pour la plus part d’entre eux, les tatouages n’épargnent presque aucune partie de leurs corps ; Ils portent des piercings lèvres, des anneaux de nez…etc. Bien entendu chacun est libre de faire ce qu’il veut mais c’est une façon à mon sens, de se faire distinguer et dire au monde qu’il existe. Chez les Mayas et les Aztèques, les piercings de lèvres étaient portés par les hommes de la classe supérieure. Ces touristes accompagnés généralement de gros chiens profitent de leurs séjours au Maroc pour faire des entretiens à leurs camions en profitant de la main d’œuvre marocaine, bien qualifiée, moyennant un prix incomparable avec celui de l’Europe.

Ils sont surnommés « des   pauvres touristes » par les professionnels du secteur touristique et  les bazaristes du fait qu’ils ne leurs achètent rien du tout. Conscients de la paix, de la sécurité totale et de la stabilité politique du Royaume ces touristes s’installent dans la nature en adoptant la formule du « camping sauvage » pour réduire au maximum leurs dépenses. Selon Brahim, la crise économique que connait le monde a fait que les touristes même les plus nantis d’entre eux ne dépensent plus comme auparavant.

Fini le bon vieux temps des années Soixante-dix où la vente de fruits succulents des oasis (abricots, figues, raisins, pêches et dattes) aux touristes dans des petits paniers fabriqués en roseaux par nos soins  au bord de la route nous permettait d’acheter nos vêtements et toutes les fournitures nécessaires au bon déroulement de l’année scolaire. A cette époque là, le  touriste dépensait chaque fois qu’il s’arrêtait! Même pour prendre une photo en plein désert, il y’avait toujours un gamin qui sortait de quelque part et lui proposait  des fossiles ou des articles d’artisanat.

Il y’a lieu de préciser finalement que cette nouvelle catégorie de touristes, qui est la bienvenue dans notre pays, connu depuis belle lurette par son respect de l’autre, est très consciente de la problématique de préservation de  l’environnement. Selon Brahim, ces jeunes touristes ne laissent jamais des déchets dans les lieux de leurs campements.

Errachidia le 13Mars 2016.

Hrou ABOUCHRIF