Accueil / Non classé / Un traité sur les espèces sauvages atteint sa majorité : la CITES fête 30 ans de réussite

Un traité sur les espèces sauvages atteint sa majorité : la CITES fête 30 ans de réussite

 La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.

“Ces trois dernières décennies, la CITES s’est révélée très efficace pour veiller à ce que les besoins des hommes restent compatibles avec la conservation des espèces sauvages. Elle a permis aux communautés locales de tirer parti de l’utilisation durable de ces espèces et a protégé celles – animales et végétales – qui étaient menacées par le commerce international”, a déclaré le Secrétaire général de la CITES, Willem Wijnstekers.

“J’ai la conviction que la CITES s’appuiera sur ces réussites pour des années encore et qu’elle contribuera à réduire la pauvreté et à enrayer le déclin de la biodiversité mondiale – éléments essentiels des buts de développement fixés par les Nations Unies pour le prochain millénaire”, a-t-il également déclaré.

 

L’expansion des populations humaines, le développement économique, la pauvreté et la guerre testent la capacité de nombreux types d’animaux et de plantes de survivre au monde moderne. La mondialisation ajoute encore à la pression car l’expansion du commerce international et l’augmentation des revenus accroissent la demande d’espèces sauvages et de leurs produits. La CITES cherche à alléger cette pression en soutenant l’action de conservation menée au plan national et en garantissant la durabilité du commerce international des espèces sauvages.

Tout en empêchant que toujours plus d’espèces soient menacées par le commerce, la CITES a permis le rétablissement d’espèces déjà menacées. On peut citer l’exemple de la crise de la vigogne d’Amérique du sud (petit mammifère de la famille des camélidés) et du crocodile du Nil, devenue l’histoire d’une réussite. La survie de ces deux espèces a été assurée quand la CITES a fait de la laine de vigogne et des peaux de crocodiles du Nil des marchandises précieuses gérées d’une manière durable et profitable pour les communautés locales.

L’expérience de la CITES montre que les populations pauvres des zones rurales qui partagent leur environnement avec des animaux et des plantes sauvages doivent recevoir une part importante des bénéfices économiques tirés de l’utilisation de ceux-ci. Lorsque ce n’est pas le cas, la conservation des espèces sauvages est souvent compromise car alors, ces populations cherchent à obtenir des bénéfices économiques d’une manière non durable pour l’environnement – par exemple, en vouant à l’agriculture des terres non développées, en braconnant la faune et en passant en contrebande des produits d’espèces sauvages.

Grâce à l’application effective de la CITES par ceux-là mêmes qui prélèvent, produisent, commercialisent, transportent, achètent et réglementent les espèces couvertes par la Convention, l’inscription urgente d’espèces est devenue de plus en plus rare. De plus, aucune espèce couverte par la CITES ne s’est éteinte du fait du commerce.

Ces dernières années, la gestion efficace du commerce des espèces sauvages par la CITES a été appliquée à certains poissons et essences de grande valeur commerciale, autrefois considérés comme ne relevant pas de la Convention. Cette tendance montre la conviction grandissante des gouvernements que la CITES peut aider à rétablir la situation précaire d’espèces de grande valeur et garantir un approvisionnement durable.

Pour garder l’élan acquis, alors qu’elle entame sa quatrième décennie la CITES devra renforcer la capacité des pays de conserver les espèces sauvages et de gérer le commerce durable plus efficacement. L’on ne peut pas réglementer avec efficacité le commerce des espèces sauvages au niveau national sans une approche intégrée incluant des orientations saines, une base scientifique solide et des mesures adéquates de lutte contre la fraude. Pour cela, les autorités CITES nationales et les agences de lutte contre la fraude ont besoin d’un appui politique plus solide, de rémunérations appropriées, d’une formation focalisée et d’un équipement approprié.

“Alors que la pression humaine sur le milieu naturel ne peut qu’augmenter dans les années à venir, l’histoire de la CITES confirme qu’il est possible de concilier les besoins des êtres humains et ceux des espèces sauvages,” a déclaré M. Wijnstekers. “Je suis convaincu que la CITES s’appuiera sur ses réalisations passées pour apporter une contribution importante à l’environnement et au bien-être de l’homme au 21e siècle.”

Le Secrétariat de la CITES est administré par le Programme des Nations Unies pour l’environnement.

Source : www.cites.org