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Un projet sur le travail domestique au Maroc

 

Auteur : Bouriat

Le travail domestique est un secteur qui est facilement rendu invisible, car le travail est effectué dans les maisons des familles, bien souvent sans surveillance des autorités. Cela nécessite non seulement des actions visant à promouvoir le respect des droits des femmes dans le domaine du travail domestique, mais aussi à promouvoir des initiatives d’émancipation chez ces travailleurs. Malheureusement, il n’existe actuellement aucune organisation communautaire conçue pour répondre à ces questions. Des entretiens avec des travailleurs domestiques et une analyse informelle réalisée par DML et ses partenaires dans la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer (dans la préfecture de Rabat) ont montré qu’il y a une forte préférence pour les femmes jeunes et non qualifiées dans le secteur du travail domestique, car la main-d’œuvre jeune, non qualifiée féminine est considérée comme étant moins chère. En raison de la migration et des opportunités d’emplois présentées aux femmes jeunes et non qualifiées, les femmes continuent d’accepter des emplois domestiques. L’application de la législation du travail sensible au genre a également été faible et les spécialistes en la matière ont attribué un tel manquement à l’application au fait de la complexité du problème et à l’incapacité de l’Etat d’imposer une telle législation !

Malgré les réformes sensibles au genre sur le Droit du Travail au Maroc, comme la pénalisation du harcèlement sexuel au travail, la promotion de l’égalité entre hommes et femmes en matière de travail, le droit d’adhérer à un syndicat et autre réformes similaires , une étude réalisée par l’Organisation du Travail International sur la situation des femmes au Maroc a révélé que les femmes sont payées 25 % de moins que les hommes et que seulement 3 % des femmes travailleuses appartiennent à un syndicat. Le cas du travail domestique est pire, car il fait partie d’un secteur non réglementé (les modalités d’emploi sont habituellement informelles). Les travailleurs domestiques ont tendance à ne pas jouir des mêmes droits que ceux dans les secteurs formels. Les travailleurs domestiques ne reçoivent pas un salaire minimum pour leurs heures de travail et ne bénéficient pas d’avantages, tels que la rémunération des heures supplémentaires, les augmentations de salaire, les déductions fiscales, les droits aux congés annuels et aux congés maladie.

A la lumière de ce qui vient d’être mentionné, il est nécessaire de reconnaître les risques (en particulier l’abus et la négligence sociale des travailleurs domestiques féminins) auxquels les travailleurs domestiques sont confrontés dans le secteur du travail domestique en zone urbaine. La persistance de tels risques est due à l’absence de l’application de la législation du travail sensible au genre et au manque systématique d’aborder ces risques dans ce secteur.

La présente proposition de projet est une réponse à se joindre aux efforts du gouvernement actuel (surtout que le gouvernement marocain a déjà approuvé un projet de loi sur le travail domestique et sur la nouvelle convention internationale sur les travailleurs domestiques et est prêt à le ratifier l’année prochaine) pour contribuer à l’amélioration des dures conditions des travailleurs domestiques et pour lancer un débat sérieux et fructueux sur la question parmi tous les intervenants, afin d’une part de sensibiliser les groupes concernés de leurs droits en qualité de travailleurs domestiques, et d’autre part de lancer un programme efficace qui permettra de combler les lacunes que l’Etat n’a pas su aborder envers les travailleurs domestiques.

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