Accueil / Education / Un pas vers la réconciliation avec l’école, l’éducation précoce permet de lutter contre la déperdition scolaire

Un pas vers la réconciliation avec l’école, l’éducation précoce permet de lutter contre la déperdition scolaire

Les participants lors de l’atelier sur « la lutte contre la déperdition scolaire et l’encouragement du préscolaire », qui s’est tenu dans le cadre du colloque « Le partenariat institutionnel pour l’école marocaine », organisé les 21 et 22 octobre par le Conseil supérieur de l’enseignement, ont décortiqué le paysage du préscolaire dans notre pays.

Maria Benmokhtar, conseillère à « Hand in hand », une association qui vient en aide aux enfants nécessiteux issus du monde rural, a souligné lors de son intervention la multitude des avantages de l’enseignement précoce. Cependant, cette militante dénonce plus que tous les intervenants la situation de beaucoup de jeunes enfants ruraux qui n’ont pas droit à ce « luxe », faute de moyens financiers.

Benmokhtar développe : « Nous avons procédé à plusieurs campagnes de sensibilisation auprès des parents ruraux de la zone d’Ifrane pour leur expliquer, notamment, l’importance colossale de l’enseignement précoce mais nous n’étions pas toujours les bienvenus ». Et d’ajouter : « beaucoup de parents interrogés assimilent malheureusement le préscolaire à un luxe, mais nous continuerons tout de même de défendre cette cause parce que c’est le chemin le moins tortueux vers la lutte contre la déperdition scolaire ». En effet, un enfant de 4 ans, c’est avant tout une petite tête capable de lire et d’écrire. Il est au stade du déchiffrage, certes, mais la maternelle est sa place idéale puisqu’elle sert à enrichir prématurément son imagination ainsi que son vocabulaire.

Chose qui affermirait son niveau scolaire, une fois la phase primaire entamée.De même, l’intérêt accordé à l’étape de la première enfance avant le scolaire, ne provient pas du néant, puisque les études psychopédagogiques, basées sur la recherche scientifique académique, ont prouvé que tout se décide avant l’âge de six ans. Car cette période-là est très propice à la consécration des principes de base de l’éducation fondamentale.Ce secteur de l’enseignement préscolaire requiert tout de même un soutien financier pour assurer la continuité à ses établissements. Ainsi, la contribution de tout un chacun au financement d’une caisse destinée à l’éducation préscolaire serait une excellente initiative.

L’ENF ou l’enseignement non-formel

Parmi ces 40% d’enfants en âge du préscolaire qui ne sont pas à la maternelle, il y en probablement qui étudient tout de même ! Normal, ils fréquenteraient ce qu’on appelle l’enseignement non formel. Décidément, cette question a également été débattue lors de l’atelier car ils sont plusieurs petits mômes à vivre dans les quartiers populaires. Pour apprendre à lire et à écrire, ils s’inscrivent dans de petites maisons « déguisées » en écoles. Néanmoins, dès qu’ils quittent ces pseudo-jardins d’enfants, leur intégration dans l’école primaire n’est pas chose aisée, si toutefois ils ne poursuivent pas leur cycle primaire dans le non-formel…

Membre de l’association Al Ikram, Afaf Bennani œuvre dans la lutte contre la déperdition scolaire. Son association recueille, chaque année, des enfants ayant abandonné l’école primaire pour une raison ou pour une autre, afin de les réconcilier avec la sacro-sainte scolarité en les intégrant dans des classes publiques. « Nous luttons contre la déperdition scolaire. C’est pour cela que nous existons. Notre mission essentielle, c’est justement ces pauvres enfants qui ont été éloignés de l’école ou qui l’ont abandonné. Voici donc un exemple très parlant du cas d’enfants non préscolarisés », témoigne-t-elle.Finalement, l’obligation du préscolaire serait, elle aussi, une solution pour lutter contre la déperdition scolaire. Car cela serait une manière d’amener toute la jeune population à profiter de ses vertus.

 

Source : Le matin