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Un marocain sur deux en âge de lire et d’écrire est analphabète

 

Une situation qui appelle des mesures

 

Source : Cabinet du Premier Ministre 

Dossier thématique : Campagne nationale d’alphabétisation. 
Rabat, le 12/12/2003

Quelque 48 pc des Marocains de plus de 10 ans sont analphabètes. Sur ce total, ce sont 2 millions d’enfants âgés entre 9 et 15 ans qui se trouvent aujourd’hui hors du circuit scolaire et ne bénéficient d’aucune sorte d’instruction. Autant de manque à gagner pour le plein épanouissement du citoyen marocain et l’optimisation de l’économie nationale.Une situation qui ne sied ni à la civilisation millénaire du Royaume, ni à sa volonté clairement affichée de s’inscrire de plain-pied dans le développement à l’aube du troisième millénaire.

Un engagement au plus haut niveau

Le gouvernement, conscient de ce handicap, a inscrit la lutte contre l’analphabétisme et la promotion de l’éducation non formelle parmi ses principales priorités. En cela il s’inscrit en droite ligne des : Hautes orientations de Sa Majesté le Roi : Le souverain a souligné dans le message adressé aux participants au Congrès National de la Ligue marocaine de l’enseignement fondamental et de lutte contre l’analphabétisme ( 3 octobre 2000 ) :

« . .. Nous Entendons consacrer la dignité du citoyen marocain en lui permettant de jouir pleinement de ses droits légitimes, en premier lieu son droit à l’enseignement. …la Constitution de Notre Royaume … garantit le droit à l’égalité et à l’éducation et ce en conformité avec les exigences de notre époque où le développement des ressources humaines et le taux de scolarisation constituent des indices à l’aune desquels se mesure le progrès des Nations ».

Engagements pris dans le cadre de la déclaration gouvernementale :

A travers cette campagne nationale, le gouvernement traduit dans la pratique les engagements pris dans la déclaration de politique générale, qui prévoyaient :

–  L’accélération des rythmes des programmes d’alphabétisation afin de réduire progressivement et de façon très sensible le taux d’analphabétisme, en accordant la priorité à la tranche d’âge de 15 à 45 ans ; – L’amélioration des indicateurs de développement humain ; – La lutte contre l’analphabétisme comme moyen d’amélioration de la santé et de l’hygiène familiale ; 
–  La lutte contre l’analphabétisme comme mesure de lutte contre la pauvreté.

Dispositions de la réforme de l’éducation

Telles qu’elles sont conçues dans la charte nationale de l’éducation et de la formation

Un combat de longue haleine

Un effort non négligeable a été consenti en matière de lutte contre l’analphabétisme. Le taux d’analphabétisme est passé de 80 % à l’aube de l’indépendance, en 1960, à 55 % en 1994. Il est aujourd’hui de quelque 48 % de la population de plus de 10 ans. Ceci veut dire, qu’un marocain sur deux, en age de lire et d’écrire, est analphabète.

Certaines régions du Royaume sont particulièrement touchées. Les régions de Marrakech-Tensift-al Haouz et Souss-Massa-Daraa concentrent à elles seules un million d’analphabètes. La ville de Chichaoua culmine en tête des régions les plus touchées avec 83 % d’analphabètes, contre 26 % pour la capitale, qui reste la ville concentrant le moins d’analphabètes. Le dernier RGPH a même mis en évidence des régions où les ¾ de la population sont analphabètes.

L’analphabétisme pèse de tout son poids sur la tranche des 10-14 ans, dont 36 % n’ont toujours pas accès à l’instruction. Le phénomène gagne malheureusement du terrain à mesure que l’on avance en tranches d’age, passant de 42 pc chez les 15-24 ans à 54 pc chez les 25-34 ans pour culminer à 62 pc chez les 35-49 ans.

Les femmes et les ruraux au cœur de la tourmente

Les femmes restent plus touchées que les hommes et représentent 62 pc de la population analphabète du royaume. Le milieu rural, est pratiquement deux fois plus exposé que le milieu urbain, avec 67 % d’analphabètes chez les ruraux de plus de 10 ans, soit deux personnes sur trois, contre 34 % chez les citadins.

Les secteurs productifs, qui emploient 52% de la population active du pays, souffrent particulièrement de l’analphabétisme. Le taux d’analphabètes atteint 76 % chez la population active dans le secteur de l’agriculture, contre 45 % dans le secteur de l’industrie et 31 % dans le secteur des services.

Aux grands maux, les grands moyens

Le gouvernement, à travers le secrétariat d’Etat, est décidé à s’attaquer avec force à ce fléau qui handicape l’épanouissement du citoyen et le développement du pays. _ Les objectifs stratégiques sont ambitieux, à la mesure de la menace que fait peser l’analphabétisme sur l’avenir du pays. Il s’agit de réduire le taux général d’analphabétisme de 48% actuellement à 35 % à fin 2004, réduire ce taux à 20% et garantir l’éducation pour tous les enfants non scolarisés ou ayant quitté l’école à l’horizon 2010 et enfin éradiquer quasi-totalement l’analphabétisme dans le Royaume à l’horizon 2015.

Un processus participatif et mobilisateur

La campagne nationale d’alphabétisation 2003 est un processus participatif qui mobilisera l’ensemble des composantes de la société : Ministères, Etablissements publics, Administrations Centrales et Régionales, Collectivités Locales, Chambres et Associations Professionnelles, ONG, Entreprises et Coopératives, Syndicats …

Outre la campagne générale, devant bénéficier à quelque 570.000 personnes et la campagne menée par les départements gouvernementaux au profit de 146.000 personnes, des campagnes similaires seront organisées par les associations et les entreprises.

Quatre programmes, pour couvrir le royaume

La campagne nationale d’alphabétisation est déclinée en 4 principaux programmes :

–  La campagne générale d’alphabétisation qui sera réalisée à travers les structures et les ressources humaines du Ministère de l’Education Nationale et de la Jeunesse ; 
–  Le programme des opérateurs publics : conçu et réalisé en partenariat avec des départements ministériels, des offices et des établissements publics au profit de leur personnel ; 
–  Le programme des associations : réalisé en partenariat moyennant des conventions fixant les objectifs quantitatifs et qualitatifs à atteindre, la contribution des parties, les moyens de suivi et de contrôle, et les indicateurs de performance ; 
–  Le programme des entreprises : réalisé en partenariat avec les associations professionnelles dans le cadre de conventions, telles la Convention cadre avec la CGEM et la convention sectorielle avec l’Association Marocaine des Industries du textile et de l’Habillement (AMITH) déjà conclues, auxquelles s’ajouteront des conventions avec d’autres secteurs, actuellement en cours de finalisation. Le Financement assuré dans le cadre de contrats spéciaux de formation gérés par l’OFPPT avec une prise en charge par l’Etat de 80% du coût de formation.

Des mesures pratiques pour assurer les conditions de réussite

Le gouvernement a pris un ensemble de mesures pratiques visant à garantir les conditions de réussite de la campagne.

  • Le rôle des Académies et des délégations du MENJ sera renforcé dans le cadre des actions de promotion de la décentralisation et de la déconcentration.
  • Des cellules chargées de la lutte contre l’analphabétisme et de la promotion de l’éducation non formelle seront créées au niveau des académies.
  • Des commissions provinciales mixtes procéderont à la sélection des associations devant s’inscrire dans le processus de partenariat et participer au suivi de la campagne.
  • Un service chargé de la lutte contre l’analphabétisme et de l’éducation non formelle sera mis en place au niveau des académies régionales et des délégations du MENJ à partir de 2004.

Franchir le pas de l’alphabétisation

Franchir le pas, de l’obscurité à la lumière, est un acte courageux qui mérite un soutien de tous les instants. 
Conscients des multiples freins que peut rencontrer cet effort de mobilisation nationale contre l’analphabétisme, les organisateurs de la campagne ont prévu un minutieux travail de proximité. Une Journée nationale de promotion de la campagne, sera organisée et marquée par la signature de conventions entre les différents partenaires de cette opération. A l’échelon provincial et préfectoral, des réunions, meetings et tables rondes permettront de cerner au plus près les besoins et de mettre en place la logistique à même de leur apporter une réponse. Les partenaires du gouvernement dans le cadre de cette opération nationale, prendront le relais pour organiser eux-mêmes, des rencontres et des journées de sensibilisation et d’information.

Des structures d’accueil sur l’ensemble du territoire national

L’ensemble du territoire national sera couvert par la campagne d’alphabétisation. En collaboration avec les différents partenaires, les autorités locales et les services techniques provinciaux, les organisateurs ont mobilisé 6512 écoles primaires, 1131 collèges, ainsi que des centres sociaux relevant de l’Entraide nationale, des maisons de jeunes, des foyers féminins, des maisons communales, des coopératives, des sièges d’associations etc.

Plus de 33.300 alphabétiseurs assureront les cours, à raison d’un alphabétiseur pour chaque groupe de 30 bénéficiaires. Il s’agit d’instituteurs, d’enseignants du secondaire, de monitrices de l’Entraide nationale et des foyers féminins, d’animateurs des maisons de jeunes, d’animateurs des associations etc.

En contrepartie de leur contribution à la réalisation de cette cause nationale, ils percevront une rémunération forfaitaire de 20 dh par heure de cours. Les associations partenaires, percevront une indemnité de 190 DH par bénéficiaire.

Un encadrement professionnel

En raison de leur expérience du terrain et de leur compétence professionnelle, les délégués du MNEJ ont été chargés d’assurer, outre la planification, l’exécution, le suivi et l’évaluation de la campagne au niveau local. Ils coordonneront les efforts de tous les partenaires de l’opération, publics, privés et associatifs. En outre, plus de 1500 superviseurs seront mobilisés, à raison d’un superviseur pour chaque groupe de 15 alphabétiseurs.

Des outils didactiques pour tous

Le Secrétariat d’Etat chargé de l’alphabétisation et de l’Education non formelle a édité en nombre suffisant des guides de formation destinés aux alphabétiseurs et des manuels d’alphabétisation à l’usage des bénéficiaires de l’opération.

Le guide de formation, disponible en 30000 exemplaires, à raison d’un guide par formateur, servira de soutien aux alphabétiseurs à travers l’explication des méthodes d’enseignement et de gestion en classe, des aspects didactiques de la langue et du calcul, ainsi que des notions sur l’animation pédagogique. Au total, 250 sessions de formation seront organisées au profit de 5000 alphabétiseurs.

Les bénéficiaires auront à leur disposition des manuels d’alphabétisation classés en 3 niveaux.

–  1er niveau : Auquel correspond un seul module regroupant les compétences de base en matière de lecture, d’écriture, de calcul et de communication et qui couvrira 60 heures d’enseignement.

–  2eme niveau : Auquel correspondent quatre modules, reproduisant les thèmes de l’éducation civique, des services et droits, du développement du monde rural, de la population et de l’environnement. Ces modules couvriront 80 heures d’enseignement.

–  3eme niveau : Constitué des trois modules « citoyen et santé », « citoyen et société » et « perspectives d’avenir », qui couvriront 60 heures de cours.

Source : Cabinet du Premier Ministre – Dossier thématique : Campagne nationale d’alphabétisation. 
Rabat, Le12/12/2003

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