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Tentative de réflexion sur la qualité de l’éducation au maroc : entre le rôle des acteurs et la contribution associative.

Auteur : Abdelmajid BAROUDI

 

J’aimerai bien contribuer modestement à éclaircir le comment de l’implication du tissu associatif à promouvoir la qualité dans l’école publique. La réponse nous permet de visualiser là où l’apport de l’action associative est utile et peut fournir des réponses qualitatives à un système dont personne ne nie le dysfonctionnement.

Le fait de réfléchir profondément à cette implication dans un champ complexe qui n’est autre que le domaine de l’éducation est primordiale. Pourquoi ?

Il est difficile de mesurer l’impact de toute action dans un domaine dont la personne en fait l’objet. Autre ment dit, on n’agit pas sur des choses régies par la loi de la nature dont les résultats peuvent êtres quantifiés. Dans ce cas, la méthodologie scientifique impose une distanciation entre deux composantes ayant des caractères différents : sujet -objet. En revanche, on ne peut pas approcher l’humain en projettent la même méthodologie à laquelle les sciences dites exactes ont recours. Les positivistes ont beau essayer, ils n’ont pas abouti car l’objectivité est problématique dés qu’il il s’agit des sciences humaines. Si l’objet dans les sciences exactes est réglé selon le principe de causalité, il ne l’est pas dans les sciences humaines. D’autant plus que l’objet n’est pas perçu entant que tel. Il est donc sujet .On est alors face à la problématique de l’objectivité due au fait que le sujet n’est pas considéré comme objet, mais comme sujet dont les caractéristiques et les lois différent de l’objet. En d’autres termes, un sujet qui approche un autrui changeant dans le temps et l’espace. D’où la difficulté, voire l’impossibilité de vulgariser comme c’est le cas dans les sciences exactes puisque les registres varient pour ce qui concerne la condition humaine.

Toutefois, il est nécessaire de prendre en considération l’interférence des facteurs qui constituent la personne « objet » d’approche, en l’occurrence dans le monde de l’éducation. Aller enquête d’une vision globale du système éducatif, nous permet de discriminer l’apport de chaque acteur pour la promotion au développement de la personne objet /sujet de ce système et voir auquel on peut adhérer en vue de s’impliquer dans la vie scolaire. Apportent-ils des réponses qui nous permettent de nous y inclure ? Disposent-ils de projet de qualité ?

S’agissant de qualité, permettez moi de me distancier par rapport à ce concept. Il faut de prime abord souligner que la notion de qualité n’a surgi du lexique des décideurs politiques que ces dernières années, comme si le système éducatif marocain n’en produisait pas. Il s’est avéré que la qualité prônée par les responsables du système éducatif est de mauvaise qualité. Illustration :le Maroc occupe ,selon les organismes spécialistes en éducation, une place dés honorable. Il a fallut s’incliner devant cette vérité puisqu’elle émane des institutions qui bénéficient d’une certaine crédibilité et reconnaitre que ce système est, entre autres, défaillant. La réponse des décideurs est urgente comme son nom l’indique : plan d’urgence. Ce plan, traduit-il une volonté de remédier à la situation ? Ou alors une manière de calmer les esprits ?

De crainte d’avancer des propos non constructifs en réponse à ces deux questions, je préfère creuser davantage la question de la qualité et voir si c’est possible de la transposer en éducation afin d’ouvrir une brèche dans ce système, si complexe, qui pourrait permettre au tissu associatif de s’y impliquer.

La notion de qualité est tout simplement relative à l’économie. Elle est utilisée dans notre vie quotidienne pour désigner un produit ou un service dont la valeur est meilleure par rapport à ses semblables. La qualité est soumise aux normes du marché dans le but est d’attirer le client et séduire le consommateur. Et pour ce faire, la qualité doit être l’aboutissement de la compétitivité. Bien que la qualité telle qu’elle est conçue dans le domaine économique qui nécessite que celle-ci doit être soumise à des critères afin qu’elle soit valorisée matériellement et bien que l’enseignement est une prestation de service, il est difficile de calquer ses règles sur le système éducatif. Au marché, en assigne la qualité à un objet tandis qu’à l’école, le mot ne prend pas la même connotation matérielle. Le contexte dans lequel évolue la qualité au sens mercantile est différent de ce lui de l’éducation. La qualité à l’école ne doit pas être l’aboutissement de la compétitivité. Non seulement on n’a pas affaire à des objets mais aussi au développement inter humain. Il clair que la finalité de la qualité dans les deux contextes est divergente. On peut attribuer à l’école le rôle de développer la personne par le biais d’outils pédagogiques qui visent à aider un jeune de sortir de lui même. La différence s’aperçoit au niveau des valeurs. Si la qualité au niveau économique véhicule des valeurs du marché, l’école doit être le lieu où l’on prend conscience du besoin de l’autre pour devenir soi. Là où on apprend la citoyenneté, pour paraphraser Albert Jacquard. C’est dans cette nuance qu’il faut puiser pour dégager un apport du tissu associatif, œuvrant dans le domaine de développement démocratique, au développement de la personne dans une école publique, digne de ce nom.

 

Abdelmajid BAROUDI

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