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Système de formation professionnelle et d’enseignement technique au Maroc

 

Depuis l’indépendance, l’enseignement agricole au Maroc a été assuré par 11 établissements pour l’enseignement agricole moyen et deux écoles et instituts pour l’enseignement supérieur agronomique qui ont formé respectivement 13000 cadres dans diverses spécialités agricoles et 5000 ingénieurs dans 20 options agricoles et vétérinaires.

Actuellement, nous remarquons que le niveau de formation tend à se dégrader au fur et à mesure que l’on se rapproche des exploitations agricoles, ce qui contrarie les effets positifs de la formation sur la croissance de la productivité et de la production agricoles.

Au Maroc, le dispositif de formation professionnelle et de l’enseignement technique est constitué de 43 établissements qui couvrent l’ensemble du territoire national et dont la plupart en milieu rural.

–  3 instituts de techniciens spécialisés en agriculture formant des techniciens spécialisés (Bac + 2 ans de formation) ; 
–  12 instituts techniques agricoles formant des techniciens (niveau Bac + 2 ans de formation) ; 
–  20 centres de qualification agricole, formant des ouvriers qualifiés (niveau 9 ème année de l’enseignement fondamental + 2 ans de formation) ; 
–  8 lycées agricoles.

Concernant la filière de formation, le système actuel offre des formations professionnelles dans 24 filières et métiers agricoles selon le mode alternée, la formation sciences agronomiques dans les lycées agricoles et l’initiation à la technologie agricole dans les collèges ruraux. 
Ces structures de formation rencontrent beaucoup de difficultés qui entravent le déroulement de leurs activités : 
–  Les structures de formation disposent de faibles moyens financiers et de petits budgets ; 
–  Les stages de formation ne sont pas suffisamment préparés et ne prennent pas en compte les besoins des stagiaires ; 
–  Les programmes de formation accordent plus d’importance à la théorie qu’aux aspects pratiques et appliqués ; 
–  La formation n’a pas de conséquence sur la carrière des stagiaires et ne comporte donc aucune motivation pour ces derniers ; 
–  Les stagiaires ne sont pas suivis dans l’exercice de leur fonction et il n’y a donc pas d’évaluation des effets de la formation ; 
–  Les stages et les programmes de formation ne sont pas régulièrement évalués. Les programmes d’enseignement agricoles que ce soit dans les écoles d’adjoints techniques ou dans les instituts supérieurs agronomiques, se composaient à peu près de 20% en formation générale, 60% en formation scientifique et technique et 20% en formation pratique. Cette dernière étant plus importante au niveau des écoles de formation de cadres moyens (28% au niveau de l’école d’horticulture de Meknès). Concernant les perspectives du système de formation professionnelle et de l’enseignement technique agricole, elles sont liées à l’évolution que connaît le secteur économique en général, et le secteur agricole en particulier. Dans ce sens, le système est appelé d’une part à contribuer à la mise à niveau des entreprises agricoles en vue d’élever leur niveau de compétitivité. 
D’autre part, à concourir dans l’élévation du niveau de développement des ressources humaines dans le monde rural. 
A partir de là, les actions qui ont été prévues sont les suivantes

  • Développement qualitatif et quantitatif de la formation alternée par :
    • L’extension du réseau des entreprises et exploitations agricoles de formation de 1000 à 3000 en vue d’améliorer la professionnalisation de la formation agricole afin de faciliter l’insertion ;
    • La mise en place des structures régionales pour le management du réseau des entreprises et exploitations agricoles de formation ;
    • La création des centres inter-entreprises pour dispenser les compléments en formation initiale en vue d’assurer la mise à niveau de la formation des stagiaires ;
    • La restructuration des filières de formation existantes et la création de nouvelles filières ;
    • La création d’un institut technique agricole pour la formation des techniciens agricoles en vue de répondre aux besoins des régions du sud.
  • Renforcement de l’enseignement technique agricole par :
    • l’amélioration de la qualité de l’enseignement des sciences agronomiques à travers la révision des programmes d’enseignement général, scientifique et technique et l’adaptation des moyens et méthodes pédagogiques employés par les enseignants ;
    • le développement de la technologie agricole dans les collèges ruraux à travers l’élargissement de l’enseignement de la technologie agricole dans les collèges d’autre régions du royaume en vue d’en faire bénéficier un grand nombre de jeunes ruraux ;
    • Préparation à la succession des exploitations âgés par la formation des jeunes ruraux (fils et filles d’agriculteurs et éleveurs) à travers : la mise en place d’un mode de formation par apprentissage dans le secteur agricole au profit des jeunes en ruptures de scolarité. Ce programme sera conçu en terme de compétences professionnelles et défini par modules capitalisables adaptés aux spécificités locales. 
      –  Mise en place de la formation en cours de l’emploi et appui aux projets et programmes de développement initiés par le ministère par :
  • Le développement des activités de formation et de conseil au profit des maîtres agriculteurs ;
  • Le développement de la formation des formateurs sur les plans techniques, pédagogie professionnelle et ingénierie pédagogique ;
  • La mise en œuvre des programmes de formation continue (stages de recyclages et de perfectionnement) au profit des agents de développement et des bénéficiaires de projets et programmes de développement agricole et rural (PMVB, MEDA, aménagement Bassin versants, amélioration des parcours, projets forestiers,…)

–  Etude du marché d’emploi, définition des profits à former, modulation des effectifs à travers :

  • Le renforcement du dispositif de l’adéquation-emploi en institutionnalisant les cellules avec la profession ;
  • L’opérationnalisation de l’observatoire de l’emploi par des enquêtes élargies pour cerner tous les métiers en amont et en aval de la production ;
  • L’élaboration d’un répertoire des métiers agricoles en vue de définir les profils à former pour fournir au secteur agricole les compétences nécessaire à sa compétitivité dans le cadre de la mondialisation.

–  Adaptation des programmes de formation par :

  • Le développement de l’ingénierie pédagogique pour traduire les besoins décelés par l’observatoire de l’emploi en programmes de formation ;
  • La conception des programmes de formation continue pour l’accompagnement des programmes du développement du Ministère.

–  Promotion de l’insertion des lauréats à travers :

  • La mise en place d’un dispositif permettant de mettre en relation les offres et les demandes d’emploi pour les diplômés de l’enseignement agricole ;
  • L’appui à l’auto-insertion des lauréats en les faisant bénéficier des opportunités qui peuvent être offertes (location des propriétés du domaine privé de l’état, fond pour la promotion de l’emploi des jeunes octroi des crédits, aide à la création d’entreprise)

–  Mise en place d’un système de suivi-évaluation de l’impact de la formation par :

  • Le suivi, à travers des enquêtes périodiques, le taux d’insertion des lauréats et leurs apports aux exploitations et entreprises où ils se sont insérés ;
  • L’évaluation de la rentabilité de la formation à travers des critères d’efficience, du coût de la formation et d’intégration des établissements dans leurs environnement.

Par : CHAMICH Mohamed