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Stratégies internationales en matière de gestion de l’environnement et des risques naturels « Penser globalement, Agir localement »

 

CONFERENCES INERNATIONALES SUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

L’environnement naturel est composé d’éléments biotiques (faune et flore) et des éléments abiotiques (eau, air et sol). Ces composantes essentielles de l’environnement sont étroitement liées dans l’écosystème où nous vivons. Elles constituent des ressources qui, avec l’énergie, permettent aux être vivants de répondre à leurs besoins.

Mais les pollutions diverses et variées accélèrent la dégradation du sol, de l’eau et de l’air et finissent par porter atteinte aux écosystèmes et au cadre de vie d’un grand nombre d’espèces vivantes.

Pour pallier à ces menaces, les états et les organisations internationales ont organisé de nombreux sommets aboutissant à des déclarations comportant des recommandations, des principes et des plans d’action en matière de protection et de gestion de l’environnement pour un meilleur développement durable. Nous rappelons dans ce qui suit les principaux sommets internationaux ayant pour objectif la protection de l’environnement :

  •   Création de l’union internationale de protection de la nature en 1948 
  •   Sommet de Stockholm en 1972, première conférence internationale sur l’environnement

La Conférence des Nations Unies sur l’environnement humain, qui s’est tenue en 1972 à Stockholm (Suède), a placé pour la première fois les questions écologiques au rang de préoccupations internationales. Elle a adopté une déclaration de 26 principes et un plan d’action de 10 recommandations pour lutter contre la pollution.

Sans être exhaustif, la déclaration de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement de Stockholm indique par exemple, dans le Principe 2, que les ressources naturelles de la terre, y compris l’air, l’eau, la terre, la flore et la faune, doivent être préservées pour le bénéfice des générations présentes et futures grâce à une planification ou de gestion, le cas échéant.

Afin de parvenir à une gestion plus rationnelle des ressources et donc à améliorer l’environnement, la déclaration invite les États, dans le principe 13, à adopter une approche intégrée et coordonnée de leur planification du développement, afin d’assurer que le développement est compatible avec la nécessité de protéger et d’améliorer l’environnement pour le bénéfice de leur population.

Le principe 14 indique que la planification rationnelle constitue un outil essentiel pour concilier les conflits entre les besoins de développement et la nécessité de protéger et d’améliorer l’environnement.

Le principe 18 considère que la Science et la technologie, dans le cadre de leurs contributions au développement économique et social, doivent être appliquées à l’identification, la prévention et la maîtrise des risques environnementaux et la solution des problèmes de l’environnement pour le bien commun de l’humanité. Le principe 19 montre que l’éducation en matière d’environnement, pour la jeune génération ainsi que les adultes, en tenant dûment compte des défavorisés, est essentiel afin d’élargir la base d’une opinion éclairée et responsable par des particuliers, des entreprises et des communautés dans la protection et l’amélioration de l’environnement dans son pleine dimension humaine. Il est également essentiel que les médias de la communication contribuent à éviter la détérioration de l’environnement, mais, au contraire, diffuse des informations de caractère éducatif sur la nécessité de protéger et d’améliorer l’environnement.

Le principe 20 encourage la recherche scientifique et le développement dans le contexte des problèmes environnementaux, à la fois nationales et multinationales. À cet égard, la libre circulation de mise à jour des informations scientifiques et de transfert d’expérience doit être soutenue et aidée, afin de faciliter la solution des problèmes environnementaux ; les technologies de l’environnement devraient être mises à la disposition des pays en développement à des conditions qui encouragent une large diffusion sans constituer un fardeau économique sur les pays en développement.

Le principe 26 considère que l’homme et son environnement doit être épargné par les effets des armes nucléaires et tous les autres moyens de destruction massive. Les États doivent s’efforcer de parvenir à un accord rapide, dans les organes internationaux compétents, sur l’élimination et la destruction complète de telles armes.

Signalons enfin que ce sommet a donné naissance au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). 

  •   Sommet « planète Terre » de Rio de Janeiro en 1992 La Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (connue sous le nom de Sommet « planète Terre » de Rio de Janeiro, 1992) a adopté la « Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement » comportant un texte de 27 principes. Cette déclaration a fait progresser les droits et les responsabilités des pays dans le domaine de l’environnement.

La Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement témoigne de deux grandes préoccupations marquant l’intervalle de 20 années séparant le sommet de Rio en 1992 du sommet de Stockholm en 1972 ; il s’agit de la dégradation de l’environnement et l’interdépendance entre le progrès économique et la nécessité de la protection de l’environnement.

Dans son principe 4, la déclaration de Rio précise que pour parvenir à un développement durable, la protection de l’environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être considérée isolément. En matière de réglementation, le principe 11 de la déclaration, considère que les Etats doivent promulguer des mesures législatives efficaces en matière d’environnement. Les normes écologiques et les objectifs et priorités pour la gestion de l’environnement devraient être adaptés à la situation en matière d’environnement et de développement à laquelle ils s’appliquent. Les normes appliquées par certains pays peuvent ne pas convenir à d’autres pays, en particulier à des pays en développement, et leur imposer un coût économique et social injustifié.

A propos de la participation de la population, la déclaration de Rio sur l’environnement et le développement estime, dans le principe 10, que la meilleure façon de traiter les questions d’environnement est d’assurer la participation de tous les citoyens concernés. Au niveau national, chaque individu doit avoir dûment accès aux informations relatives à l’environnement que détiennent les autorités publiques, y compris aux informations relatives aux substances et activités dangereuses dans leurs collectivités, et avoir la possibilité de participer aux processus de prise de décision. Les Etats doivent faciliter et encourager la sensibilisation et la participation du public en mettant les informations à la disposition de celui-ci.

Dans le principe 16, la déclaration recommande les autorités nationales de s’efforcer de promouvoir l’internalisation des coûts de protection de l’environnement et l’utilisation d’instruments économiques, en vertu du principe selon lequel c’est le pollueur qui doit, en principe, assumer le coût de la pollution, dans le souci de l’intérêt public et sans fausser le jeu du commerce international et de l’investissement. Le principe 17 de la déclaration exige une étude d’impact sur l’environnement, en tant qu’instrument national, et qui doit être entreprise dans le cas des activités envisagées qui risquent d’avoir des effets nocifs importants sur l’environnement et dépendent de la décision d’une autorité nationale compétente.

La Conférence a adopté également un programme d’action pour le 21 EME Siècle, appelé Agenda 21, dont les 2500 recommandations portent sur la mise en œuvre concrète des principes de la déclaration. Il prend en compte les problématiques liées à la santé, au logement, à la pollution de l’air, à la gestion des mers, des forêts et des montagnes, à la désertification, à la gestion des ressources en eau et de l’assainissement, à la gestion des déchets et de l’agriculture. Aujourd’hui encore, le programme de l’Agenda 21 reste une référence pour la mise en œuvre du développement durable au niveau des territoires.

– Sommet mondial pour le développement durable, Johannesburg (Afrique du Sud), 2002 Le sommet adopte une déclaration politique et un plan de mise en œuvre de dispositions qui portent, entre autres, sur l’eau, l’énergie, la santé, l’agriculture et la diversité biologique afin d’aboutir à un développement qui tient compte du respect de l’environnement.

« …les progrès ont été plus lents que prévu. L’équilibre de l’environnement mondial demeure fragile. Les mesures de conservation sont loin d’être satisfaisantes. Lors des débats sur les finances et l’économie mondiales, l’environnement est toujours le parent pauvre…… Les pays développés, qui s’étaient modernisés par le gaspillage et des pratiques dangereuses, aideraient les pays en développement à lutter contre la pauvreté et à éviter de s’engager sur la même voie polluante…. ».

C’est là un extrait de la première grande déclaration politique, du Secrétaire général des Nations Unies Monsieur Kofi Annan, intitulée « Pour un avenir viable » sur les attentes du Sommet sur le développement durable. Le Secrétaire général a identifié l’eau et l’assainissement, l’énergie, la productivité agricole, la biodiversité et la gestion des écosystèmes et la santé comme les cinq domaines particuliers où des résultats concrets sont aussi essentiels que réalisables.

CONVENTIONS INTERNATIONALES POUR LA PRÉVENTION DES RISQUES

Les catastrophes naturelles comme par exemple les séismes, les volcans et les inondations provoquent des pertes de vies humaines, des biens matériels ainsi que de graves dommages. Consciente de l’importance de la coopération, de la solidarité et des partenariats internationaux, ainsi que de la bonne gouvernance, la communauté internationale a été déterminée à réduire, partout dans le monde, les pertes en vies humaines, les pertes socioéconomiques et les atteintes à l’environnement causées par les catastrophes. Dans ce sens, la communauté internationale a organisé un certain nombre de rencontres dont l’objectif est de réduire de manière substantielle les pertes en vies humaines et les dommages subis par les pays sur les plans social, économique et environnemental à cause des catastrophes. Dans ce qui suit, nous rappelons les principaux sommets internationaux en matière de prévention des risques : 

  •   Déclaration de Rio de 1992 sur l’environnement et le développement

Le principe 18 de la conférence des nations unies sur l’environnement et le développement organisée à Rio en 1992 précise que les Etats doivent notifier immédiatement aux autres Etats toute catastrophe naturelle ou toute autre situation d’urgence qui risque d’avoir des effets néfastes soudains sur l’environnement de ces derniers. La communauté internationale doit faire tout son possible pour aider les Etats sinistrés.

  •   Stratégie mondiale de Yokohama pour un monde plus sûr. La Stratégie de Yokohama, adoptée en 1994, donne des orientations fondamentales pour réduire les risques de catastrophes et atténuer leurs conséquences ;
  •   Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes de Kobe (Hyogo, Japon), 18-22 janvier 2005, qui a adopté le Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015 : Pour des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes.

« …devant le risque, nous sommes loin d’être impuissants et nous pouvons nous préparer à faire face aux catastrophes et à en atténuer l’impact. Nous pouvons et nous devons atténuer les préjudices causés par les divers aléas en faisant en sorte que nos sociétés soient moins vulnérables. Nous pouvons et nous devons renforcer la résilience des nations et des collectivités face aux catastrophes grâce à des systèmes d’alerte rapide centrés sur les populations, à l’évaluation des risques, à l’éducation et à d’autres démarches et activités multisectorielles intégrées visant à anticiper tous les aléas possibles au cours du cycle de prévention des catastrophes, qui comprend la prévention proprement dite, la préparation et l’intervention en cas d’urgence, ainsi que le relèvement et la remise en état. Les risques de catastrophe, les aléas et leur impact représentent une menace, mais la stratégie appropriée pour y faire face peut et devrait conduire à l’adoption de mesures visant à réduire les risques et les facteurs de vulnérabilité dans l’avenir ». Extrait du Rapport de la Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes de Kobe (2005).

Le cadre d’action de Hyogo s’articule autour des grands axes prioritaires suivants : 

  •   Gouvernance : cadre institutionnel, cadre législatif et cadre de politique générale ; 
  •   Mise en évidence, évaluation et surveillance des risques et alerte rapide ; 
  •   Gestion des connaissances et éducation ; 
  •   Réduction des facteurs de risques ; 
  •   Préparation de plans d’intervention efficaces.

CONCLUSION

Les plus grands sommets des états et des organisations internationales en matière de gestion de l’environnement et des risques naturels n’aboutissaient jusqu’à présent qu’à des déclarations et des chartes incluant des recommandations, des principes et des plans d’action, sans pour autant mettre en œuvre le droit international. L’idée c’était toujours de fixer des objectifs au niveau international et ce sont les états qui choisissent les moyens pour les atteindre. De là nait le fameux dicton « Penser globalement, agir localement ».

Les politiques de gestion de l’environnement et des risques naturels doivent être prises en compte dans les plans d’aménagement et dans les planifications à l’échelon national, régional et local. La planification rationnelle est celle qui permet de concilier les besoins de développement et la nécessité de protéger et d’améliorer l’environnement et de prévenir contre les risques naturels.

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Zahour Ghalem* & Ghalloudi jalila** *Laboratoire de Géochimie, Géologie Appliquée et Environnement, Fac. Sciences Ben M’Sik, Casablanca ** Laboratoire Interdisciplinaire de Recherches : Apprentissage, Didactique, Évaluation & Technologies de l’Information pour l’Education (LIRADE-TIE), Fac. Sciences Ben M’Sik, Casablanca

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