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Région Gharb Chrarda Beni Hsen : Le tournesol se trouve menacer par le mildiou

 Introduction 

 II- Contraintes liées à la filière tournesol 

III- Les ennemis de tournesol

IV- Mildiou de tournesol

V- Diagnostic du mildiou dans la région du Gharb

Conclusions et recommandations

Auteur : BOURHIM EL MOSTAFA

Introduction

Le tournesol, ou grand soleil, mot emprunté à l’italien tornasole, qui tourne avec le soleil, est une grande plante annuelle, appartenant à la famille des Astéracées (Composées), dont les fleurs sont groupées en capitules de grandes dimensions. Cette plante est très cultivée pour ses graines riches en huile (environ 40 % de leur composition) alimentaire de bonne qualité. Le tournesol est, avec le colza et l’olivier, l’une des trois sources principales d’huile alimentaire. la culture de tournesol couvre une superficie moyenne de 48000 Ha (moyenne sur 10 ans), soit 12% de la SAu totale du Gharb et 50% environ du total national.

I- Intérêt et utilisation

1- Utilisation humaine

L’huile est extraite des graines, dont la teneur dans les variétés améliorées varie de 45 à 50 %. L’huile de tournesol est appréciée pour son équilibre en acides gras : elle contient 12 % seulement d’acides gras saturés et beaucoup d’acides gras mono ou poly-insaturés, acide oléique, acide palmitique et surtout acide linoléique, qui est un acide gras essentiel. D’après les nutritionnistes, cette huile a d’excellentes qualités diététiques, par exemple pour combattre le diabète. C’est également une bonne source de vitamine E. L’huile de tournesol entre dans la composition des margarines. Elle sert aussi à la fabrication de savon et de cierges.

2- Utilisation animale

La plante entière récoltée avant maturité est utilisée comme fourrage. De plus, les résidus de trituration, appelés tourteaux, sont riches en protéines, dont un acide aminé très recherché dans l’alimentation du bétail, la méthionine. Les graines entières sont appréciées pour nourrir les perroquets et autres oiseaux de volière. C’est aussi une plante mellifère, mais elle a l’inconvénient de fleurir tard en saison. Elle est également cultivée comme plante ornementale pour ses capitules spectaculaires. Il en existe plusieurs cultivars, notamment ’Nanus flore pleno’ de 60 à 80 cm de haut seulement à fleurs doubles jaune orangé.

3- Intérêts agronomiques

le tournesol permet la mise en valeur des terres hydromorphes (sols de merja), généralement inadaptées à d’autres spéculations plus sensibles à l’excés d’eau. Il est d’ailleurs, recommandé comme culture asséchante dans les zones menacées d’hydromorphie. Le tournesol permet en outre : une diversification des cultures ; une amélioration des sols (culture sarclée, système racinaire pivotant) ; une meilleure exploitation des ressources en eau et des éléments fertilisants disponibles dans les couches profondes.

4- Intérêts économiques

La pratique de tournesol permet aux agriculteurs : amélioration des revenus des agriculteurs, contributions à l’incitation économique d’autres secteurs en amont (intrants, matériel agricole,…) et en aval (huileries, COMAPRA).

5- Intérêts social

le tournesol contribue à la création d’un nombre d’emplois important touchant plusieurs branches d’activités : au niveau des exploitations agricoles, création d’nviron 1.600.000 journées de travail par an. Le secteur industriel génére également des emplois à travers les diverses unités de transformation.

II- Contraintes liées à la filière tournesol

1- Contraintes agronomiques et techniques

La pratique de tournesol comme culture de substitution en cas de sécheresse ou d’inondations. La décision de reconvertir les cultures d’automne en tournesol est prise en général en retard. Semis à la volée : cette pratique est à l’origine d’un peuplement part hectare très élevé ; il est de 80.000 à 100.000 pieds/ha. Cette technique est dictée par le fait que les agriculteurs utilisent la semence locale et se trouvent dans l’obligation de renforcer la dose de semis à l’hectare en vue de palier les risques de non levée. Utilisation des semences non sélectionnées : les semences sélectionnées notamment les hybrides ne sont utilisées que sur environ 20% de la superficie emblavée. En effet les agriculteurs réclament les prix élevés de ces hybrides (50 DH à 60 Dh/Kg). Fertilisation : malgré une tendance croissante de l’utilisation des engrais, les superficies fertilisées restent faibles. Maladie : le mildiou reste la principale maladie redoutable par les agriculteurs.

2- Contraintes liées à la commercialisation

le prix d’achat de la production d’un quintal de tournesol reste constant malgré l’augmentation disproportionnelle des facteurs de production ; fertilisants, hybrides, gasoil, eau d’irrigation,… le devenir de la culture de tournesol pourrait être compromis par la libéralisation des prix et la non garantie de la commercialisation. 3- contraintes liées aux aspects organisationnels En parallèle, du circuit officiel de commercialisation qui est la COMAPRA, il y avait développement des circuits de commercialisation non organisationnels ; il s’agit des intermédiaires ou particuliers. Cette situation s’est traduite par une dégradation des prix offerts aux agriculteurs.

OPA : représentée au niveau de la région du Gharb, Chrarda Beni Hsen par l’ARPOT dont les actions restent très timides et limitées en raison du manque de moyens humains et financiers lui permettant de participer efficacement au développement de la filière tournesol dans la région.

III- Les ennemis de tournesol

Outre les oiseaux très friands de ses graines, notamment le moineau domestique, le verdier et la linotte, les autres ravageurs notables de tournesol sont la limace grise, la tipule des prairies (Tipula paludosa) et le thrips du tabac (Thrips tabaci) qui attaquent les jeunes plants, et le puceron vert du prunier (Brachycaudus helichrysi) qui attaque les feuilles.

Les principales maladies rencontrées sont la pourriture blanche (Sclerotinia sclerotiorum), le mildiou du tournesol (Plasmopara helianthi), l’alternariose (Alternaria helianthi), la verticilliose (Verticillium dahliae), ainsi que le phomopsis, (Phomopsis helianthi). Il est également très attaqué par une plante parasite, l’orobanche, dans certains pays européens notamment l’Espagne et la Turquie.

IV- Mildiou de tournesol

Le mildiou est une maladie importante dans les principaux pays qui cultivent le Tournesol dans le monde. Le champignon responsable du mildiou du tournesol, Plasmopara helianthi, est observé en France depuis très longtemps. Il a été contrôlé par la sélection génétique au début des années soixante-dix.

1- Description des symptômes

Nanisme persistant chez les jeunes plantes les plus atteintes ; taches foliaires, chlorotiques en « point de tapisserie » à la face supérieure ; feutrage blanc à la face inférieure des feuilles. A maturité, pour les plantes atteintes plus faiblement, le capitule est dressé vers le ciel (port horizontal) présentant des îlots de stérilité : hétérogénéité morphologique des pièces florales (jusqu’à stérilité) étendue à un certain nombre de fleurons qui ne donneront pas d’akène.

2- Biologie

Les oospores, forme de résistance du champignon sont conservées dans le sol dans les débris de culture ; plus rarement le mycélium se conserve dans les semences ; Les oospores sont disséminées dans le sol par les eaux de ruissellement et germent pour donner des zoosporanges. Les zoospores mobiles issues des zoosporanges vont constituer l’inoculum primaire capable d’infecter les jeunes plantules ; elles germent à proximité des racines, au niveau de la zone pilifère. La colonisation de l’axe hypocotylé puis de la tige se réalise par l’intermédiaire d’un mycélium systémique et intercellulaire. Une fructification (formation de zoosporanges) se produit au niveau des racines et des épidermes inférieurs des cotylédons et des feuilles.

Au niveau des racines, ces zoosporanges libèrent à nouveau des zoospores qui attaquent les plantes proches du foyer primaire tandis que les zoosporanges aériens sont disséminés par le vent sur les bourgeons apicaux de nouvelles plantes donnant à la maladie un aspect épidémique. En fin de maturité des plantes, des oospores se forment dans les feuilles infectées.

3- Epidémiologie

Le temps humide (eau libre dans le sol ou sur les plantes) et une température optimale de 15°C environ favorisent la germination des zoosporanges. Le vent permet la dissémination des zoosporanges.

4- Traitement

Utilisation de variétés résistantes ; l’inscription au catalogue français de nouvelles variétés de Tournesol est conditionnée par une résistance obligatoire au Mildiou aérien. Traitement obligatoire des semences importées et des semences des lignées femelles encore sensibles, utilisées en sélection.

V- Diagnostic du mildiou dans la région du Gharb

L’objectif de cette partie est de savoir le degré d’importance de cette maladie qui attaque le tournesol au niveau de la région de Souk El Arbâa, Souk Tleta et Sidi Med Lahmer, qui restent à coté de la zone de Sidi Allal Tazi, principaux zones de production de tournesol dans le Gharb. La méthodologie adoptée consiste à la réalisation des prospection aux niveau des parcelles semis en tournesol et d’évaluer le nombre de parcelles touchées par la maladie ainsi que son degré d’attaque. Les prospections ont concerné 33 exploitations agricoles, ayant une SAU totale de 1414 Ha. La superficie de tournesol semée au niveau de ces parcelles représente 41% de la SAU totale.

Les premiers résultats dégagés sont les suivants : 67% des parcelles visitées sont touchées par le mildiou ; le mildiou a atteint entre 4 et 97% de pieds dans un nombre très important de parcelles avec une moyenne située aux alentours de 39%.

Au cours de ces prospections, on a jusqu’à 40 ou même 90 % de pieds nanifiés ou fortement touchés, dans une même parcelle.

Aussi il y a lieu de signaler que les symptômes ont été facilement repérés aux niveaux de toutes les parcelles prospectées. Ils sont caractérisées par : les feuilles commencent à pâlir, avec l’apparition de décolorations blanches sur leur face inférieure.

Plusieurs phénomènes seraient responsables de l’apparition du mildiou dans la région explique un agriculteur ayant semis très tardivement et ayant utilisé des hybrides sur environ 130 ha : lessivage du traitement des semences, soit par la présence de souches de mildiou résistantes aux fongicides, soit par les conditions climatiques qui étaient favorables au développement du champignon. Il a même ajouté que le mildiou est avant tout sa dépendance vis-à-vis de la pluviométrie : « les conditions climatiques ont été extrêmement favorables au mildiou ».

Conclusions et recommandations

Les huiles alimentaires constituent un produit de première nécessité au Maroc. Le secteur des oléagineux est considéré parmi les secteurs prioritaires de l’agriculture marocaine. Depuis les années 80, le tournesol a connu un développement important graçe aux actions de vulgarisation et de soutien de cette culture au niveau des zones productrices. Les oléagineux occupent au niveau du Gharb une superficie moyenne de l’ordre de 70.000 Ha soit 18% de la SAU dont 3500 Ha pour l’olivier assurent une production annuelle brute d’environ 47.000 Tonnes. Le tournesol présente plusieurs atouts et intérêts économiques et sociaux mais il reste exposer à divers ennemis dont on cite principalement le mildiou. Le mildiou a été diagnostiqué dans la région vers le 21 avril 2006 et a attaqué en moyenne 40% des pieds de tournesol (4% à 97%). Il a aussi touché environ 67% des parcelles emblavée par le tournesol.

A la lumière de ces résultas, on recommande ce qui suit : Les services compétents responsables du contrôle des semences doivent exiger aux sociétés semencières d’importer des hybrides résistantes génétiquement au mildiou et traité au fongicide. Ce phénomène de résistance doit être mentionné au niveau de l’étiquetage collé au sac de la semence. Organiser un séminaire ou journée d’étude sur la maladie du mildiou au Maroc. Sensibilisation des agriculteurs à utiliser des techniques culturales appropriées. Dynamisation de l’Association régionale des producteurs de tournesol. Poursuite de la réalisation des études et recherches scientifiques sur le mildiou.

Par Mr BOURHIM El Mostafa, Ingénieur Agronome Chef du bureau d’appui technique et de l’Information agricole ORMVAG, ADA SOUK EL ARBAA

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