Accueil / Education / Reforme de l’éducation et lutte contre la pauvreté

Reforme de l’éducation et lutte contre la pauvreté

Auteur : khattabi abdellatif

•Pour une mobilisation totale autour de l’école, •Reformer la caisse de compensation en faveur des élèves les plus démunis, •Fonder une fondation spéciale pour soutenir les zones d’éducation prioritaires.

« Reforme de l’éducation et lutte contre la pauvreté »

Le rapport du conseil supérieur de l’enseignement a défini trois espaces prioritaires d’action parmi lesquels figure le front de l’égalité des chances .ce premier point mérite une réflexion plus poussée pour une raison simple : le nombre des exclus chaque année est de 400.000 élèves comme il est rappelé dans le dit rapport.

Si nous voulons chercher des explications, trois sont déterminantes :

 1.la géographie : il est claire que les enfants des zones isolées, enclavées sont les premiers victimes du système.

2.la pauvreté : les enfants des familles pauvres ont peu de chance d’aller à l’école ou d’y rester plus longtemps. avec mes propres yeux j’ai vu des enfants à 5km d’Al-Hoceima aller chercher de l’eau dans la source de tagharbount au lieu d’aller à l’école, une classe à côté possède peu de clients, la priorité est donnée à la vie semble t-il dans ce coin isolé de la commune de ait youssouf ou ali.

3.le modèle pédagogique que le rapport a mis en accusation reste vrai.

4.je n’ajouterai pas le niveau des enseignants, leurs compétences professionnelles .il semble que plus le niveau professionnel est élevé plus les résultats sont acceptables et les apprentissages réussies la réussite de tous les élèves devient un objectif accessible.

5.enfin l’autonomie de l’école qui ne possède aucune marge de manœuvre pour adapter les programmes au niveau réel des élèves.

 

Face à une telle situation, et le constat est valable pour plusieurs localités, dans l’atlas, dans le sud, dans l’oriental, et dans les zones périurbaines … une question fondamentale s’impose : quelles actions compensatrices pour ces zones qu’on doit qualifier de zones d’éducation prioritaires ?

Je crois qu’une mobilisation totale de tous est nécessaire.

1.au niveau gouvernemental : une stratégie concertée est indispensable entre les ministères de l’éducation nationale, intérieur, culture, jeunesse, affaires islamiques pour élaborer un plan d’action global pour faire de l’éducation et de la culture une affaire de tous, chaque village a droit à une bibliothèque une salle multimédia, l’école ne doit plus rester le seul lieu de formation

2.au niveau budget, il est temps que la caisse de compensation vient en aide aux enfants de l’école pour les attirer durant la scolarité obligatoire : des repas doivent être fournis aux plus démunis gratuitement .les fournitures scolaires aussi .la reforme de la caisse de compensation doit être orientée pour faire de l’éducation notre meilleur investissement pour réussir les défis du 21 siècle.

En second lieu la question de gouvernance est vitale, le rapport signale que : Un système sans l’obligation de reddition des comptes (accountability) ne saurait, en effet, être un système efficace. Mais rendre des comptes suppose avant tout de définir les responsabilités et cette question exige comme l’a démontré plusieurs expériences une gestion autonome des écoles.

 

La communauté locale, les enseignants et les chefs d’établissements sont ceux qui connaissent le mieux leurs élèves et sont le plus à même de planifier les programmes spécifiques dont ils ont besoin (candoli,1995). Responsabiliser implique donner de nouveaux rôles et de nouvelles responsabilités à l’ensemble des acteurs de l’école. Le rapport indique qu’il faut : Inverser la pyramide de la planification. Les objectifs devraient désormais être fixés au niveau des territoires appropriés, C’est un autre modèle de gouvernance que nous devons construire en concertation avec les premiers concernés à savoir les parents et les enseignants et les directeurs des écoles.

 

Nous avons besoin que chaque école prépare son plan de développement dans lequel les responsabilités sont réparties entre tous les intervenants. Quand donc va-t-on donner ces ressources à nos écoles pour commencer leur travail.

 

On entend par ressources :

 

Le savoir : programmes scolaire y compris objectifs et buts

La technologie : décentralisation des décisions relatives aux moyens d’apprentissages et d’enseignement

Le pouvoir : pouvoir de décision admission des élèves, passage au niveau supérieur

Le matériel : utilisation des locaux, fournitures

Le personnel :gestion des ressources humaines .

Le temps, emploi du temps

Les finances :le budget

L’information : données à publier sur le rendement scolaire

il se peut que ces propositions dérangent et semblent utopiques pour certains, mais il n’y a pas d’autres alternatives que d’avoir le courage pour commencer le changement non d’une manière brutale ,mais en faisant l’apprentissage du changement et de la responsabilisation . Seul don un mariage entre une décentralisation politique (collectivités locales, régions) et une décentralisation administrative (AREFs) peut nous faire parvenir à un nouveau mode de gestion qui permet une démocratie locale et un développement durable qui peut stopper la pauvreté dans notre monde rural qui a tant besoin de note solidarité tous.

 

Abdellatif khattabi/Al-oceima [email protected]