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Réflexions sur la pratique médicale et son devenir possible par la régionalisation avancée

AVANT PROPOS :

 

La pratique médicale connaît de nos jours beaucoup de problèmes. Héritée d’un autre âge, elle requiert de bénéficier de la réforme qu’apportera la régionalisation pour s’adapter à son processus. Avant de parler de cette adaptation, j’évoque brièvement son histoire durant le XXe siècle quand elle s’est établie.

En effet je suis témoin de l’évolution de ses problèmes depuis un demi-siècle. L’occasion m’est donnée d’essayer de mesurer le chemin parcouru depuis ces dernières décennies et de m’interroger sur l’avenir de la pratique médicale en général et libérale en particulier. J’ai eu l’avantage de connaître tous les ministres de la Santé Publique, de connaître les hauts et les bas de notre profession. Ayant eu le privilège d’avoir accompagné nos institutions ordinales et syndicales, j’ai assisté à leurs changements et à leur développement et j’ai débattu de leurs problèmes avec tous les responsables et les praticiens. Dans un souci de concision et ne pouvant évoquer toutes les évolutions de ce secteur, j’emprunterai des raccourcis pour résumer mon propos. La référence à mon traité « la Réforme qui se prépare » publié en 2007 permet une analyse détaillée des points importants de la réforme réclamée depuis plusieurs décennies par les professionnels de santé.

Ayant été mis de côté par la politique sanitaire du pays, on prône le partenariat avec le secteur libéral, on le fait depuis dix ans et l’on se demande comment on arrivera à opérer le rapprochement avec lui.

Critiqué par certains, vilipendé par d’autres, le secteur libéral a apporté sa participation à sa mesure sans aide et sans soutien.

Etat des lieux histoire :

Au lendemain de l’indépendance, c’est le médecin libéral qui opéra par le temps partiel dans les hôpitaux pendant une vingtaine d’années et a permis la transition difficile. Il organisa les sociétés savantes, les congrès médicaux à l’échelle nationale et Maghrébine. Le conseil de l’ordre était privé. Les syndicats qu’il organisa ont repris le relais dans la formation médicale continue partout, à Casablanca, à Marrakech à Oujda, à Agadir et bien d’autres régions.

Les acquis de la médecine libérale sont nombreux, mais ils restent fragiles et insuffisants. Le défi qui l’attend est complexe car il revêt plusieurs aspects. Le premier aspect et le plus important est de conquérir la place du médecin devant les pouvoirs publics, l’administration et la société.

Son opinion n’est plus sollicitée à temps pour n’importe quel changement. Certains praticiens se sont échinés à exprimer une opinion sur la réforme du système de santé que les médecins n’ont pas cessé de réclamer sans aboutir à un résultat. La grande majorité parmi eux restent des atomes libres et solitaires sans garantie pour leur avenir. Le second aspect est de faire aboutir la réforme dont il est question depuis plus de trois ans.

Le troisième aspect consiste à se donner une institution ordinale crédible pouvant garantir une stabilité convenable à sa pratique.

Quelles sont d’abord les caractéristiques de cette entité qu’est le médecin « libre ».

Il s’agit d’un diplômé qui s’installe au milieu de la population, à ses frais, souvent à crédit, qui gagne sa vie quand il voit un malade et qui paie des impôts et taxes. Encadré par une réglementation déontologique vieille de presque soixante ans et une institution ordinale qui le défendra peu ou pas contre les difficultés nombreuses qui l’assaillent épisodiquement.

Quel rapport a-t-il avec l’administration et le ministère de la santé publique

Les premières installations « libres » remontent à 1917. L’adaptation du médecin « libre » découle de sa vertu de produire une éthique qui le pousse à s’équiper, à créer une médecine de proximité et à permettre une certaine évolution dans la qualité de ses services. Les responsables du ministère ont tous eu, et chacun à sa façon, une intervention dans son domaine qui l’a bousculé. Toutes les générations ont exprimé leur inquiétude et leur désaccord pour ne pas tout accepter. J’étais de ce combat depuis 1960. Tous les ministres de la Santé que nous avons eus ont promu quelques changements qui ont dérangé les habitudes du médecin. Nous pouvons mettre un nom de ministre à chacune de ces interventions…

Cependant ils ont tous organisé des réunions et colloques provoqués par des tensions qui ont abouti à des décisions qu’on ne pouvait pas prendre ou qu’on ne voulait pas prendre. Toutes les lois et les réglementations n’intéressent que le domaine du médecin « libre », les tarifications, les conventions collectives des soins et leurs difficultés, les nomenclatures, la fiscalité discriminatoire, oubliant les dix autres professions de santé et les autres secteurs de pratique. Quelles valeurs ont toutes ces lois qui organisent un libéralisme très particulier, laissant éclater parfois des orages autour de quelques abus étiquetés souvent de fautes. Son existence, vécue comme une croisade, est caractérisée par une tourmente permanente ;

Docteur Mohamed GHOTI

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Réflexions sur la pratique médicale

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