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Rapport de CGIM : Les Migrations dans un Monde Interconnecté

 

Quelques points forts du rapport

La Commission

La Commission mondiale sur les migrations internationales qui présente son rapport au Secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan, et aux Etats Membres, observe que la communauté internationale n’a pas réussi à tirer pleinement profit du potentiel des migrations internationales ni à répondre aux opportunités et aux défis qu’elles présentent. Pour une gouvernance plus efficace des migrations, aux niveaux national, régional et mondial, une plus grande cohérence, coopération et capacité sont nécessaires. Dans son rapport, la Commission fournit une analyse, concise mais globale, des questions essentielles relatives aux migrations et souligne que les politiques sur les migrations et sur les autres questions concernées doivent être fondées sur des objectifs partagés et issus d’une vision commune. La Commission propose un cadre d’action large, cohérent et mondial, basé sur six principes d’actions généraux et un certain nombre de recommandations similaires couvrant le rôle des migrants dans un marché mondial du travail, les migrations et le développement, les migrations irrégulières, les migrants au sein de la société, les droits humains des migrants et la gouvernance des migrations. Le rapport intitulé « Les migrations dans un monde interconnecté » souligne les liens étroits entre les migrations et d’autres questions mondiales telles que le développement, le commerce, l’aide, les droits de l’homme et la sécurité.

Ce rapport indique aussi que les questions migratoires ne peuvent être abordées de manière isolée ou au seul moyen de politiques migratoires. Le rapport de la Commission explique que le nombre de migrants internationaux s’est élevé de 75 millions à quelque 200 millions durant les 30 dernières années et qu’aujourd’hui les migrants sont présents dans toutes les régions du monde. L’envergure des migrations internationales continuera probablement de s’élargir dans un avenir proche et cette croissance pourrait même connaître une accélération due aux disparités toujours plus accrues, en termes de développement, de démographie et de démocratie, entre les différentes parties du monde. Les migrations sont régies par de puissantes forces économiques, sociales et politiques que les Etats doivent reconnaître.

Les six principes généraux déclarent, en essence, que :

–  Les personnes devraient pouvoir migrer par choix et non par nécessité, d’une manière sûre et légale et parce que leurs compétences sont valorisées et nécessaires. 

–  Le rôle des migrants dans la promotion du développement et la lutte contre la pauvreté devrait être reconnu et soutenu ; les migrations doivent devenir partie intégrante des stratégies mondiales de développement. 

–  Les Etats, lorsqu’ils exercent leur droit souverain à décider des critères d’accueil et d’établissement sur leur territoire, devraient coopérer entre eux dans le but de lutter contre les migrations irrégulières tout en respectant les droits des migrants et des réfugiés ainsi qu’en réadmettant les citoyens qui retournent dans leur pays d’origine. 

–  Les migrants établis de longue date et les migrants autorisés devraient être efficacement intégrés dans les sociétés où ils se sont installés afin de concilier la diversité sociale et de favoriser la cohésion sociale ; les migrants doivent être informés de leurs droits et respecter leurs obligations légales. 

–  Le cadre légal et normatif qui s’applique aux migrants internationaux devrait mis en oeuvre de manière plus efficace afin d’améliorer la protection et les conditions de travail des migrants. 

–  Les politiques migratoires devraient être revalorisées grâce à une plus grande cohérence et des capacités renforcées au niveau national, une meilleure coopération au niveau régional, de même qu’un dialogue et une consultation plus efficaces au sein des gouvernements et entre les organisations internationales.

Quelques points forts du rapport

 –  Les migrations et l’économie

Les migrations apportent une contribution, largement ignorée mais importante, à l’économie mondiale et la croissance de cette économie dépend de la mobilité des personnes. Dans les pays en développement, les fonds transférés par les migrants vivant à l’étranger s’élèvent aujourd’hui à bien plus de $150 milliards par année, une somme qui représente trois fois celle de l’aide officielle au développement. Certains secteurs de l’économie sont devenus fortement dépendants de la main d’oeuvre migrante et s’effondreraient s’ils ne pouvaient plus faire appel à celle-ci.

–  Les migrations irrégulières

Les migrations irrégulières, en particulier la traite des personnes et le trafic de migrants, ont de nombreuses conséquences négatives qui ne touchent pas seulement les migrants. La lutte contre les migrations irrégulières exige que les Etats reconnaissent leurs intérêts communs et leurs responsabilités partagées à ce sujet. En cherchant les réponses adéquates à cette situation, les Etats doivent exercer leur droit souverain de défendre leurs frontières, prévenir les entrées non autorisées et protéger la sécurité et le bien-être de leurs citoyens. Cependant, une approche purement restrictive des migrations irrégulières n’est pas souhaitable ni réalisable et elle pourrait mettre en danger les droits des migrants et des réfugiés.

–  Les migrants au sein de la société

Ce rapport reconnaît que certaines sociétés éprouvent une certaine crainte des migrants et que cette crainte peut, dans certains cas, avoir été exacerbée par des politiciens et des médias. Le danger inhérent à cette situation est que les migrants soient marginalisés et rejetés, incapables de réaliser leur potentiel et d’apporter une contribution optimale à leur pays d’adoption. Des efforts concertés sont nécessaires pour assurer que les migrants et les autres membres de la société puissent bénéficier d’un processus mutuel d’adaptation et d’intégration. Ces efforts doivent être entrepris en coopération par les autorités nationales et locales, la société civile et le secteur privé.

–  Un monde interconnecté

Comme le suggère le titre du rapport, nous vivons dans un monde où les Etats, les sociétés et les questions mondiales sont toujours plus connectés. Bien que de meilleures politiques migratoires soient nécessaires, elles risquent de ne pas se révéler efficaces si elles ne sont pas soutenues par une action complémentaire dans d’autres domaines. De ce fait, le rapport souligne la nécessité d’assurer l’application effective des engagements que les Etats ont contractés dans le cadre de la Déclaration du millénaire et du Consensus de Monterrey. Le rapport appelle la communauté internationale à utiliser le cycle de négociations de Doha pour tirer profit des bénéfices que le système de commerce multilatéral peut apporter et à soutenir les initiatives régionales telles que le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique.

La Commission

La Commission mondiale sur les migrations internationales a été créée en 2003 et est composée de 19 personnalités indépendantes et éminentes, choisies en vertu de leur expérience internationale en matière de migrations internationales et d’autres questions relatives. Les co-présidents de la Commission sont M. Jan O. Karlsson, ancien ministre des migrations et du développement de la Suède, et Dr Mamphela Ramphele, originaire d’Afrique du Sud et ancienne directrice exécutive de la Banque mondiale. Le Secrétariat est basé à Genève et dirigé par le Dr Rolf K. Jenny, originaire de Suisse. En décembre 2003, un groupe extensible d’Etats, dirigé par la Suisse, la Suède, le Brésil, le Maroc et les Philippines, a créé la Commission sur la proposition du Secrétaire général des Nations Unies. Le groupe, qui comprend aujourd’hui 32 Etats, a joué le rôle d’organe consultatif informel. La Commission et le Secrétariat ont organisé de vastes consultations avec tous les acteurs concernés, notamment cinq consultations régionales et une série d’ateliers thématiques, et ont mené un vaste programme d’analyse politique.

 

Lien vers le rapport de CGIM (en anglais)


Communiqué de presse de la CGIM 

New York/Genève 5 octobre 2005

 

Pour de plus amples informations sur la Commission : 

www.gcim.org