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Quel avenir pour les produits made in Morocco ?

 

Nous nous devons de consommer marocain. Mais il est sur que les années à venir seront de plus en plus difficiles pour les industriels du pays. Mondialisation et libre échange la belle affaire ! Nous avons tout à y perdre si nous ne mettons pas à niveau notre industrie et même notre concept de vie.Si nous ne formatons pas nos esprits afin qu’ils soient assez critiques pour décoder les pubs agressives pour repérer les articles envahissants, leurs emballages polluant, leur publicité tapageuse et leurs multiples pièges nous finirons par gober toutes les couleuvres qu’on nous lancera à travers la télé et les panneaux d’affichage.

Qui de nous regarde une étiquette avant d’acheter une lessive ?

Pourtant on devrait tous le faire. Un sachet de 125 gr de lessive à 4, 5 Dhs est il plus efficace que celui d’un kilo à 16 Dhs ?

Il n’est pas nécessaire de multiplier les exemples. Tous ce que nous achetions il y a vingt ans en vrac nous est proposé aujourd’hui en doses homéopathiques et sous emballage volumineux, créant l’illusion quantitative et nous imposant un contenant qui mettra parfois quatre siècles pour se dégrader (Sacs en plastique, polypropylène etc.)

Par ailleurs, l’invasion de produits étrangers (chinois ou turcs) est criarde. Elle trouve en nous un terrain favorable, prêt à être investi. Je connais personnellement des familles entières qui font le trajet Casa – Oujda ou Nador pour faire « les provisions du mois » ? Ils achètent du fromage à tartiner, du riz, du lait en poudre, de la farine et même parfois des médicaments. (Il est à noter que parmi eux il doit sûrement y avoir des médecins ou des pharmaciens). Pour finir, ils passent à un village à côté faire le plein d’essence.

Ils ne pensent, ni au coût de leurs séjour (nuit d’hôtel, repas à l’extérieur), ni aux risques de la route et à l’utilité réelle de leurs achats.

Regardons de plus près le phénomène du commerce de produits en provenance de chine. Il y a Quelques mois, Nike, muni d’un jugement du tribunal de première instance de Casablanca a fait saisir par huissiers une quantité énorme d’espadrilles contrefaites dans les principales villes du Maroc. La paire était vendue à 150 Dhs alors que l’originale coûte plus de mille cinq cent dirhams.

Les chiffres sont alarmants. Nos importations de chine ont progressé de 41% au cours de ce premier semestre 2005. Nous avons enlevé de la bouche de nos industriels et aux familles qui travaillent avec eux la somme de : 1.25 milliard de Dhs. Pire encore, en 2004, nous avons dépensé à pékin in Morocco la bagatelle de 6.6 Mdh. Bien sur que nous ne l’aurions pas fait si nos produits étaient attractifs. Mais en fait il serait plus intéressant de savoir qui en profite. Les Chinois d’abord, les couches moyennes et surtout celles qui sont aisées en un mot ceux qui peuvent consommer. Les pauvres eux arrivent à peine à se nourrir.

Et s’il n’y avait que les chinois ? Nous trouvons des produits turcs, de l’huile de table du moyen orient et j’en passe des meilleures.

Alors un peu de jugeote tentons de devenir « conso – actifs ».

M.Douiri, Conseil en Aménagement Forestier

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