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Quel avenir pour les coopératives au Maroc ?

 

Qui d’entre nous, du moins ceux qui s’intéressent au concept d’économie sociale, n’a pas entendu parlé des coopératives ? Savons nous vraiment de quoi il s’agit ? Ou d’une autre manière, savons-nous combien nous aurions à perdre si nous ignorons la formule coopérative pour résoudre l’équation du développement dans notre pays ? En effet, les performances atteintes par les coopératives dans certains coins du globe laisse pâlir les grandes firmes multinationales ; et pourtant, il s’agit d’entreprises à but non lucratif !!!C’est fou n’est-ce pas ? Me direz-vous, comment est-ce possible pour une coopérative de concurrencer Danone ou Nestlé sans faire du profit ! Eh bien c’est simple : grâce à un système de ristourne propre aux coopératives que l’on ne retrouve pas dans les autres formes d’entreprises. Mais avant d’aller trop loin, essayons de comprendre pourquoi « la sauce coopérative » n’arrive toujours pas à prendre au Maroc dans les mêmes proportions que connaissent d’autre pays émergents comme la Malaisie, la Brésil ou plus proche encore de chez nous, dans le pays basque espagnol (l’expérience du complexe coopératif mondragon est très significative à cet effet). Pourquoi donc n’existe-il pas de mouvement coopératif véritable comme il existe un mouvement associatif de plus en plus important ?!

Pourtant, dès 1962 déjà, l’Etat, par l’institution de l’Office du Développement de la Coopération (ODCo) signifiait bien sa volonté de promouvoir ce secteur en le propulsant au devant des activités de l’économie sociale avant même que les associations n’aient acquis le prestige d’aujourd’hui. Et c’est là, à mon sens, la principale cause d’échec du secteur coopératif au Maroc. Il a été instigué par l’administration de sorte que la plupart des organisations coopératives sont devenues actuellement des entités endogènes, c’est-à-dire qui aliènent la participation de leurs membres. Dans les expériences réussies en matière de coopération, c’est plutôt la tendance inverse qui s’impose : les mouvements sociaux ont contribué à l’édification de l’Etat et non l’inverse. Ceci dit, il existe des expériences réussies au Maroc. Je pense notamment à la coopérative COPAG, celle qui nous distribue le fameux produit JAOUDA ou encore certaines coopératives d’arganiers dans le sud. Bien sur, il en existe d’autres dans d’autres secteurs d’activités.

Aujourd’hui, un collectif de personnes intéressées par le développement du secteur coopératif s’est constitué pour faire connaître la vocation coopérative et ses principes en dehors des institutions étatiques existantes qui, malheureusement, ont vu leur action considérablement régressée à cause de l’action de certains lobbies économiques. Ces derniers utilisent tout leur savoir faire pour désenchanter les leaders d’opinion et les politiques en général vis-à-vis de l’entreprenariat coopératif. Dernier épisode en date, l’imposition à l’IS et à la TVA des coopératives de transformation de matières premières provenant des non adhérents. En somme, la quasi-totalité des coopératives existantes. Le sujet mérite d’être analysé plus profondément et je n’ai ni le temps ni la prétention de le traiter comme il se doit à travers ces quelques lignes. Toutefois, Il est à signaler que dans le monde entier, les coopératives sont exonérées d’impôts, d’abord parce qu’elles ne font pas de bénéfices, ensuite parce que l’exonération dont bénéficiaient jusqu’ici les coopératives est une contrepartie du principe de l’exclusivisme qui caractérise la nature des transactions au sein de ces établissements. Evidemment, notre gouvernement a une fois de plus démontré combien il était le premier à répondre présent à l’appel des institutions monétaires internationales et aux rapaces des finances pour l’imposition d’un secteur fragile et susceptible d’une crise profonde. Face à cette situation désolante, nous souhaitons à travers cet article inviter les âmes vives de ce pays à s’inscrire dans une dynamique de promotion des coopératives et ce à travers les deux principales actions suivantes :

  Comprendre le mécanisme des coopératives et leur rôle dans le développement. 

  Créer une association dont l’objectif serait de sensibiliser à la formule coopérative et ses bienfaits dans l’épanouissement du groupe et de l’individu. 

  Développer un réseau de solidarité autour du concept de coopérative.

Vous pourriez participer au sondage qui se trouve à l’adresse suivante :http://fr.groups.yahoo.com/group/groupe_cooperatives 

Pour tout autre information, écrivez-nous à : [email protected]