Accueil / Non classé / Protéger le climat : un objectif ultime

Protéger le climat : un objectif ultime

 

  • Le Protocole de Kyoto
  • Le Mécanisme pour un Développement Propre (MDP)
  • Stratégie marocaine en matière de MDP

La Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

Le climat planétaire a connu un changement significatif et perceptible ces dernières décennies en relation avec les fortes émissions dans l’atmosphère de gaz à effet de serre (GES) dues aux développements importants des activités humaines.

C’est pour limiter la tendance au réchauffement que connaît la planète avec ce que cela entraîne comme conséquences néfastes pour les populations de plusieurs régions du monde qu’une politique mondiale de protection du climat a été définie lors du sommet mondial de RIO en 1992. Une Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques a alors été établie et signée par la plupart des pays présents à RIO.

L’objectif ultime de cette convention est de stabiliser les concentrations en GES dans l’atmosphère à un niveau empêchant toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. Cette convention invitait de façon volontaire les pays industrialisés ; premiers responsables de cette situation ; à réduire leurs émissions en GES.

Le Protocole de Kyoto

En 1997, lors de la 3 ème Conférence des Parties à la CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques) tenue au Japon, un accord clé a été adopté : le Protocole de Kyoto (PK). Ce protocole a fixé des objectifs chiffrés de limitation et de réduction des émissions en GES pour les pays développés et les pays en transition. Globalement, ces pays s’engagent à réduire de 5.2% leurs émissions annuelles en GES par rapport à l’année 1990, et ce, d’ici la fin de la première période d’engagement allant de 2008 à 2012. Selon le PK les pays en voie de développement (PED) ne sont pas astreints à diminuer leurs émissions, ils doivent cependant faire-part régulièrement de l’évolution du niveau de leurs émissions. 

Le Protocole de Kyoto a introduit trois mécanismes de flexibilité destinés à aider les pays ayant un objectif de limitation ou de réduction de GES à remplir leurs engagements à moindre coût. Le Mécanisme pour un Développement Propre (MDP), figure parmi ces trois mécanismes de flexibilité.

Le Mécanisme pour un Développement Propre (MDP)

Parmi les trois mécanismes de flexibilité du PK, le MDP est celui qui concerne spécifiquement les pays en voie de développement. L’objectif du MDP tel que défini par l’article 12 du PK est :

  • d’aider les pays en développement à parvenir à un Développement Durable ainsi qu’à contribuer à l’objectif ultime de la convention ;
  • d’aider les pays industrialisés à remplir leurs engagements chiffrés de limitation et de réduction de leurs émissions.

Au delà de l’aspect formel, tel que défini par le texte du Protocole, ce mécanisme volontaire permet :

aux pays en développement d’accéder à des flux de capitaux additionnels, à des technologies nouvelles et propres et à du savoir faire, tout en poursuivant scrupuleusement leurs propres priorités de Développement Durable ;

aux pays industrialisés d’atteindre leurs objectifs chiffrés de réduction des émissions à moindre coût.

ENCADRE I

L’idée de base du Mécanisme pour un Développement Propre CCNUCC – Protocole de Kyoto (MDP) 

1. des pays développés investissent, dans des pays en développement, dans des projets qui contribuent à la réduction des émissions en gaz à effet de serre ; 

2. les pays en développement peuvent aussi réaliser de tels projets de manière unilatérale ; 

3. ce type de projets se traduit par la modernisation d’un secteur donné du pays en développement, mais aussi par une contribution positive à la protection du climat mondial ; 

4. le pays investisseur peut porter au crédit de ses engagements les réductions d’émission réalisées au travers de son investissement dans le pays en développement ; 

5. le pays en développement peut vendre à des pays développés les crédits d’émissions obtenus sous forme d’Unités de Réduction Certifiées d’Emissions.

Stratégie marocaine en matière de MDP

Le Maroc est un pays en voie de développement dont le désir politique formulé et affiché depuis une vingtaine d’années est de connaître un développement durable. Ceci s’est manifesté par la création dés 1992 d’un département ministériel en charge de l’environnement et la mise en oeuvre depuis d’un processus qui fait aujourd’hui de la protection de l’environnement une préoccupation majeure sur les plans politique, économique et social. 

Aujourd’hui, la connaissance des problèmes environnementaux posés au pays est approfondie, une stratégie nationale en matière d’environnement a été élaborée et une législation environnementale bien fondée -riche et adaptée- existe. Cependant, des problèmes environnementaux cruciaux se posent et des besoins précis apparaissent pour pouvoir concrétiser la stratégie nationale et assurer aux populations une vie saine et acceptable.

Le recours à des investissements privés nationaux et internationaux permettant au pays de conforter ses choix en matière de Développement Durable s’avère nécessaire. Dans ce cadre, le Maroc considère comme importantes et stratégiques les possibilités pouvant être offertes par le MDP, en matière de transfert de technologies propres et d’amélioration de l’environnement. 

Ce sont en effet des problèmes à la base de la détérioration de cet environnement écologique et socio-économique qui pourraient bénéficier d’un soutien du MDP notamment : 

  •   Le développement des Energies Renouvelables : le Maroc est fortement dépendant de l’extérieur au niveau énergétique ( en l’an 2000, 97% de l’énergie était importée ). 

Outre les impacts directs du recours à ces énergies non renouvelables sur l’environnement, la facture de cette dépendance représentait 17.8 milliards de Dhs en l’an 2000 alors que les gisements solaires et éoliens du Maroc sont parmi les plus importants du Monde ; 

  •   L’amélioration de l’Efficacité Energétique : on doit recourir dans les secteurs résidentiels, industriels et tertiaires à des systèmes efficients à hauts rendements et peu consommateurs d’énergie. Dans ce contexte le recours à de nouvelles technologies devient une nécessité ; 
  •   Un Transport mieux organisé, moins consommateur d’énergie et moins pollueur : une démographie croissante, une urbanisation et une mobilité de plus en plus fortes sont autant d’éléments qui caractérisent notre pays et qui requièrent une politique des transports moins énergivore et plus propre. Aujourd’hui le Maroc connaît, dans certaines grandes villes (Casablanca, Rabat…), des problèmes réels de qualité de l’air liés au transport. Des solutions adéquates s’imposent pour y remédier tant au niveau du parc automobile, des carburants, des transports en commun que de l’organisation de la mobilité dans ces grandes capitales ; 
  •   Une gestion de déchets plus saine : le problème des déchets -particulièrement celui des décharges- est à ce jour posé avec acuité dans l’ensemble des villes du Royaume compte tenu des gaz émis et des risques que ces décharges sauvages représentent pour les populations. C’est ainsi que 6 millions de tonnes de déchets solides municipaux et plus de 975.000 tonnes de déchets industriels produits annuellement au niveau national se retrouvent dans des décharges sauvages pour la plupart ;
  •    Un boisement et reboisement permettant de compenser partiellement la déforestation importante que connaît le Maroc s’impose : On estime à plus de 30.000 hectares par an les pertes annuelles en forets. Les programmes de reboisement lancés ces dernières années arrivent à compenser une part très limitée de ces pertes soit moins de 30%.

Par MDP 

Adapté par Tanmia.ma