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Problématique des Oasis du Sud Marocain

 

PROBLEMATIQUE

Les fonctions opérées jusqu’ici dans la gestion des palmeraies marocaines pour assurer les besoins vitaux des populations se sont souvent soldées par une exploitation inappropriée des ressources naturelles, ce qui a accentué la désertification de ces milieux et la déstabilisation de leur sécurité sociale.

Cette crise écologique et sociale se manifeste par la dégradation des ressources naturelles, qui a atteint la côte d’alarme sous les effets conjugués des facteurs naturels et des actions humaines adverses d’une part et par l’appauvrissement des populations qui y vivent d’autre part.

L’extrême lenteur de l’auto génération et du renouvellement naturel de ces ressources dégradées dans un écosystème fragile ne favorise pas un maintien, même précaire, de l’équilibre de ces dernières, et ce malgré les efforts d’encadrement si importants que l’Etat a entrepris dans la zone.

  •   La biodiversité du patrimoine phoenicicole est en effet en voie d’extinction sous les effets de la maladie du bayoud, de la sécheresse, de l’ensablement etc., lesquels phénomènes sont accentués par des pratiques et modes d’exploitation adoptés dans ces milieux. Les encouragements à la mise en valeur, qui focalisent l’intensification culturale, risquent d’entraîner un effet pervers sur le potentiel de production oasien à long terme.
  •   Le potentiel de la ressource en eau, dont la rareté est déjà imposée par l’aridité accentuée du milieu, est en dégradation continue. Les efforts de mobilisation et de sécurisation de ce potentiel restent , néanmoins, insuffisants eu égard au rythme actuel de dégradation des bassins versants et de leur couvert végétal ainsi qu’au rythme d’altération de la qualité des eaux sous l’effet de l’urbanisation et du développement de l’industrie touristique et minière.

– L’accroissement démographique dans les zones pré sahariennes qui, par le jeu des divisions successorales, ne fait qu’accentuer le morcellement des terres et la précarité des propriétés agricoles. Les ressources en terre , conditionnées par les ressources en eau, ne pourraient plus permettre à ces zones de retenir leurs populations, d’où les flux migratoires importants qu’ elles ont connus. L’inadaptation et l’ancienneté des textes qui régissent l’utilisation des terres collectives ne facilitent pas en outre l’accès à ces terrains comme alternative de mise en valeur visant à soulager la forte pression sur les palmeraies traditionnelles.

A ces facteurs de dégradation des ressources naturelles s’ajoutent l’isolement des zones pré sahariennes et leur éloignement des principaux centres économiques du pays. Cette contrainte géographique l’a toujours défavorisée dans les plans de développement économique et social. Le retard dans les équipements économiques et socioculturels en est une preuve .

Ces contradictions dans la gestion des ressources naturelles seraient ainsi à l’origine des problèmes socio-économiques aux aspects multiples dont on se contente de citer, ci après, les principaux :

  •   Le processus de la pauvreté, qui s’exprime par l’incapacité d’accès aux moyens matériels pour la majorité des agriculteurs, est une conséquence de l’insuffisance des revenus agricoles qui ne pouvait assurer qu’ à pêne le niveau de substance. Ces micro-exploitations, qui sont souvent incapables de développer une économie d’échange, arrivent ainsi mal à se reproduire.
  •   Les conflits sociaux qui surgissent de l’usage des terres collectives sont de plus en plus nombreux. Même en l’absence de ces problèmes juridiques , la surexploitation entraînant l’épuisement des réserves en eaux souterraines provoque la faillite de plusieurs exploitations agricoles. Les cas frappants de Tinejdad, Rouha et Astour en témoignent.
  •   Les taux élevés du chômage dans le milieu rural et l’hémorragie migratoire qui en résulte accentuent le phénomène d’urbanisation. Cette dynamique, qui concerne particulièrement la force active, risque d’approfondir la rupture du transfert du savoir faire traditionnel dans le milieu rural et de compromettre ainsi la durabilité de l’écosystème oasien.

Ces contradictions écologiques et socio-économiques sont appelées à s’accentuer à moyen terme eu égard à la tendance de l’évolution démographique et aux difficultés d’accès aux ressources naturelles (terre, eau) et aux services de développement.

Les efforts de l’Etat en matière d’encadrement de la zone sont importants , notamment dans le domaine hydroagricole et dans le secteur phoenicicole mais leurs effets pour atténuer l’amplitude de ces contradictions restent insuffisants.

Les investissements publics, matérialisés par la construction de deux grands barrages et les aménagements hydro-agricoles annexes, ont permis d’atténuer les effets des crues et des sécheresses pendant les deux dernières décennies.

Les efforts de recherche sur le palmier dattier, dont les résultats constituent une référence internationale, ont été couronnés par l’élaboration d’un plan national de restructuration et de développement du palmier dattier.

Quant à la gestion des ressources en terres, les programmes de l’Etat sont timides et demeurent généralement inadaptés aux spécificités de la zone.

En somme, l’évolution de l’écosystème oasien semble être gouverné sous l’effet de trois tensions principales :

  •   Les facteurs de désertification qui deviennent de plus en plus structurels et inhérents à l’écosystème,
  •   Les efforts d’encadrement de plus en plus ciblés en raison des restrictions budgétaires,
  •   Et les mutations socio-économiques rapides sous l’effet de la mondialisation et de la compétitivité acharnée qui en est résultée.

La réponse des agriculteurs à ces changements resteraient en dessous des objectifs espérés tant que leurs capacités d’autogestion n’aurait pas été renforcées, d’où la nécessite d’orienter la politique d’encadrement vers un développement à visage humain.

L’élaboration d’un plan de gestion des palmeraies du Sud marocain visant à atténuer l’ampleur de ces contradictions en assurant un développement participatif, durable et équitable est revenue une priorité.

Ce plan de gestion devra être conçu sur des bases scientifiques tout en conciliant entre les objectifs de développement économique et les objectifs de préservation de l’environnement .

Pour assurer la mise en œuvre de ce plan de gestion, et compte tenu de son caractère multisectoriel, il est nécessaire de conférer à la région un statut lui permettant d’atteindre conjointement ces deux buts au demeurant contradictoires.

Ce statut peut être une Réserve de Biosphère dont les principes sont définis par l’assemblée du Comité MAB international de l’UNESCO (Homme et Biosphère) qui s’est tenue à Séville /Espagne en Mars 1995. (UNESCO, 1996 )

L’idée de création de la réserve de biosphère des palmeraies marocaines à fait son chemin suite à la proposition de l’UNESCO pour l’intégration des palmeraies marocaines dans le Réseau Mondial des Réserves de Biosphère lors de la réunion du Conseil d’administration de l’Observatoire du Sahara et du Sahel tenue à Paris au mois de Novembre 1998.

Le projet intéresse dans un premier temps les trois provinces : Errachidia, Ouarzazate et Zagora, et peut s’étendre ultérieurement sur les autres provinces du Sud Marocain.

Cette réserve de biosphère, qui viendra renforcer la seule réserve ‘’Arganeraie’’ du Maroc, bénéficierait d’un label de la réserve de biosphère auprès de l’UNESCO , ce qui lui permettrait d’être éligible aux dons et emprunts extérieurs à des taux préférentiels.

Source : http://rbosm.africa-web.org

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