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Préservation du patrimoine faunique : cas de deux oiseaux rares

Le Gypaète barbu

La Grande outarde

En matière de conservation des ressources naturelles et de la biodiversité, le Maroc a ratifié des accords comme la Convention sur la Diversité Biologique, la Convention sur les Espèces Migratrices Appartenant à la Faune Sauvage, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, la Convention relative à la protection des espèces migratrices, la Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe.

De leur côté, les associations aussi se mobilisent pour contribuer à la préservation du patrimoine faunique. Ici, on se penche sur le cas de deux oiseaux rares au Maroc : Le Gyapète Barbu et la Grande Outarde.

Le Gypaète barbu

Le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus) est une espèce d’oiseau qui présente une taille de 1 à 1,15 m, une envergure de 2,45 à 2,72 m, un poids de 5 à 7 Kg et une longévité qui peut atteindre 16 ans. Ce rapace majestueux vit généralement en couple, rarement en solitaire. Il passe toute l’année en haute montagne et ne déserte son territoire qu’en cas de grand froid et par manque de nourriture. Son régime alimentaire est constitué principalement d’os et de ligaments. Le Gypaète barbu repère les cadavres de moutons ou de chamois. En période de pénurie, il se nourrit des proies vivantes comme les jeunes lézards, les petits mammifères, les insectes et les tortues. Ce rapace est présent dans les Pyrénées, dans les Alpes, en Asie, au Proche-Orient, en Iran, en Chine et dans les régions montagneuses d’Afrique du Nord. Au Maroc, il se trouve dans la région de Marrakech-Tensift-Haouz.

L’espèce est menacée à l’échelle internationale. Les populations de cet oiseau ont régressé dans plusieurs pays notamment au Maroc où seuls cinq individus ont été recensés en 2002.

Les populations du Gypaète barbu sont extrêmement en danger et pourraient disparaître, si des mesures de conservation ne sont pas prises dans l’immédiat. Dans ce sens, des actions devraient être menées auprès de l’ensemble de la population telles que : 

  •   La formation des ONG locales dans le domaine de la protection de l’environnement ; 
  •   Les missions de surveillance, du suivi et de recensement de l’espèce ; 
  •   La conception et la production du matériel de sensibilisation ; 
  •   La sensibilisation des populations rurales ; et, 
  •   Le plaidoyer auprès des décideurs.
  • La préservation du patrimoine faunique permettrait de : 
  •   Préserver la biodiversité et le Patrimoine Biologique Marocain et International ; 
  •   Créer l’emploi en milieu rural (guides, artisanat,…) ; 
  •   Favoriser le sponsoring de projets de préservation du patrimoine naturel et de l’environnent dans la région par des bailleurs de fonds nationaux et internationaux ; et, 
  •   Développer l’économie locale dans les régions concernées.

La Grande outarde

L’espèce ne subsiste encore qu’au nord du Pays, particulièrement dans la Zone Humide de oued Tahadart, Site d’Intérêt Biologique et Ecologique (SIBE), avec quelques petites populations dans les régions voisines et le Gharb. C’est l’unique population existante encore dans toute l’Afrique, son statut est hautement vulnérable et il y’a absence de données récentes sur la taille exacte de la population. La biologie de l’espèce montre que cet oiseau dont le mâle peut atteindre 16 kg et la femelle 4 à 5 kg, ne pond que deux (2) œufs par saison et le jeune doit accompagner sa mère pendant 1 an pour apprendre à survivre, et ne deviendra adulte qu’à l’âge de 4 ans ! Ce cycle très lent et difficile montre à quel point l’espèce a besoin d’assistance. Actuellement, moins de 200 individus subsistent encore au Maroc.

Pour sauvegarder ce patrimoine naturel, l’Association d’Education Environnementale et de Protection des Oiseaux au Maroc (SEEPOM) a entrepris, entre 2001 et 2003, un programme de sensibilisation et d’observation de la Grande Outarde dans les régions de Tanger – Asilah et dans la plaine du Gharb. Durant ce programme, la SEEPOM en collaboration avec le Musée National des Sciences Naturelles (MNCN), l’Agence Espagnole de la Coopération Internationale (AECI) et le Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique (CSIC) a procédé à :

  • le suivi régulier de la Grande Outarde, sur le terrain ;
  • la conception et la production des dépliants, des autocollants, des posters et des T-shirts relatifs à la protection de la Grande Outarde ; pour servir de moyens de sensibilisation des décideurs et des populations des régions concernées, et l’organisation des campagnes de sensibilisation avec les populations des régions concernées.

La SEEPOM exerce depuis 2003 dans le cadre d’une Convention de Partenariat pour la Mise en Place d’un Programme de Gardiennage et de Suivi de la Grande Outarde dans la Zone Humide de l’Estuaire de l’Oued Tahaddarte, signée avec le Département des Eaux et Forêts et de la Lutte contre la Désertification (DEFLCD) et la Société Nationale des Autoroutes du Maroc (ADM). La durée de cette convention est de 5 ans.

L’objectif de cette convention est de renforcer la Biodiversité et le Patrimoine Biologique Marocain, par la préservation et la multiplication des dernières populations de la Grande Outarde, qui survivent encore au Maroc, notamment par :

  • La surveillance et le gardiennage des sites de nidification de la Grande Outarde ;
  • La surveillance et le suivi de la dynamique des populations de la Grande Outarde ;
  • La contribution à l’empêchement de la chasse illégale de l’espèce ;
  • La sensibilisation des décideurs et de la population en général sur l’importance de la préservation de la Grande Outarde au Maroc. La réussite dudit programme permettrait de :
  • Préserver la Biodiversité et le Patrimoine Biologique Marocain et International ;
  • Renforcer l’écotourisme ;
  • Développer l’économie locale particulièrement dans les régions concernées ; et,
  • Encourager la recherche scientifique et technique et la coopération avec les Institutions Internationales concernées.

Par : Ahmed Jaafari, Secrétaire Général de la SEEPOM

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