Accueil / Non classé / Pour une meilleure démarche de l’INDH

Pour une meilleure démarche de l’INDH

 

– Préambule : Portes d’entrée vers l’INDH

– L’INDH est d’abord qualitative

– Méthodologie d’intervention

– A suivre

Auteur : Chahbouni Aziz

Réflexion par Aziz CHAHBOUNI* 
Chef de Service Etudes & Analyses (10 ans d’expériences en matière de développement Economique et social)

Préambule : Portes d’entrée vers l’INDH

 

Tout d’abord, permettez moi de partager avec vous cette réflexion sur l’INDH, parce que la question du développement durable nous interpelle tous, chercheurs, ONG, décideurs, étudiants, bailleurs de fonds, bref tous les acteurs et ce de prés ou de loin. M. IBN KHALDOUN avait bien dit, il y a bien longtemps, que le sous développement se résume en la présence de trois facteurs :

1) L’analphabétisme ;

2) La pauvreté ;

3) L’injustice sociale.

D’où toute approche de développement devrait prendre en considération, entre autres, ces trois portes d’entrée vers le développement.

Partons de ce point de vue, il est vrai que le Développement est plus qualitatif que quantitatif, il vise essentiellement le bien être de l’individu.

Malheureusement, au Maroc, et ça devient « normale », on continue de juger les choses d’une façon toujours quantitative. Par exemple, on parle du nombre de Km de routes construites ; du nombre d’élèves scolarisés etc. alors qu’il faut intégrer dans notre manière de voir et de penser l’aspect qualitatif, par exemple quel est l’état des routes construites ; quel programme scolaire dispensé aux élèves ; quelle est la qualité de soin servie aux citoyens etc. … le développement humain est avant tout la construction d’un élément humain fort, équilibré, actif et productif.

D’où l’importance de créer les conditions favorables d’épanouissement de l’individu. Pour de ce qu’est le développement, un projet de développement et les approches de développement qui ont amené le pays à opter pour l’INDH, veuillez lire l’article « Réfléchir les termes de Développement au Maroc : l’Approche Agence ou l’intermédiation entre l’Etat et la Société Civile » par Aziz CHAHBOUNI/ Rubrique Economie Sociale /www.tanmia.ma.

L’INDH est d’abord qualitative

 

Dans le cadre de l’INDH, qui est à mon avis, une chance incontournable pour le Maroc de rattraper ses paramètres socio-économiques, tout le monde parle, lorsqu’il s’agit de l’INDH, que des AGR (activités génératrices de revenu) et de leurs portées. Cet état de choses ne fait que limiter cette noble initiative à une partie importante certes mais pas suffisante ; surtout après ce qu’on a avancé au début de l’article.

C’est dans ce contexte que je voulais écrire, justement, cet article pour rendre à cette initiative le volume et l’importance qu’elle mérite et par la suite la réflexion et les moyens qu’il faut mettre en œuvre et ce pour mieux intervenir et par la suite réussir son intervention.

Dans ce souci de mieux avancer vers le future que tous les marocains souhaitent, il faut, à mon avis devant toute problématique procéder par étapes comme suit :

1. Avoir la volonté de faire ;

2. Définir les concepts ;

3. Poser les vraies questions ;

4. Connaître les problèmes ;

5. Décrire et comprendre les liens existant entre les problèmes ;

6. Rechercher et réfléchir les solutions ;

7. Etudier les scénarii possibles ;

8. Rechercher les moyens nécessaires ;

9. Mettre en œuvre ;

10. Suivre les indicateurs et résultats ;

11. Rectifier le tir et ainsi de suite pour relier la boucle.

Toute cette démarche devra bien évidement se faire dans un cadre volontaire et participatif, puisque toute action ne pourrit réussir en l’absence de l’adhésion de ceux qui sont concernés.

Passons maintenant à réaffirmer et détailler un peu plus « pourquoi l’INDH est plus qualitative que autre chose ». A mon sens, l’INDH est d’abord, une bonne définition de ce qu’on veut : la situation désirable ou voulue, la quelle situation est fortement conditionner par ce qu’on a : la situation initiale, et entre les deux situations se trouve « ce qu’on peut faire » qui se transforme tout en faisant à « ce qu’on fait réellement ». Pour schématiser, il y a quatre cercles :

Le passage de la situation initiale à une situation projetée nécessite sans doute ce qui suit : 
–  un bon et vrai diagnostic ; 
–  des ressources humaines compétentes ; 
–  des moyens suffisants ; 
–  une bonne gestion et surtout une très bonne coordination

D’où l’approche partenariale et participative s’impose comme outil et moyen, entre autre, pour mieux identifier et mettre en œuvre les projets de développement en question.

Comme on l’a signalé avant, IBN KHALDOUN a identifié trois facteurs de développement à savoir : 1) L’analphabétisme ;

2) La pauvreté ;

3) L’injustice sociale.

Alors que le savoir humain moderne ; celui des organisations internationales, a définit aussi trois facteurs pour mesurer l’indice de développement qui sont :

1) La longévité (espérance de vie à la naissance)

2) Le niveau d’éducation (mesuré par le taux d’alphabétisation et le taux brut de scolarisation)

3) Le niveau de vie (mesuré par le PIB par habitant exprimé en parité de pouvoir d’achat)

Cet indice sert, pour les organisations internationales, de classer les pays en pays à développement humain élevé ; moyen ou faible.

Bien évidement cet indice n’est pas suffisant, et sauvant on ajoute d’autres indicateurs tels que les indicateurs de pauvreté, de préservations des ressources ; d’égalité entre hommes et femmes et bien d’autres. Pour une meilleur intervention au niveau du terrain : l’approche de proximité

Méthodologie d’intervention

 

Présentons tout de suite et brièvement la méthodologie d’intervention sur terrain :

–  Connaissance et prise de contact avec l’unité sociale partenaire concernée (USPC) 
–  Identification et discussion des problèmes et demandes 
–  Hiérarchisation des action et élaboration des fiches Actions 
–  Programmation Indicative 
– Stimulation d’une dynamique villageoise et élaboration des fiches d’organisation de l’unité sociale (fiche commune ; quartier ; Douars ; association ; coopérative… ) 
–  Discussion des scénarios techniques et de la faisabilité sociale 
–  Négociation des niveaux et modalités de participation 
–  Validation du choix de l’action pilote selon l’option technico-économique et sociale 
–  Réalisation de l’action et compromis d’engagement des partenaires 
–  Encadrement et suivi de l’action.

Par la suite, une description générale de la procédure de réalisation des actions s’avère important :il faut animer et organiser le débat avec l’Unité Sociale Partenaire Concernée (USPC), lors des sorties sur terrain, il faut poser les bonne questions pour orienter et pour creuser de plus en plus le problème ( l’action ) du point de vue technique, social et organisationnel, ainsi, il faut savoir céder et laisser la parole à tout le monde en appliquant les connaissance en matière de communication, dynamique de groupe etc.

Les grandes questions permettant d’établir des bases de négociation du montage participative avec la population concernée par l’action et de choisir l’option technique à adopter, sont :

Les questions du Diagnostic Global (DG) :

Pour l’USPC :

–  Pourquoi réaliser l’action identifiée ; constitue elle un besoin ? (Un problème ?) 
–  Quels sont les relations causes à effets de ces problèmes ? 
–  Quels sont les intéressés (bénéficiaires) par l’action ? 
–  Quelles sont les solutions à envisager selon vous ? (Savoir local) 
–  Comment le projet peut contribuer à la réalisation de cette action ? 
–  Quel sera, donc, votre apport ? Votre participation ? 
–  Est ce que vous pouvez donnez une ébauche de programmation : QUI va faire QUOI ?      QUAND ? COMMENT ?…. (Action, Acteur, Les moyens, le timing,…)

Pour les techniciens :

– Quelle relation entre le problème et la solution ? (Pensez l’approche globale) 
–  Quels scénarios techniques à envisager pour l’action ? 
–  Quelle forme de participation de la population que vous jugez utile … ? 
–  Quelle évaluation économique et financière de l’action ? 
–  Quel système de suivi peut-on envisager et les normes à respecter ?

La préparation des réunions de travail :

Bien évidement, tout travail de diagnostic avec les gens nécessite une démarche et une préparation qu’on résume en trois points :

a) Présentation de l’objectif de la visite ; de la réunion…

b) Présentation de la méthodologie d’intervention (approche partenariale et participative)

c) Présentation des outils du travail participatif et de proximité.

On cite quelques outils du Diagnostic Global (DG) : 
–  Brainstorming ; 
–  Entretien collectif ; 
–  Visualisation ; 
–  Matrice préférentielle ; 
–  Tours du pays ; 
–  Et bien d’autres.

Vue l’importance des schémas qui synthétisent et présentent l’information au public d’une manière très simple et conviviale ; je présente dans ce qui suit ; un schéma d’une bonne réussite des projets de développement :

Les problèmes que pourraient rencontrer l’INDH

Les problèmes et les contraintes possibles lors de la mise en œuvre des projets de l’INDH pourraient se résumer en quatre niveaux : Problèmes liés au manque de matériel 
–  Problème de la lenteur de la procédure, manque de moyen de déplacement ; 
–  Manque de moyens logistiques : ordinateur, fax, téléphone, … Problème d’ordre organisationnel 
–  manque d’interaction (information) au niveau de la population : 
–  manque de circulation d’information entre les services ; 
–  question d’organisation de la population demande beaucoup d’efforts (compétence et de temps) 
–  manque d’information de la population (vision verticale)

Problèmes liés à l’identification et choix de l’action :

–  Insuffisance dans l’utilisation des outils de Diagnostic participatif et identification des besoins réelles de la population Problèmes liés au partenariat : non engagement de certains partenaires etc.

Renforcement de l’INDH par des actions d’accompagnement : la formation et l’organisation des populations (la mise à niveau sociale) La formation : Le discours tenu actuellement montre un consensus de plus en plus large sur la nécessité de la participation communautaire, à notre avis, cette participation doit être volontaire et décisionnelle. Pour ce faire, un dispositif de formation en la matière s’impose à tous les niveaux : population, services techniques et les autres acteurs locaux. Ainsi, pour réussir l’action sur terrain, et par la suite assurer une intervention positive et efficace, il faut :

1. installer une atmosphère de confiance et des bases de concertation

2. enclencher une dynamique « locale » pour un développement durable

3. promouvoir un partenariat véritable entre les acteurs locaux

Un point sauvent oublié est celui d’intégrer les actions dans un seul paquet pour favoriser la mise en oeuvre de l’approche participative :

–  les actions sociales, de santé, d’alphabétisation et d’animation féminine : Ce ne sont pas des cadeaux faites à la population, mais des besoins sauvant mal exprimés et par la suite ignorés. En effet, et surtout le milieu rural, par sa caractéristique, manque de « tout », les actions dans les domaines de santé, d’alphabétisation, d’animation féminine, ont un grand impact direct et indirect sur l’amélioration des conditions de vie de la population.

–  les actions et activités génératrices de revenu : On cite à titre d’exemple, l’apiculture, l’artisanat et l’élevage de rente, les activités génératrices de revenu correspondent, en effet, à des demandes non exprimées par la population, mais prioritaire par dessus tout : l’amélioration des niveaux de vie à court termes, c’est pourquoi, on pense qu’il peut s’agir là d’une porte d’entrée pour les actions qui se veulent avant tout « participative ».

L’organisation sociale

Pour assurer la participation de l’USPC dans l’identification et la réalisation des actions, il faut que celle-ci (participation) doive être fait dans le cadre d’une organisation pour assurer la viabilité et la continuité et donc la durabilité de l’action.

A suivre

 

–  Expériences professionnelles (10 ans en matière de développement Economique et social) :

  • consultant dans une ONG Internationale (gestion, suivi et évaluation des projets).
  • consultant PNUD « Appui aux aspects méthodologiques et Approche partenariale et participative »,
  • chef de programme – Ministère de l’Agriculture (pilotage et gestion d’une équipe de projet).
  • Chef de service /APDN (Etudes et analyses des projets)

–  Vice-président d’une ONG de Développement et d’Environnement (ARDE) 
–  Membre de réseaux :

  • d’experts de développement durable et de l’environnement en Afrique ( REDDA-NESDA)
  • Base de données d’expertise maghrébine en Développement Durable et environnement (PNUD)
  • Réseau d’Information des Terres Arides (RITA-ONG/OXFAM-UK)
  • Réseau d’Echange Multidisciplinaire Environnement et de Développement (Sec-REMED/ Algérie)
  • Formateurs des membres des ONG en matière de conception et montage de projets de développement
  • Membre de jury des travaux de mémoire de fin d’études (encadrant).

Articles déjà publiés

–  « Réfléchir les termes de Développement au Maroc : l’Approche Agence ou l’intermédiation entre l’Etat et la Société Civile » – Rubrique Economie Sociale /www.tanmia.ma. 2005 
–  « Genre et Développement », Le monde agricole et la pêche maritime, Août/ Séptembre1998 
–  « L’approche participative et le développement rural », Le monde agricole et la pêche maritime, Avril/Mai 1998 
–  « Management de la vulgarisation agricole », Le monde agricole et la pêche maritime, Septembre/Octobre 1996 
–  « Développement et vulgarisation agricole », Le monde agricole et la pêche maritime, Mars 1996.

 

Télécharger l’aticle

 

 

 

 

À propos Responsable de publication