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Polyarthrite rhumatoïde : A quand un accès équitable aux soins à tous les malades ?

 

 

Auteur : azar ghizlane

 

•Exonération du ticket modérateur et remboursement des nouvelles thérapies, principales actions à mener d’urgence en faveur des malades assurés atteints de polyarthrite rhumatoïde.

•Le Programme National d’accès aux soins au profit des malades démunis, la solution pour un accès équitable aux soins au Maroc.

« Devant les grandes douleurs et les nombreux handicaps causés par la polyarthrite rhumatoïde, nous sommes dans l’incapacité de circuler, de penser, de réfléchir et de communiquer. Nous sommes privés de nos droits humains les plus élémentaires parce que notre quotidien est axé sur ces souffrances. » A la veille de la célébration de la journée mondiale de l’arthrite, le 12 octobre, ce témoignage commun à plusieurs malades, est l’occasion pour faire le point sur la situation de cette maladie dans notre pays. Mais cette année, il s’agit avant tout de lancer un appel à un équilibre des droits entre les affections de longue durée, attestés par la loi la loi 65-00 sur l’assurance maladie obligatoire.

« La polyarthrite rhumatoïde est reconnue en tant qu’ALD sans être totalement prise en charge par tous les organismes gestionnaires de l’AMO comme c’est le cas pour les autres maladies de cette catégorie. Le Maroc fait donc face à un vrai dilemme moral et légal quant au traitement des patients polyarthritiques. Cette situation complexe impose non seulement l’exonération du ticket modérateur imposé aux assurés du secteur privé, mais aussi l’inscription des nouvelles thérapies qui améliorent nettement leur qualité de vie, sur la liste des médicaments remboursables. », affirme à cette occasion Mme Leïla Najdi, Présidente de l’AMP. Dans ce contexte, elle a également dénoncé les souffrances des malades à cause de la lourdeur des démarches administratives de la CNOPS pour le dépôt et le remboursement des dossiers de soins médicaux. D’ailleurs, même l’assistante sociale mise place par l’AMP n’est toujours pas opérationnelle car cet organisme refuse de donner suite aux différentes sollicitations de l’association à ce sujet

« Le problème, n’est pas aujourd’hui de poser le diagnostic au Maroc, mais c’est celui de traiter nos malades. Le Méthotrexate, indispensable aussi dans le traitement, n’existe pas en comprimé au Maroc. Par contre, la forme injectable existante garde le record dans notre pays pour ces ruptures de stock dans nos pharmacies laissant nos malades dans le désarroi, encore plus nos malades démunis et sans couverture médicale. », souligne le Dr Mohamed Saleh Bennouna, Président du comité scientifique de l’AMP.

« Parmi les nouveaux traitements de la polyarthrite rhumatoïde, en particulier les biothérapies, non seulement toutes ne sont pas encore prise en charge par tous les organismes de remboursement mais même celles qui le sont, se voient aujourd’hui refusées à certains malades qui ont bénéficié déjà des premières cures. », ajoute le Dr Mohamed Saleh Bennouna.

Face à ce drame national, le Maroc est vivement appelé à mettre en place un Programme National d’accès aux soins au profit des malades démunis. Mais en attendant son instauration, l’AMP ne cesse de développer son réseau de bienfaiteurs et de partenaires pour répondre aux nombreuses demandes d’aide de la part des patients pour faire face au coût élevé des soins. Dans ce cadre, elle vient de signer une convention avec le groupe Roche Maroc permettant aux patients à revenus modestes d’accéder aux thérapies les plus innovantes. « Notre initiative est un message fort que nous adressons au gouvernement marocain pour l’inciter à prendre toutes les dispositifs nécessaires pour éviter aux malades l’évolution rapide et tragique de la maladie. », explique Mme Laïla Najdi.

Pour marquer la Journée mondiale de l’Arthrite 2011, l’AMP organise le 14 octobre 2011, une soirée de gala sous le thème de « Tendons leur la main ». L’objectif est de venir en aide aux patients les plus démunis pour leur faciliter l’accès au diagnostic précoce et aux traitements curatifs excessivement coûteux. Prendront part à cette initiative à la fois scientifique, sociale et humanitaire, les partenaires de l’association dont les pays membres de la « l’Union Arabe contre la Polyarthrite Rhumatoïde » (le Maroc, l’Egypte et l’Algérie), créée il y a un an, des représentants du gouvernement ainsi que de nombreuses autres personnalités de la société civile.

Selon les statistiques disponibles, la polyarthrite rhumatoïde touche 150 000 à 350 000 personnes au Maroc, occupant ainsi 38% des rhumatismes inflammatoires chroniques. Alors qu’elle est 4 fois plus fréquente chez la femme que l’homme, elle apparaît généralement entre 35 et 45 ans. De l’avis des spécialistes, cette maladie, si elle n’est pas prise en charge à temps, peut-être particulièrement handicapante.

A propos de la polyarthrite rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde est un véritable problème de santé publique au Maroc. Selon les estimations actuelles et les travaux publiés, elle toucherait entre 0,5 et 1% de la population, soit 150 000 à 350 000 personnes au Maroc. Cette maladie auto-immune se caractérise par des douleurs qui s’accompagnent d’un gonflement des articulations, d’une gêne dans les mouvements, puis d’une déformation et parfois même d’un blocage complet de l’articulation. Elle engendre une détérioration considérable de la qualité de vie des patients. Pire encore, elle diminue l’espérance de vie de 5 à 10 ans.

Outre cet énorme handicap, elle représente un énorme poids social. La maladie est en effet responsable d’arrêt de l’activité professionnelle dès les 3 premières années de la maladie. Elle est également responsable d’une augmentation du taux des divorces ainsi que du taux d’abandon scolaire, notamment chez les petites filles déscolarisées pour s’occuper de leur mère malade.

A propos de l’arthrite

L’arthrite (du mot grec « arthron », qui signifie « articulation », et « itis » qui signifie « inflammation ») est une inflammation des articulations. Ce trouble inflammatoire articulaire s’accompagne généralement de rougeur, de chaleur, d’enflure et de sensibilité au toucher. L’arthrite peut toucher n’importe quelle articulation. Toutefois, les articulations les plus souvent atteintes sont celles qui supportent le poids du corps, soit celles des pieds, des genoux, des hanches et de la colonne vertébrale. D’autres articulations, comme toutes les articulations des membres supérieurs peuvent aussi être atteintes.

L’inflammation de l’articulation et les douleurs importantes engendrées ont pour conséquence l’impossibilité pour le patient d’utiliser normalement les articulations malades, ce qui est à l’origine d’un handicap dont la sévérité sera variable en fonction de l’importance de l’inflammation, du siège et du nombre des articulations atteintes.

A propos de l’AMP

L’Association Marocaine de lutte contre le Polyarthrite Rhumatoïde (AMP) est une association de patients créée en mai 2007. Elle a pour vocation de fournir aux personnes atteintes d’une polyarthrite rhumatoïde et à leur famille, une information claire sur la pathologie, sa prise en charge et ses nouveaux traitements afin de permettre aux malades une meilleure qualité de vie. Composée de malades et de membres de leur famille, de médecins et de biologistes, l’association propose également de l’aide financière ainsi qu’un soutien psychologique. Depuis sa création, l’AMP réclame une prise en charge optimale de cette pathologie lourde classifiée en tant qu’Affections de Longue Durée.

A propos de “l’Union Arabe contre la Polyarthrite Rhumatoïde” C’était en marge des activités de la célébration de la Journée mondiale de l’arthrite 2010, initiées par l’association égyptienne « Friends of Rheumatoid Arthritis & Autoimmune Arthropathy » et auxquelles l’AMP a participé que « l’Union Arabe contre la Polyarthrite Rhumatoïde » a vu le jour. Cet espace d’échanges entre les pays membres, le Maroc, l’Algérie, la Jordanie, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte, vise à mobiliser de façon décisive les compétences et la créativité des acteurs impliqués dans ce domaine. Outre la promotion des moyens d’information, de diagnostic et de traitement, l’union s’est fixée comme objectifs de faire progresser la recherche, de favoriser la participation active des patients et, in fine, d’améliorer la qualité de vie des malades. La formation initiale et continue des professionnels de la santé est un des volets clés de la convention de création. « Une telle initiative se veut également un espace d’échanges d’expériences et de connaissances au niveau international afin de mettre en place les assises d’une stratégie de lutte globale commune contre ce mal qui altère considérablement la qualité de vie des personnes qui en souffrent », a affirmé à cette occasion la présidente de l’AMP, Madame Laïla Najdi.