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Pesticides utilisés en Agriculture et impacts sur la santé Humaine

Auteur : Abdelmalek BOUTALEB JOUTEI

 

Au Maroc, la protection des cultures (fruits, légumes, céréales, légumineuses, etc.) contre les ravageurs (insectes, acariens, autres arthropodes) et maladies (champignons, bactéries, virus, etc.) se fait principalement par des produits chimiques appelés produits phytosanitaires (insecticides, fongicides, herbicides, etc.).

Ces pesticides sont très mal utilisés dans la majorité des cas : utilisation le plus souvent de produits très toxiques, aucun respect des doses d’emplois (surdosage), réalisation de plusieurs applications chimiques au cours du cycle de la culture, non respect du délai avant récolte, et par conséquent, une pollution accrue des différentes composantes de l’environnement (nappe phréatique, sol, air, etc.) mais surtout des quantités énormes de résidus de pesticides dans les fruits et légumes (dépassement des limites maximales de résidus), d’où des risques accrues pour la santé du consommateur marocain.

Vu l’importance de la thématique au niveau national, l’association WEDFOCUS œuvrant dans le domaine de la protection de l’environnement, a organisé le 25 Novembre 2008 à l’Institut des Techniciens Spécialisés en Horticulture de Meknès, un séminaire sur le thème “Les Pesticides utilisés en Agriculture et les Impacts sur la Santé Humaine”.

Organisé par des experts nationaux, le séminaire a été l’occasion pour les différents participants (Enseignants-chercheurs, chercheurs de l’INRA, représentants de la Direction de la Protection des Végétaux des Contrôles Techniques et de la Répression des Fraudes, consultants experts en agriculture, représentants des DPA, enseignants dans le domaine agricole, professionnels du secteur, journalistes, associations, agriculteurs, étudiants et d’autres acteurs de la société civile) de débattre du problème de l’utilisation non raisonnée des pesticides en agriculture au Maroc et les risques pour la santé du consommateur marocain.

Après la session des conférences, un long débat a été engagé entre les différents participants et des recommandations ont été proposées :

–  Mise en place de mesures d’interdiction des matières actives de pesticides encore utilisés à l’échelle nationale et qui sont classés très dangereux pour la santé humaine. Ces pesticides sont interdits en Europe.

–  Contrôle et inspection des vendeurs, des revendeurs des pesticides et des lieux de vente par les autorités compétentes.

–  Mise en place au niveau national d’une structure étatique chargée de faire des analyses des résidus des pesticides dans tous les produits agricoles (fruits, légumes, autres denrées alimentaires) destinés pour le marché local.

–  Information des utilisateurs (Agriculteurs, autres applicateurs, etc.) et des consommateurs des matières actives dangereuses interdites d’homologation et qui sont encore listées jusqu’à nos jours sur la liste des pesticides utilisés au Maroc.

–  Information et sensibilisation (TV, presse écrite, chaîne spéciale agriculture, etc.) des sociétés phytosanitaires, des agriculteurs des consommateurs sur les matières actives dangereuses pour la santé humaine et pour l’environnement.

–  Nécessité de formation des utilisateurs (Agriculteurs surtout) en focalisant sur la sécurité sanitaire et sur la nécessité du port de l’équipement de protection individuelle (combinaison complète y compris gants, masque et bottes) au moment de l’application des pesticides. Ces utilisateurs sont les premières personnes à risque (ingestion, inhalation, pénétration cutanée) pour les maladies aigües et chroniques causés par ces produits chimiques.

–  Nécessite de l’accompagnement de l’état dans les différentes actions de formation, de sensibilisation et d’information des utilisateurs (Agriculteurs, etc.) sur les problèmes d’application des pesticides (réglage matériel de traitement, etc.), les bonnes pratiques phytosanitaires, les méthodes de lutte alternatives respectueuses de l’environnement).

–  Mise en place en partenariat avec les associations professionnelles d’un guide de bonnes pratiques (GBP) au niveau national, pour une application volontaire, qui serait validé par les services compétents dans le domaine, et ceci pour une éventuelle responsabilisation des professionnels du secteur de l’agriculture, et par la suite un système de traçabilité et de labellisation de toute production respectant ce guide de bonnes pratiques agricoles et par conséquent, la mise sur le marché de produits agricoles respectant les normes de sécurité sanitaire des aliments.

–  Encouragements des agriculteurs quant à l’utilisation des méthodes de protection des cultures respectueuses de la santé humaine et des autres composantes de l’environnement.