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Personnes handicapées : une intégration inachevée

 

Les efforts d’intégration des personnes handicapées laissent partout un sentiment d’inachevé. Ne jouissant pas pleinement de leurs droits socio-économiques, culturels et politiques, elles n’ont d’autre revendication qu’une pleine participation à tous les aspects de la vie en société.

Bien qu’elle ait été quelque peu propulsée au devant de la scène au cours des dernières années, à la faveur de campagnes d’information et de sensibilisation, cette frange de la société reste majoritairement touchée par le chômage et la pauvreté et son accès aux services sociaux largement limité.

Contactés par la MAP à l’occasion de la Journée internationale des handicapés, des acteurs associatifs considèrent que le soutien de la personne handicapée pour une auto-prise en charge « constitue la politique idoine pour favoriser son intégration socio-professionnelle ».

Ils estiment que cette journée, célébrée le 3 décembre de chaque année, constitue l’occasion de souligner que l’intégration inachevée de cette catégorie sociale “prive la société des contributions précieuses qu’elle peut apporter”.

Au Maroc, la prise de conscience de l’impératif d’ouvrer à l’insertion socio-professionnelle de l’handicapé demeure “relativement récente”, confie à la MAP le président de l’Association marocaine des handicapés mentaux (AMHM), M. Najib Ammour.

L’action des divers acteurs concernés a connu un nouvel élan et pris des dimensions nouvelles aussi bien au plan des objectifs que de celui des mécanismes, notamment après l’Intronisation de SM le Roi Mohammed VI, a souligné M. Ammour, qui déplore toutefois le “vide législatif” constaté en la matière.

Au-delà des efforts déployés sur le terrain, « un grand retard est à rattraper sur le plan législatif”, explique le président de l’AMHM, qui préconise l’adoption d’une politique de quotas destinée à éliminer les pratiques discriminatoires contre les handicapés, surtout en milieu de travail.

Constatant, non sans regret, que l’action de promotion de cette catégorie sociale « semble devenir un simple effet de mode », il estime que la sensibilisation aux questions des personnes handicapées « doit impérativement s’inscrire dans la continuité ».

Il insiste également sur l’accompagnement de la personne handicapée pour se prendre lui-même en charge, « en l’aidant à assumer sa part de responsabilité » face aux exigences d’intégration.

M. Ammour recommande à cet égard la mise en place de passages, de téléphones, de transports en commun et d’ascenseurs destinés pour cette frange de la société et adaptés à leurs besoins. Il est vital, selon lui, d’impliquer la personne handicapée dans un “projet de vie”, condition sine qua non pour réaliser son autonomie professionnelle.

M. Mohamed Jaouhari, président de l’association « Al-Irada », une structure active dans le domaine de défense des droits de l’handicapé, souligne pour sa part que des efforts colossaux ont été consentis pour sensibiliser l’opinion publique à la situation des handicapés, estimant toutefois que « beaucoup reste encore à faire ».

Dans ce cadre, il faut attirer l’attention sur l’état de cette catégorie particulièrement vulnérable de la société, tout en accordant davantage d’intérêt à l’enfant handicapé, propose-t-il.

« Il est une évidence aujourd’hui que la marginalisation, voire la mise à l’écart, des personnes handicapées a pour conséquence de priver les sociétés d’une participation non négligeable à l’effort d’édification de la société », note-t-il.

Au plan international, les handicapés sont « dans leur grande majorité pauvres et davantage touchés par le chômage et connaissent un taux de mortalité supérieur à la moyenne », comme l’affirme le secrétaire général de l’ONU, M.Kofi Annan.

Dans son message à l’occasion de la Journée internationale des handicapés, M. Annan regrette que les handicapés « ne jouissent pas complètement de leurs droits civils, politiques, sociaux, culturels et économiques et, très longtemps, leurs droits ont été négligés ».

Il faut reconnaître cependant que « les choses commencent à changer récemment, à mesure que progressaient les efforts entrepris un peu partout dans le monde en vue de garantir que les handicapés puissent participer au développement et en bénéficier », relève-t-il.

Selon le secrétaire général de l’ONU, « pour qu’il y ait participation égale, il faut non seulement lever les obstacles d’ordre environnemental, social et juridique qui marginalisent les handicapés, mais il faut aussi faire en sorte que ceux-ci puissent avoir le même accès que tout un chacun à l’emploi, à l’éducation, aux services de santé, à l’information ainsi qu’à d’autres prestations ».

 

MAP