Accueil / Non classé / Micro-crédit et Développement Humain

Micro-crédit et Développement Humain

Auteur : Douiri

Précurseur en la matière, Muhammad Yunus est le « père » du micro- crédit. Sa devise : ” Les pauvres sont souvent plus dignes de crédit que les riches car ils tiennent à rembourser leurs dettes. Et le droit au crédit pour tous doit être reconnu comme un droit fondamental de l’homme.”

Né en 1940 à Chittagong, Muhammad Yunus a été éduqué dans sa ville natale, il a fait des études supérieures aux Etats-Unis et obtient un doctorat à l’université Vanderbilt (Tennessee). En 1972, il prend la tête du département de l’Economie à l’université de Chittagong. En 1976, il crée ce qui deviendra par la suite la Grameen Bank.

la Grameen Bank (grameen = village), a pour vocation d’accorder des crédits à ceux qui sont habituellement exclus du système bancaire, c’est-à-dire les plus pauvres jusque-là dépendants des usuriers. Son fondateur était parti du principe qu’une somme minime d’argent, par exemple le montant nécessaire à l’achat d’une machine à coudre servant à confectionner des chemises à vendre est souvent suffisant pour démarrer ou développer une activité, particulièrement dans les campagnes.

la Grameen- Bank,possède 1 393 succursales dans plus de 50 000 villages à travers le pays. Son Capital appartient à 94 % aux emprunteurs pauvres. Les emprunteurs, au nombre de 4,21 millions dont en grande partie de femmes (96 %.) Depuis sa création, elle a déboursé 4,69 milliards de dollars de prêts, avec un taux de remboursement moyen de 98,91 %. Sur un an (mars 2004-février 2005), la Gramen- Banks a prêté plus de 454 millions de dollars pour des activités diversifiées qui vont de l’aide au logement aux bourses d’étude en passant par des microprojets dans les télécommunications, les nouvelles technologies, les textiles et les vêtements ou les pêcheries. Sans oublier un programme pour les membres vivant dans la précarité comme les mendiants ou un système d’assurance-vie et de pensions de retraite pour ceux qui n’ont presque rien. Tout cela sans exiger de garanties pour les micro- crédits qui sont accordés sans même demander la signature des emprunteurs en bas d’un document juridique. La seule exigence est que l’emprunteur appartienne à un groupe de cinq personnes qui se surveillent mutuellement pour que chacun respecte ses engagements, sans être pour autant collectivement responsables du remboursement. Les groupes sont assistés par les équipes de la Grameen Bank qui organisent des réunions hebdomadaires d’information et de conseil, encouragent la constitution d’une épargne et donnent des conseils sur l’hygiène, la santé, l’éducation et la contraception.

Le modèle de la Grameen Bank est en train de s’étendre dans d’autres Pays en Développement, Au Maroc, depuis les années quatre vingt dix, les ONG de micro -crédit ont connu un essor considérable. Sur les mêmes procédures, financées par des institutions internationales, elles empruntent de petites sommes à des groupes solidaires leur permettant une indépendance financière qui leur épargne les contraintes de la pauvreté et leur permet une expérience professionnelle et citoyenne. Aujourd’hui, le secteur du micro crédit est encadré par une loi régissant l’exercice de la profession et soumettant les divers opérateurs à des audits réguliers et des rating internationaux, ce qui conforte la confiance des bailleurs de fonds internationaux. Dahir n° 1-99-16 du 18 Chaoual 1419 (5 février 1999) Loi N° 18-97 Relative au Micro -crédit. (Bulletin Officiel : n° 4678 – 14 Hija 1419 (1er avril 1999).

 

M. Douiri.