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Mettre fin aux violations des droits de l’homme dont sont victimes les personnes souffrant de troubles mentaux

 

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) consacre cette année la Journée internationale des droits de l’homme célébrée le 10 décembre aux personnes atteintes de troubles mentaux et aux trop fréquentes violations de leurs droits fondamentaux. Ces personnes sont en effet victimes d’un éventail alarmant d’abus dans les pays du monde entier alors qu’il existe des moyens permettant d’améliorer la situation de façon spectaculaire qui ont déjà fait leurs preuves.

L’incompréhension et la stigmatisation qui entourent les problèmes de santé mentale sont généralisées. Alors qu’il existe des traitements efficaces contre les troubles mentaux, on croit souvent que ceux qui en souffrent ne peuvent être soignés, sont difficiles ou incapables de prendre des décisions ou encore manquent d’intelligence. Cette stigmatisation peut conduire à des abus, à un rejet et à un isolement et exclure ces gens des soins de santé ou du réconfort dont ils ont besoin. Dans le cadre du système de santé, on les soigne trop souvent dans des institutions qui ressemblent davantage à des entrepôts qu’à des établissements de soins.

Comme l’a rappelé le Directeur général de l’OMS, le Dr Lee Jong-wook, « Les violations des droits de l’homme sont encore bien trop nombreuses dans le cas des personnes atteintes de troubles mentaux. Pourtant aussi bien les responsables de la santé que ceux des droits de l’homme négligent ces problèmes qui passent ainsi entre les mailles du filet. Or nous disposons de solutions pour inverser la tendance, dans les pays pauvres comme dans les pays riches. J’invite donc instamment les pays, les organisations internationales, les milieux universitaires, le secteur des soins de santé, le secteur juridique et d’autres à examiner de près la situation des personnes atteintes de troubles mentaux et à prendre des mesures pour promouvoir et protéger leurs droits. »

Pour marquer la Journée internationale des droits de l’homme, l’OMS veut attirer l’attention de l’opinion sur les problèmes et les solutions dans un nouveau reportage photo intitulé « Les laissés-pour-compte : Santé mentale et droits de l’homme » qui met l’accent sur certaines de ces violations et fournit des exemples montrant qu’il est possible d’y mettre un terme et qu’il le faut.

Plus de 450 millions de personnes dans le monde sont atteintes de problèmes mentaux, neurologiques ou comportementaux. Or la majorité d’entre elles ne bénéficient pas d’une protection de leurs droits ni de traitements ou de soins de santé mentale appropriés en raison de la faible priorité accordée à la santé mentale. Ainsi, par exemple, 64 % des pays n’ont aucune législation sur la santé mentale ou ne disposent que d’une législation dépassée. Une grande partie des lois sur la santé mentale en vigueur ne protègent pas les droits des personnes souffrant de troubles mentaux ; 30 % des pays n’ont pas de budget distinct consacré à la santé mentale et parmi les autres 20 % consacrent moins de 1 % de leur budget total de la santé à la santé mentale.

On constate cependant que de plus en plus de pays sont en train de moderniser leurs politiques, leurs services et leurs lois dans le domaine de la santé mentale. Les autorités sanitaires d’une trentaine de pays ont récemment adhéré au nouveau projet de l’OMS Politique de santé mentale (MHPP) : Répondre aux besoins, améliorer les services . Ce projet contient des lignes directrices à l’intention des pays, et notamment un guide des politiques et services de santé mentale ainsi qu’un ouvrage de référence sur la santé mentale, les droits de l’homme et la législation ; des moyens de formation et un appui sont également fournis afin d’améliorer l’accès à des soins de haute qualité dans la communauté, de mettre fin à un traitement cruel et aux abus, d’éliminer la stigmatisation et la discrimination, de promouvoir et de protéger les droits de l’homme et en fin de compte d’améliorer la vie des personnes atteintes de troubles mentaux.

Ainsi que l’a souligné le Dr Michelle Funk, Coordonnateur, Politique de santé mentale et développement des services à l’OMS. « On a assisté à un engagement croissant en faveur des droits de l’homme dans certains de ces efforts de réforme politique et juridique. Mais il reste encore beaucoup à faire et nous devons continuer à tout mettre en oeuvre pour que cessent les violations des droits de l’homme, la discrimination et la stigmatisation. » Le reportage photo « Les laissés-pour-compte : Santé mentale et droits de l‘homme » et les activités de l’OMS dans le domaine de la santé mentale et des droits de l’homme sont entreprises avec l’appui du Réseau universitaire international de Genève (RUIG) et de la Direction suisse de la coopération au développement, ainsi qu’avec la collaboration de l’Université de Genève.

 

Source : www.who.int