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Ménager la couche d’ozone – Se protéger du soleil

 

A l’approche de la journée internationale pour la protection de la couche d’ozone 2005 qui aura lieu le 16 septembre 2005 sous le thème « Ménager la couche d’ozone – Se protéger du soleil », l’Agence Spatiale Européenne affirme d’après les observations du satellite Envisat que le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique a connu une augmentation exponentielle pour atteindre 10 millions de kilomètres carrés à la mi-août, soit la superficie de l’Europe.

L’agence spatiale européenne indique que le trou de cette année est très important pour cette époque, seuls les trous de 1996 et 2000 ont été aussi importants à ce point de leur développement. Le trou d’ozone, qui est influencé à la fois par les conditions atmosphériques et par la pollution, atteint souvent sa dimension maximale vers la mi-septembre et parfois la fin septembre.

La couche d’ozone est la partie de l’atmosphère située entre vingt et cinquante kilomètres d’altitude. Dans cette couche, la concentration en ozone est de l’ordre de dix parties par million. Si une telle concentration au niveau du sol serait dangereuse pour l’homme, la couche d’ozone protège la vie sur Terre en ne laissant parvenir qu’une partie des rayons ultraviolets émis par le Soleil ; ultraviolets responsables de cancers et d’affaiblissements des systèmes immunitaires.

Parvenues dans la stratosphère, les molécules de ces composés chlorés( gazes halogénés des réfrigirateurs, climatiseurs pesticides agricoles…) sont cassées par le rayonnement solaire et libèrent des composés chlorés qui, par le jeu de réactions catalytiques, vont détruire les molécules d’ozone.

À cela s’ajoute un autre effet : les CFC (chlorofluorocarbones) présents dans la stratosphère en 1997 sont ceux qui ont été produits entre 1977 et 1982, ce qui ne représente que 40 % de ce qui a été produit jusqu’à ce jour.

Les 60 % restants sont encore en train de se mélanger et de monter. Il y a donc un retard et, les effets des CFC produits ces dernières années se feront encore sentir dans 50 ans. Ainsi, la quantité de chlore naturellement présente dans la stratosphère est d’environ 0,6 milliardième, alors qu’aujourd’hui la proportion totale de chlore atteint 3,5 milliardièmes. Elle a été multipliée par 5 en 20 ans, ce qui a entraîné une rupture de l’équilibre dynamique.

En hiver, la destruction d’ozone est nulle. Au printemps, elle est très importante car il y a déjà des UV, beaucoup de cristaux de glace dans la stratosphère et parce que la circulation atmosphérique, le vortex polaire autour de l’Antarctique, empêche l’ozone détruit de se remplacer.

Dès la fin du printemps, l’amincissement est moins important parce que la quantité de cristaux de glace diminue, et aussi parce que la circulation atmosphérique change : il y a alors mélange entre l’air antarctique et l’air venu de nord qui amène de l’ozone.

Le printemps arctique connais la plus importante augmentation de la surface du trou d’ozone. Les rayons du soleil printanier interagissent avec les composés halogénés qui se sont concentrés dans les nuages stratosphériques pendant l’hiver froid et nuageux. La taille du trou de la couche d’ozone varie donc d’une année sur l’autre en fonction des émissions polluantes, mais aussi des déplacements de masses d’air porteuses composés halogénés.

Avec ses dix instruments, le satellite Envisat de l’ESA lancé en février 2002, est le plus gros satellite de surveillance de l’environnement au monde. Son spectromètre d’absorption avec imageur à balayage pour la cartographie atmosphérique cartographie l’air sur une très large plage de longueurs d’ondes, permet la détection des gaz rares, de l’ozone et des gaz connexes, ainsi que des nuages et des particules de poussière à travers toute l’atmosphère. Il fonctionne par mesure du rayonnement solaire, transmis, réfléchi et diffusé par l’atmosphère ou la surface terrestre sur les plages de longueur d’onde de l’ultraviolet, du visible et du proche infrarouge. Les résultats sont alors filtrés pour trouver les « empreintes » d’absorption spectrale des gaz à l’état de trace dans l’air.

Le satellite étudie le trou d’ozone au plan de la taille et de la durée, afin de jeter les bases d’un système de prévision dans le cadre d’un protocole de surveillance baptisé Promote, qui regroupe 30 partenaires de 11 pays.

Le service Promote stipule que les résultats obtenus par le satellite sont combinés aux données terrestres (météo et vents) et sont utilisés par l’organisation mondiale de Méteorologie (OMM) pour établir et actualiser son Bulletin Ozone de l’Antarctique.

En 1985 la Convention de Vienne a établi des mécanismes pour la coopération internationale dans le cadre de la recherche sur la couche d’ozone et sur les effets des substances ODC (ozone-depleting chemicals). C’est aussi l’année de la découverte du Trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique. Sur la base de la Convention de Vienne, le Protocole de Montréal (relatif aux substances qui appauvrissent la couche d’ozone) a été négocié et ratifié par 24 pays et la Communauté Economique Européenne en septembre 1987. Il implique notamment que les signataires suppriment les Chlorofluocarbure (CFC), les halons et de tout autre ODC synthétique des produits manufacturés ou importés. Le non-respect du Protocole est accompagné de pénalités importantes. Il a été complété par les accords de Londres en 1990, de Copenhague en 1992 et de Beijing en 1999.

En 1994, l’Assemblée générale a proclamé le 16 septembre, date anniversaire de la signature, en 1987, du Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone, Journée internationale de la protection de la couche d’ozone (résolution 49/114 du 19 décembre). Les États ont été invités à consacrer cette journée spéciale à l’encouragement d’activités concrètes conformes aux objectifs du Protocole de Montréal et de ses amendements.

voir aussi : La journée internationale pour la protection de la couche d’ozone 2005

Sources : 

www.esa.int 

www.unep.org