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Maroc : Les défis actuels

 

L’un des plus grands défis du Maroc est le taux élevé de la pauvreté. Bien que la pauvreté ait régressé – de 19% à 15 % entre 1999 et 2004 pour une population de 30 millions – elle reste importante. Par ailleurs, elle est fragile, sensible à la volatilité de la croissance économique liée au secteur agricole. On note en effet que la régression de la pauvreté est le résultat de bonnes performances dans le secteur agricole sur la période 2001-2004, alors que la hausse de la pauvreté dans les années 1990 (de 13% en 1991 à 19% en 1999) était le résultat d’une faible production économique due à la sécheresse. La pauvreté est donc tributaire de la sécheresse, avec les faibles taux de croissance qui s’ensuivent.

La pauvreté reste un phénomène typiquement rural, avec plus de 25 % de la population rurale vivant en dessous du seuil de pauvreté contre 12% dans les zones urbaines. La pauvreté se fait aussi plus cruellement sentir dans les zones rurales et a considérablement augmenté depuis 1991.

Malgré les importantes ressources investies dans le domaine de l’éducation (6% du PIB), la qualité de l’enseignement reste médiocre et il n’est pas accessible à tous. Certes, l’analphabétisme recule lentement, mais le pourcentage élevé, 40% d’analphabètes, reste alarmant et parmi les plus élevés du MENA et des pays à faibles revenus. De même, malgré l’augmentation du taux des inscriptions, 2, 5 millions d’enfants ne sont toujours pas scolarisés, en particulier les filles en zones rurales. La qualité pose aussi un problème, comme en attestent les mauvais chiffres de fréquentation : 25% des élèves quittent l’école avant la 7e et 10% seulement arrivent en 1ère. Les étudiants, quant à eux, mettent en moyenne 8 ans pour compléter un cursus de 4 ans et trouvent par trop souvent que leurs qualifications ne sont pas adaptées à la demande du marché.

Le système de santé, lui aussi, est à la traîne de la plupart des pays de la région. Bien que l’espérance de vie soit passée à 70 ans et que les vaccinations soient plus répandues, de nombreux indicateurs, notamment en matière de mortalité infantile et maternelle, restent inquiétants. Par ailleurs, en zone rurale, l’accès aux soins est limité et la qualité des services médiocre. Les carences dans le secteur santé sont encore aggravées par un des plus faibles taux de couverture médicale de la région, celle-ci ne touchant en effet que 15% de la population. La récente décision d’étendre la couverture médicale, y compris aux pauvres et à la population à faibles revenus, devrait améliorer de façon sensible les indicateurs de couverture dans ce domaine.

Malgré les efforts faits pour améliorer le statut et la condition des femmes, les indicateurs de genre sont loin de refléter la parité. Les disparités sont particulièrement fortes en zones rurales où 75% des femmes sont analphabètes et où seulement 78,6% des filles sont scolarisées dans le primaire. Dans les zones urbaines, les résultats sont meilleurs, avec un taux de 23% de femmes analphabètes et 94,4% de scolarisation. Des progrès ont été accomplis dans la composition de la main-d’œuvre qui compte 35% de femmes (chiffre supérieur aux 28% du MENA).

L’approvisionnement en eau par habitant sera diminué de moitié d’ici 2020 si sa consommation se poursuit à la cadence actuelle et si la croissance de la population se maintient au rythme actuel de 1,2%. Cette tendance alarmiste reflète une absence de stratégie nationale efficace. Le secteur agricole est en partie responsable de cette situation précaire, avec ses restrictions commerciales, ses exonérations d’impôts, ses systèmes de subventions et de soutien des prix. Ces mesures ont abouti à une distribution inefficace des maigres ressources en eau-l’irrigation utilise actuellement 92% de toutes les réserves en eau du pays, le reste allant à la consommation des ménages et à l’industrie. La fréquence des sécheresses vient s’ajouter aux pénuries d’eau. Une nouvelle approche nationale de la gestion des eaux s’impose et qui prenne en compte la redistribution des eaux, une politique de prix corrects et un redressement des coûts qui garantissent la durabilité.

Depuis 2001, le Maroc connaît une plus forte croissance économique (4,8% en moyenne), en partie imputable à des conditions climatiques favorables et à une légère reprise du secteur industriel. Ceci s’est traduit par la création d’emplois, en particulier dans les zones urbaines où le chômage est tombé de 22% en 1999 à 18,4% en 2004. Toutefois, pour réduire le taux de chômage dans les années à venir, l’économie devra maintenir un taux de croissance annuelle de l’ordre de 6%.

Source : www.web.worldbank.org

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