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Loi 19-12, les parlementaires insensibles au travail des enfants

Le très controversé projet de loi sur le travail domestique a été validé par la Commission des Affaires Sociales de la Chambre des Représentants. Après examen des amendements des groupes parlementaires, la Commission l’a adopté après la séance du vote. 16 voix se sont prononcées pour ce projet, et deux seulement ont émis un avis défavorable.

Décrié par la société civile et les défenseurs des droits humains, et également critiqué par le CNDH, le CESE, l’UNICEF… le projet de loi comporte dans son article 6 une clause qui autorise le travail domestique à partir de 16 ans. Un dispositif qui va à l’encontre des droits universels et des droits de l’Enfant. Ladite loi, si elle venait à être votée, autoriserait, selon de nombreuses ONG, l’exploitation de mineurs. D’où la sonnette d’alerte tirée par le Collectif pour l’éradication du travail des « Petites bonnes ». Composé d’une cinquantaine d’associations, ce collectif, qui est en contact permanent avec «des anciennes petites bonnes» et qui travaille en étroite collaboration avec des associations de pédiatres et de psychiatres, connaît parfaitement les effets du travail des enfants.

Maltraitance physique, carences alimentaires, manque de sommeil, manque de repos, abus sexuel, avortements multiples, dépressions, névrose, addiction, tentative de suicide… sont autant de conséquences qui peuvent affecter ces enfants, devenues entre-temps de jeunes adultes. Mais des adultes «bourrées» de problèmes. Les mères célibataires, les enfants de rue, le vagabondage… illustrent parfaitement la problématique de l’emploi de jeunes filles. Ces dernières, vulnérables de par leur bas âge, leur manque de savoir et de connaissance, et leur manque d’amour (étant loin de leurs familles), sont exploitées physiquement, sexuellement et économiquement par leurs employeurs.

L’UNICEF, au même titre que les ONG, avait sommé au mois de février dernier le Maroc de relever l’âge minimum du travail domestique à 18 ans. Mais, il semble que les parlementaires n’ont pas été sensibles à cette question. Le Maroc compte 123 000 enfants actifs, dont 60 à 80 000 petites bonnes. On serait ainsi passés, selon les chiffres du HCP, de 517 000 enfants actifs en 1999 à 123 000 en 2011. Une baisse à mettre au crédit des campagnes de sensibilisation des ONG, ainsi qu’aux efforts déployés par le gouvernement pour la scolarisation des enfants. Or, cette loi signifierait que le Maroc balaie d’une main toutes les conventions internationales sur les droits de l’Enfant.

La place normale d’un enfant est sur le banc de l’école. Et à défaut, des centres de formation professionnelle devraient pouvoir prendre le relais. Aucun enfant ne devrait travailler avant 18 ans, âge légal pour avoir une carte d’identité nationale. L’intérêt d’une législation qui régule le droit du travail domestique est indéniable, mais elle ne doit aucunement intégrer des enfants. La loi 19-12 devrait, en principe, réglementer le travail domestique des adultes et en en aucun cas évoquer le travail des enfants. Car cela reviendrait à dire qu’on le cautionne… Encore une contradiction.

Source : lnt.ma

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