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L’industrie des loisirs est le vecteur du développement de l’économie africaine

 

Les effets pervers du tourisme
Tourisme et gastronomie
Dix ingrédients essentiels
Le tourisme interne à un pays
Les atouts et potentialités des villes du Maroc
La politique du tourisme au Maroc

Par : Chakor Salah

Par Salah Chakor, écrivain et consultant en tourisme ITHT Ouarzazate.

Le tourisme est la branche socio-économique la plus complète au monde

Cette industrie des loisirs touche, en fait, à toutes les activités que l’humanité peut exercer, en allant de la vente des souvenirs à la commercialisation de l’artisanat. Cela concerne aussi la restauration, l’hébergement, le transport, l’accompagnement, l’animation, la médecine, l’écologie, la vie rurale, le sport sous toutes ses formes, l’industrie sous toutes ses formes, les différents commerces, la culture, les us, les civilisations, la formation, les sciences, etc. Donc tout ce qui peut intéresser le touriste pendant son séjour.

Ainsi le tourisme est-il le meilleur vecteur du développement de l’économie nationale, régionale et/ou interrégionale, car chacun y trouve sa place, son activité, et son gagne pain. 
Le tourisme favorise la création de petites et moyennes entreprises, permet en l’occurrence le développement des régions touristiques et favorise la promotion de celles ignorées par des investissements dans des entreprises de services à la clientèle. C’est également le meilleur moyen pour créer de l’emploi et pour stabiliser les citoyens dans leur contrées en les incitant à développer le tourisme de niche.

Cette industrie du tourisme traverse, cependant, une période cruciale, existante et révolutionnée. C’est une période de transition, où cette activité de l’économie mondiale est passée à la troisième vitesse. Cette grande mouvance internationale est motivée par l’accroissement rapide et sans cesse des nouvelles technologies de l’information et de la communication qui a réduit les distances entre les pays et a fait du monde un simple village planétaire où tous les citoyens se croisent et se côtoient.

De ce fait, les pays de grand tourisme doivent faire état de vigilance et de veille pour garantir la qualité de l’accueil et des prestations. Les pays encore vierges, particulièrement ceux de l’Afrique Centrale et Subsaharienne, qui renferment un trésor de cultures, de la faune, de la flore, etc., offrent une grande opportunité de tourisme de dépaysement auquel aspirent les touristes de pays occidentaux, assoiffés par l’aventure à cause du stress industriel.

Ces pays, dotés de potentialités et atouts touristiques non encore exploités, doivent profiter de cette mouvance internationale au niveau de l’économie des loisirs. Ceci est possible par l’encouragement de l’investissement local et étranger, pour l’aménagement des espaces de loisirs et d’accueil, en y introduisant une infrastructure de base à même de fournir un minimum de confort aux visiteurs cosmopolites.

Au Maroc, porte de l’Afrique et passerelle obligatoire vers l’Europe, on a franchi de grandes étapes dans ce domaine. Ce pays de l’Afrique du Nord peut servir d’exemple à ses voisins de la région et pourquoi pas de tout le continent pour développer leur tourisme. Une coopération très étroite dans ce sens est nécessaire pour fédérer les efforts dans le but de fonder une économie solidaire. Le tourisme est donc le seul moyen capable de créer cet esprit, comme l’a signalé le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Kofi Annan, dans son message adressé au Forum Mondial du Tourisme au Brésil « destination 2004 » : « le tourisme est devenu le plus gros secteur économique du monde et un phénomène central de la vie de nombreuses personnes. Comme il embrasse un éventail de plus en plus large de prestations et d’activités, on ne peut pas l’envisager isolément, en dehors du programme mondial des Nations Unies » « en fait, ajout-il, le tourisme international est un des rares moyens grâce auxquels les pays les moins avancés parviennent à accroître leur participation à l’économie mondiale. Le tourisme est la première recette en devises. »

Le tourisme est donc une activité capable de créer des économies génératrices de millions de possibilités d’emplois et de revenus dans les pays en développement. Le tourisme durable représente une industrie de loisirs susceptible de changer le destin des individus, des communautés, des régions et des pays.

Les effets pervers du tourisme

Le tourisme est une activité qu’il faut gérer avec prudence pour éviter toute une série d’effets négatifs et nuisibles, qui deviennent trop visibles dans beaucoup de destinations, où l’on porte, malheureusement, atteinte aux droits de l’Homme et préjudice à la nature. Ces effets nuisibles et négatifs, plus remarqués dans ces destinations de choix, peuvent, notamment, se résumer en : la destruction du patrimoine naturel sur lequel empiète la surface bâtie, la demande grandissante d’eau et d’énergie dont les ressources sont limitées, la dégradation d’espace à l’écosystème fragile à cause d’un aménagement déraisonnable, les menaces pesant sur les cultures indigènes, l’exploitation sexuelle organisée et, ce qui est le plus tragique de tout, le tourisme pédophile, dont des millions d’enfants sont victimes chaque année.

Le tourisme présente, évidemment, des inconvénients comme toute chose dans la vie, car, comme ont dit, on ne peut pas cueillir de roses sans être piqué, et les épines du tourisme sont les mauvais comportements que des personnes dénuées de civisme peuvent engendrer. Une vigilance et une attention particulière s’imposent pour prévenir toutes ces choses négatives.

Tourisme et gastronomie

La gastronomie est très liée au tourisme, à la culture, à la civilisation et au patrimoine de l’humanité. Pour moi ces quatre éléments sont liés par le fait que voyager signifie découvertes, recherches, appréciation des bonnes choses, dégustations des bonnes préparations. A mon sens un touriste qui voyage en dehors de son pays d’origine aime toujours découvrir les spécialités culinaires de sa destination. La gastronomie, étant une culture séculaire des nations, doit refléter un savoir-faire artistique et une variété culinaire qui fait ressortir la richesse de ces nations.

La bonne cuisine est donc une des conditions sine qua non pour la réussite du séjour d’un touriste. Elle incite les gens à sauvegarder leurs savoirs qui ne sont autres que le patrimoine de leurs ancêtres. Enfin la gastronomie est le symbole de la tradition agricole des nations ; c’est ce qui met en valeur leur culture du terroir.

Dix ingrédients essentiels

Les ingrédients nécessaires pour instaurer l’industrie du tourisme dans une région ou dans un pays, se résument, à mon sens, en 10 points essentiels :

Premièrement, pour qu’un tourisme devienne une locomotive de l’économie d’une nation, il est d’abord nécessaire que les citoyens en soient conscients et convaincus, et fassent preuve d’un bon comportement, car de cela dépend la réussite de toute activité.

En second lieu, les gouvernements sont tenus de tracer une stratégie cohérente, basée sur des études de faisabilité, et un plan d’action clair des projets à réaliser, dans le court, le moyen et le long terme.

En troisième étape, il est nécessaire de faire l’inventaire des sites et y implanter des infrastructures de base (réseau routier, réseau d’assainissement, eau potable, électricité, moyen de communication : téléphone, Internet…), et tenir compte de la protection de l’environnement et de l’écologie.

La 4ème étape consiste à chercher les investisseurs, locaux, régionaux, nationaux et internationaux, en leur facilitant les conditions d’implantation (Guichets unique pour toutes les formalités), et si c’est possible, leur accorder les terrains au prix symbolique, en guise d’encouragement.

La 5ème étape est celle relative au ciblage de la clientèle, pour y adapter les produits. Il faut tenir compte de la nécessité de varier ces produits pour atteindre un grand éventail de consommateurs internationaux.

La 6ème étape consiste à former la ressource humaine, qui doit se faire, obligatoirement, en parallèle avec les projets d’investissement, sinon tout sera compromis.

7ème étape : développer le transport sous toutes ses formes et fixer des tarifs abordables, et veiller à ce que les liaisons soient assurées, pour éviter les attentes exagérées dans les aéroports, les gares des trains et dans les gares routières.

8ème étape est celle liée au comportement des acteurs directs et indirects, notamment les vendeurs de souvenirs, les commerçants, les accompagnateurs, les animateurs, tous ceux-là doivent faire preuve d’un bon esprit de civisme et du savoir-vivre. Ils sont tenus de jouer le rôle des vrais ambassadeurs de leur pays et faire de la sorte à ce que les clients partent satisfaits.

En 9ème étape, il faut instaurer un organe de contrôle et de suivi des établissements, touristiques, hôteliers, de restauration, etc. 
Un contrôle rigoureux de la qualité des prestations est nécessaire.

Enfin, la dernière étape consiste à installer des organes de promotion, à l’intérieur, comme à l’extérieur du pays, pour faire connaître les destinations touristiques et afin de convaincre les touristes à venir découvrir ses potentialités.

Le tourisme interne à un pays

Le tourisme interne à un pays est situé, en fait, dans ce contexte international. Il n’a de valeur que par rapport à cette conjoncture mondiale qui le classe et en définit la qualité. Le tourisme interne d’un pays tire son importance de sa disposition à satisfaire, dans les mesures du possible, un consommateur cosmopolite.

Et si l’on veut, maintenant, prendre en considération les produits destinés à la consommation des touristes nationaux, ce créneau et encore mal développé dans nos pays africains. Nous ne sommes pas encore arrivés à vraiment mettre au point une gamme de services hôteliers, de restauration et touristiques répondant, convenablement, aux attentes de ces nationaux, de point de vue coût, adaptabilité aux habitudes, etc.

C’est vrai que nous concentrons tous nos efforts sur le touriste international, alors que si le tourisme interne est bien développé, à l’instar des pays occidentaux, il contribuerait à la création des économies de niche et donc au développement et à l’épanouissement des régions par la création d’emploi d’une manière durable. Le tourisme interne à un pays est le gage de la continuité de cette activité, car le tourisme international est fragile et volatile, sa durabilité n’est vraiment pas sûre dans le temps et dans l’espace. Mais une chose est rassurante, c’est que tous les citoyens du monde sont convaincus du fait que cette activité de loisirs est tributaire de l’instauration d’une culture de paix, chose qui est entrain de s’installer.

Au Maroc, le gouvernement a inauguré en 2004 l’opération « KOUNOUZ Bladi » (Trésors de mon pays), qui a donné ses fruits. Grâce à cette initiative, un grand nombre de nationaux sont partis en vacances et ont séjourné dans des établissements hôteliers. 
D’ailleurs, c’est grâce à cette nouvelle version que le Maroc est arrivé à 5 millions de touristes, à mi-chemin de 2010, date butoir pour en accueillir 10 millions, conformément à l’accord-cadre.

Les atouts et potentialités des villes du Maroc

, et notamment Marrakech attirent, un tourisme d’élite

Les atouts et potentialités des villes du Maroc, et notamment Marrakech attirent, un tourisme d’élite 
Terre des rencontres et des dialogues, le Maroc est devenu, sans doute, le haut lieu des congrès à l’international. 
Marrakech est maintenant la plaque tournante du pays dans le sens où la ville ocre abrite l’un des plus grands Palais des Congrès au monde, en plus de ces hôtels de haut de gamme. Ces potentialités et ses atouts de qualité la prédisposent à accueillir de grandes personnalités et des stars du monde entier. Par son art de l’accueil, son hospitalité, ses contrastes naturels, ses femmes et ses hommes accueillants, le Maroc est une destination de choix incontournable qui a ses amoureux. Le Sud du pays, avec ses paysages et les possibilités qu’il offre aux amateurs de l’évasion et de l’aventure, vient consolider le choix de cette destination d’ailleurs devenue terre de prédilection pour les producteurs du cinéma à l’international.

Ces activités de tourisme présentent beaucoup d’avantages pour les populations locales, car c’est un moteur de l’économie du pays. Puisqu’il est, comme signalé au début, le facteur du développement de l’économie nationale, le tourisme favorise l’épanouissement de la vie de nombreuses personnes par la création d’emplois, la dynamisation des économies régionales et locales. Le tourisme embrasse également un large éventail d’activités génératrices de revenus (artisanat, fabrication et vente d’objets locaux…), une vraie économie de niche est créée en parallèle. 
A Marrakech par exemple, tous les métiers profitent de l’activité touristique, le propriétaire de la calèche, le marchand de tapis, le vendeur de bijoux, du cuir, des produits de textile, les conteurs d’histoires à Djamaa El Fna, etc.

La politique du tourisme au Maroc

Aujourd’hui, la politique poursuivie par le gouvernement marocain parait encourageante et motivante. Tous les partenaires : professionnelles, décideurs, ONG, et la société civile, sont convaincus par cette politique et aspirent à ce que les objectifs tracés dans l’accord cadre et le plan de développement soient réalisés à leurs échéances. Bien évidemment, il reste beaucoup à faire et à clarifier, mais, à mon sens, les choses sont en bonne voie.

Le Maroc est aujourd’hui à sa 5ème édition des Assises du Tourisme, lesquelles sont baptisées, Assises Internationales du Tourisme, par la volonté de Sa Majesté Mohamed VI, Roi du Maroc, qui a fait du tourisme la locomotive de l’économie nationale, depuis l’inauguration des premières Assises Nationales tenues à Marrakech, en janvier 2001. La 5ème édition aura lieu, sous la Présidence de Sa Majesté Le Roi à Ouarzazate les 14 et 15 janvier 2005.

Souhaitons donc bonne réussite à cet évènement qui prévoit l’accueil de 10 millions de touristes, à l’horizon de 2010, et restons convaincus, qu’on y arrivera.

Souhaitons aussi que les pays du continent africain collaborent massivement pour développer leur tourisme, seul gage de l’instauration de la paix, de la tolérance et du développement durable. Le tourisme est aussi le moyen de créer un esprit de solidarité entre ces peuples et mettre fin aux conflits. Enfin le tourisme est capable de prévenir le chômage des jeunes diplômés et mettre fin à, l’immigration clandestine, dont rêvent nos jeunes.