Accueil / Non classé / Les ONG au fil du développement durable Quel rôle auront les ONG par rapport aux petites associations dans 10 ans ?

Les ONG au fil du développement durable Quel rôle auront les ONG par rapport aux petites associations dans 10 ans ?

 

En perpétuel changement, le tissu associatif est composé de différentes catégories d’ONGs ; les unes sont très bien placées alors que les autres sont à un stade embryonnaire. _ Ces ONGs portent des missions variées et différentes mais les résultats escomptés tendent à ultimement converger vers un but central : le développement durable des deux mondes, urbain et rural.

Par ailleurs, les projets réalisés et financés sont différents d’une ONG à une autre ; les approches préconisées (participative, genre,…) le sont aussi. Ceci nous porte à se demander sur le rôle qu’auront ces ONGs dans une dizaine d’années, sur leurs domaines d’intervention et si leurs projets resteront les mêmes ?

Avant de répondre à cette question, il faut tout d’abord voir les types de projets réalisés actuellement et moyennant quels outils. En général, si on réalise un diagnostic rapide du Sud à l’Oriental, nous pourrions indexer les projets de développement sous trois grandes catégories.

  •   Les projets d’infrastructures sociales de base : ils se résument aux projets relatifs à l’adduction d’eau potable (AEP), l’électrification (pour le monde rural), le désenclavement (réalisation des pistes et voies d’accès, construction des écoles et des internats, des maisons de jeunes et d’autres projets d’aménagement ;
  •   Les projets relatifs aux activités génératrices de revenus : ceux-ci consistent aux projets relatifs à l’amélioration de la production agricole, les projets d’irrigation, l’appui à la commercialisation des productions locales, la création de coopératives et de projets communautaires, etc ;
  •   Les projets de renforcement institutionnel comprenant toute action de sensibilisation, d’encadrement des associations villageoises, de formation, d’établissement de partenariat, etc.

Ces trois grandes catégories de projets sont généralement les plus répandues dans le milieu rural. L’approche préconisée repose sur la contribution effective de la population bénéficiaire du projet, autrement dit, l’approche participative est la plus dominante.

Néanmoins, pour qu’un projet de développement soit admis par le bailleur de fonds, la proposition de projets doit satisfaire à plusieurs critères d’éligibilité. En général, il est recommandé que les demandes de financement tiennent compte des critères suivants :

  • l’implication de la population bénéficiaire par une participation active (approche participative) ;
  • l’équité entre les deux sexes (approche genre), autrement il faut que le projet soit bénéfique autant pour les hommes que pour les femmes ;
  • le projet doit être réalisé au profit des populations les plus défavorisées ;
  • les objectifs fixés doivent être mesurables ;
  • le respect de l’environnement ;
  • la durabilité.

Les critères d’éligibilité des projets sont les mêmes critères d’évaluation sur lesquelles reposent les bailleurs pour étudier les demandes de financement. Ces critères varient selon les projets et sont formulés de différentes façons par les bailleurs.

Rôle des ONG

En règle générale, les ONG contribuent activement dans le montage, la gestion et le suivi des projets avec des associations viallageoises. Cependant, on commence à sentir que ces associations villageoises sont de plus en plus capables (mais pas toutes) de monter leurs propres projets et de les présenter directement au bailleurs de fonds. On pourrait donc dire que le rôle futur des ONG ne serait pas de monter des projets d’infrastructures de bases ou des projets AGR mais plutôt de monter des projets relatifs au renforcement institutionnel, à l’encadrement des associations villageoises et à la sensiblisation.

Ce rôle présente l’avantage de réduire les frais encourus par les ONG à assurer le suivi des projets. Une partie des fonds pourraient ainsi servir à monter de nouveaux projets ou à étendre d’autres dans des régions avoisinantes.

En résumé, le rôle des ONG restera essentiel pour promouvoir un développement durable. Le rôle de ces organisations s’oriente de plus en plus vers des programmes de développement durable par des projets de renforcement institutionnel et l’appui aux associations villageoises. 

Par conséquent, le suivi des projets par les associations villagesoies elles mêmes sera bénéfique en terme de réduction des coûts et en terme de réalisation rapide et efficace du projet.

Par Hassan Lamchichi