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Les effets du printemps arabe sur la participation des femmes dans les sphères publique et politique au Maroc

 

A l’occasion de la publication de l’étude conduite par Mme Houria Alami Mchichi en collaboration avec CARE international Maroc, des débats ont été menés avec les invités. Les recommandations présentées ci-dessous sont issues de la réflexion menée par trois tables rondes autour des questions suivantes :

1.     Comment stimuler le dialogue avec les nouvelles générations ?

Contexte :

  • Impression que les féministes sont réticentes à laisser la place aux jeunes: lutte de pouvoirs.
  • Nécessité de développer des nouvelles formes de communication attrayantes pour les jeunes: formes moins académiques, plus anonymes et spontanées, privilégiant l’action : rôle capital des média sociaux dans les mouvements de contestation.
  • Les féministes doivent éviter de se positionner comme les expertes et valoriser les positions des jeunes
  • Les jeunes ne se retrouvent pas dans les revendications politiques et les plaidoyers des féministes: elles souhaitent des revendications plus concrètes, plus en lien avec leur vie quotidienne (place des femmes dans les instances économiques; sexualité…)

Recommandations :

  • Approfondir les consultations avec les jeunes activistes et les féministes pour mieux comprendre les causes de ce manque de communication.
  • Organiser des espaces d’information et d’échanges entre les deux générations ainsi qu’avec les féministes islamistes: Ouvrir les associations féministes vers les structures éducatives (universités, groupes de jeunes)
  • Organiser des formations: nouvelles formes de communication (en particulier pour les féministes) et sur le plaidoyer et le leadership pour les jeunes activistes.
  • Inclure des thèmes plus orientés vers les préoccupations des jeunes dans les revendications des féministes (question du harcèlement sexuel, de la liberté sexuelle, etc)
  • Instaurer un quota de jeunes dans les instances de décisions des associations féministes

2.     Comment accélérer la mise en œuvre et l’application des mécanismes institutionnels   prévus pour la participation des femmes (charte communale, constitution)?

Contexte :

  • Le problème est plus large et est lié au développement même de la Constitution: nombreuses contradictions au sein de la Constitution qui fait que ce qui semble des avancées (ex: concept de la parité) est contredit dans plusieurs articles et qu’il n’existe aucune obligation de mise en œuvre.
  • Le Printemps démocratique a en fait été utilisé comme un frein aux avancées jusqu’alors obtenues. Frein culturel et politique.

Recommandations :

  • Organiser des débats publics sur la Constitution
  • Instaurer une véritable veille législative.
    La Haute autorité pour la parité doit aussi avoir un pouvoir de sanction afin que cela ne reste pas une parité de texte mais bien de fait.
  • Donner la priorité à la mise en œuvre de la Charte communale car déjà votée, à travers une formation intensive des élus locaux et des organisations de la société civile (OSCs).
  • Etablir plus de lien et d’échanges entre OSCs et associations de droits et féministes pour que les revendications genre deviennent réelles au niveau local.
  • Débattre de la liste nationale mixte qui ne permet pas aux femmes d’être inclues sur les listes principales et les marginalise, remet donc en cause leur légitimité.

3.     Comment influencer les politiques des bailleurs ?

Contexte :

  • La dimension genre est présente dans  les lignes directrices de presque tous les bailleurs, mais leur application a des significations très différentes d’un bailleur à un autre. Peu sont réellement intéressés à des mesures transformatives.
  • Le problème est souvent au niveau des ONGs de développement et OSCs car les revendications genre se perdent à leur niveau, elles ont souvent moins de capacité d’influence. L’influence des associations féministes ou des associations de droits se perd donc au niveau plus local.

Recommandations :

  • Nécessité d’établir plus de lien entre associations de droits ou féministes et les ONGs de développement et OSC afin que les mêmes revendications genre soient portées à des niveaux plus locaux et que le plaidoyer puisse être relayé entre le niveau local et le niveau national pour un réel impact sur les politiques publiques et sur les changements de comportement.
  • Transférer des capacités aux OSCs en termes de genre et plaidoyer.
  • Créer des espaces de concertation entre ONGs de développement/OSC et associations de droits pour gagner plus d ’influence sur les bailleurs, car jusqu’à présent des espaces n’existent pas ou sont limités par catégorie d’associations.