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L’Envoyé de l’ONU à la conférence internationale sur le sida qui se tient au Brésil plaide pour la création d’une agence internationale spécifique aux femmes

« Les femmes et les filles, une espèce en voie de disparition » : cette formule effrayante reflète pourtant la vérité en Afrique, dans les Caraïbes et en Asie en raison des ravages du sida, a déclaré l’Envoyé de l’ONU sur le VIH/sida lors d’une conférence internationale à Rio, où il a plaidé pour la création d’une agence internationale qui réponde aux besoins spécifiques des femmes. « Après avoir passé les quatre dernières années à voyager à travers l’Afrique, je suis bien placé pour savoir que vos travaux font partie plus importants de la planète », a déclaré hier l’Envoyé de l’ONU sur le VIH/sida en Afrique, Stephen Lewis, lors d’une allocution à la Troisième Conférence internationale de la Société internationale sur le sida, qui se déroulait à Rio de Janeiro, au Brésil.

Un quart de siècle s’est écoulé depuis l’éruption de la pandémie du sida, et la réponse de la communauté internationale continue d’être « inadéquate, parfois même parfaitement exécrable », a déclaré Stephen Lewis.

« Si nous avons tiré un seul enseignement de ce carnage, c’est la terrible vulnérabilité des femmes ».

« Au cours de mes voyages en Afrique, j’ai souvent entendu que les ’femmes et les filles sont une espèce en voie de disparition’ ». « C’est une formule qui frappe, au moins momentanément, mais quand est-ce que le monde comprendra enfin que c’est la vérité ? Nous sommes en train de perdre les femmes d’Afrique, et chaque jour davantage des Caraïbes et d’Asie », a affirmé Stephen Lewis.

L’Envoyé de l’ONU a plaidé pour la création d’une organisation internationale dédiée à la protection et à la promotion des besoins des femmes. « Toutes les organisations prétendent y répondre, mais aucune ne le fait vraiment ».

Stephen Lewis a par ailleurs évoqué le fardeau « cauchemardesque » des orphelins en Afrique, qui constituent un véritable « déluge » qui dépasse gouvernements et familles élargies.

« J’ai rarement été aussi désespéré que lors d’un petit spectacle donné par des orphelins au Kenya, près de Nairobi, qui se terminait par l’apparition soudaine d’une petite fille de dix ans d’un cercueil, en larmes ».

« Alors que ses larmes inondaient ses vêtements, cette petite fille a incarné un bref instant l’épidémie », a raconté Stephen Lewis. « Vous vous sentez peut-être loin de ces orphelins, mais vous ne l’êtes pas. Tout dans cette pandémie est lié », a-t-il affirmé, soulignant que « cette petite fille se trouvait à la fin d’une chaîne qui commençait avec les travaux scientifiques » objets de la conférence.

Abordant les efforts internationaux de lutte contre le sida, Stephen Lewis n’a pas manqué de louanges envers l’initiative du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) intitulée « 3 par 5 », qui vise à fournir des médicaments antirétroviraux à 3 millions de personnes dans les pays en développement, d’ici à la fin de 2005.

En posant cet objectif, l’OMS a lancé un mécanisme irréversible et tous les gouvernements africains cherchent à l’heure actuelle à fournir des médicaments antirétroviraux à leur population, a-t-il indiqué, ajoutant qu’elle avait aussi fait sauter les objectifs intermédiaires : « Le traitement pour tous est maintenant le standard minimum ».

L’Envoyé de l’ONU s’est enfin déclaré « déçu » par les promesses faites au dernier sommet du G-8, à Gleneagles, que ce soit sur l’aide au développement, notamment des Etats-Unis mais aussi de son pays, le Canada, à l’annulation de la dette alors que l’Afrique doit encore 200 milliards de dollars et aux subventions agricoles, qui dépendent des négociations de l’Organisation mondiale du commerce en décembre, lesquelles s’annoncent mal.

Le prochain test sera maintenant de savoir comment seront financés les besoins, de l’ordre de 18 milliards de dollars entre 2005 et 2007, affichés par l’OMS et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, créé sur la base d’une initiative du G-8 à Okinawa, en 2000.

L’ONUSIDA estime que d’ici à 2008, ce sont 22 milliards de dollars qui seront requis rien que pour lutter contre le sida.

En conclusion, Stephen Lewis a rendu hommage aux efforts « incroyablement éclairés » des dirigeants du Brésil, pays hôte de la réunion, dans la lutte contre le sida, encourageant les autres pays à faire preuve de la même ouverture d’esprit.

Le gouvernement brésilien a mené une politique d’inclusion sociale, comprenant des campagnes d’information, l’offre de seringues et le traitement universel de tous les Brésiliens qui a donné d’importants résultats.

 

Source : www.un.org

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