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L’enseignement et le secteur privé :Quels horizons de travail en comun ?

Auteur : mustapha elfaz

Abdellah TAIFI : ex- directeur de l’agence de voyage Adrar Aventure. 

Directeur général de l’agence de voyage Traces Berbères. Mustapha El faz : membre du conseil de gestion de s/s Talamenzou.

Face à la croissance alarmante du taux d’abandon scolaire dans le milieu rural en général,avec tout ce que cela représente en termes de dangers sur l’avenir de la population,le conseil de gestion de s/s Talamensou (délégation chichaoua) a organisé le 16 Mai 2006 une journée d’étude sur les moyens susceptibles de,sinon arrêter le phénomène,du moins atténuer ses impacts et se préparer pour l’avenir.

Sur un autre plan l’agence de voyage Adrar Aventure,et sous la pression toujours grandissante des touristes,cherchait à créer de nouveau produits qui répondraient mieux à leurs attentes de plus en plus soucieuse des dimensions naturelles et sociales de cette activité. Une rencontre fructueuse.

Un professeur,membre du conseil de gestion de s/s Talamenzou,rencontre un ancien camarade d’université qui est devenu directeur d’une agence de voyage et lui dévoile ses préoccupations sur le nombre inquiétant d’élèves qui abandonnent les classes. Selon lui, construire une sale à usage multiple dans la principale de Talamenzou serait en mesure d’augmenter l’attractivité de l’école et d’y retenir les élèves. En outre, et en initiant le futur collégien / lycéen à l’outil informatique tout en lui ouvrant de vaste horizons sur le monde, ce projet aura pour corollaire d’amortir le choc de ses premiers jours en ville. Il ne sentira plus inférieur à ses camarades citadins. De sont côté, le directeur de l’agence de voyage vient de recevoir une demande provenant d’une organisation non gouvernemental anglaise qui organise des voyages éducatifs au profit d’écoles et collèges locaux. L’idée était d’organiser pour eux des voyages à l’étranger en vur d’accomplir des œuvres solidaires. Et pour joindre l’utile à l’agréable leur accorder aussi l’opportunité d’admirer les beautés du pays.

Ace stade,les choses se sont présentées avec une telle évidence que les deux amis n’ont même pas eu besoin d’en parler pour savoir qu’il feront quelque chose ensemble et un accord de partenariat entre l’agence de voyage et le conseil de gestion de s/s Talamenzou n’a pas tardé à être signé au cours de cette journée d’étude organiser par ce dernier.

Le projet :mode opératoire.

Il s’agit en fait de construire une enceinte de 64 mètre carré composée de trois salles attenantes : une bibliothèque,un espace Internet et une salle de lecture. Le projet sera financé par les cotisations des élèves britanniques qui participeront aussi aux travaux. Après s’être mis d’accord sur tous les détails,il a été convenu entre l’agence de voyage et l’organisation britannique de répartir les travaux sur quatre périodes de trois jours chacune. Ces trois jours clôtureraient leur circuit qui les aurait menés jusqu’au sommet Toubkal. Par ailleurs et pour crée une atmosphère favorable au dialogue et au partage culturel,il a été décidé que tous le dîners auraient lieu chez l’habitant. C’est le moment pour une association locale d’entrer en jeu pour organiser ces repas et désigner les familles qui vont recevoir les invités. Ces derniers se seraient préalablement approvisionnés avant d’arriver sur place. Lors de ces cérémonies le représentant de chaque groupe remettrait au représentant de conseil de gestion la sommes de sa contribution financière et ce, devant bon nombre d’habitants locaux pour pousser la transparence à l’extrême.

Une fois sur place, chaque groupe a eu droit à une soirée animée par l’équipe folklorique du village. Les élèves locaux été invités à se joindre à leurs homologues anglais et les introduire chez eux pour leur faire découvrir une partie de notre culture en toute spontanéité.

Au départ du dernier groupe, les gros travaux du projet ont été achevés et notre école a reçu quatre autres groupes en 2007 pour la finition.

La population locale : Quelle participation ?

En théorie quand quelqu’un vient avec l’intention d’aider il est reçu avec hospitalité et traité avec reconnaissance. Durant cette expérience l’hospitalité a été au rendez-vous bien évidemment,mais delà à croire que toute la population locale a adhéré au projet serait se surestimer.

Pour une première fois,il faut reconnaitre que l’organisation a souffert de plusieurs lacunes. La plus importante à retenir est le manque de programme bien élaboré pour mobiliser la population locale et optimiser sa participation. Le travail de l’association locale,n’a pas été suffisant pour divulguer l’information. Il a été surprenant de rencontrer des gens qui ignoraient pourquoi des habitants du village peuplaient l’école pendant les vacances d’été en compagnie d’étrangers ! Il y en a même qui se sont sentis exclus…

Pourtant,trois jours de travail de porte-à- porte aurait permis à un maximum de personnes d’être informées et d’être éventuellement impliquées.

Dans la même perspective,faut-il aussi signaler l’absence frustrante des médias. Bien que contactées à plusieurs reprises par Mr le directeur de l’agence de voyage,il n’ont manifesté aucun signe d’intérêt. Le manque de manque de stratégie bien tracée a porté préjudice à ce projet.

Pour modeste qu’elle soit,cette expérience souligne l’importance de l’ouverture de L’ECOLE sur son environnement socioculturel et économique. Il n’est certainement pas nouveau qu’une entreprise privée ait effectué des œuvres mécènes mais le partenariat avec L’ECOLE et ce qu’elle représente en termes valeurs scientifiques et morales,aura pour mérite de mieux diriger ces œuvres et d’en constituer le catalyseur qui en déclenchera toujours d’avantage.