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Le Tourisme, Une responsabilité des élus locaux

 

La fièvre des élections communales et sa période de promesses sont révolues. Pour certains élus, les efforts démagogiques sont également terminés et une longue hibernation jusqu’aux prochaines élections va commencer alors que d’autres sont prêts à tenir les engagements et même relever les défis qu’ils s’étaient eux-mêmes lancés. Mais, avant cela, il faudrait qu’ils aient une parfaite connaissance des réalités locales afin de saisir les opportunités de relance économique favorisant la lutte contre la paupérisation. A ce niveau-là d’ailleurs, les élections communales touchent le vif du sujet. En effet, la pauvreté concerne, en premier lieu, les communes avant d’être une affaire d’Etat et les élus locaux sont les plus à même de résorber ce phénomène par de nouvelles activités économiques génératrices de revenus. Parmi celles-ci, les élus devraient se pencher sur le secteur touristique qui grâce à son effet multiplicateur permet à tous les secteurs d’en tirer profit directement ou indirectement (l’agriculture, l’artisanat, le commerce…).

Parmi les atouts de nos communes, notons qu’elles disposent d’une autonomie de décision en matière d’aménagement et de gestion des espaces touristiques et peuvent ainsi contribuer à l’amélioration de la qualité de l’offre touristique. D’ores et déjà, de nombreux pays étrangers ont misé sur ces organes décentralisés car le label « terroir » a une perspective particulière à chaque région. Chaque commune connaît son potentiel et possède d’ores et déjà les moyens de mettre en place des stratégies touristiques adéquates.

Au niveau des communes urbaines par exemple, plusieurs projets peuvent être envisagés sans que cela ne requiert ni d’efforts colossaux ni de coûts exorbitants : le développement de l’offre culturelle avec l’organisation d’événements, l’adoption de mesures d’encouragement pour la création de sociétés d’économie mixte, l’aménagement des villes et de leurs accès, l’amélioration des transports urbains mais aussi et surtout la protection de l’environnement par le biais d’espaces verts, le triage et le recyclage des déchets et les campagnes de sensibilisation à l’écologie destinées aux citoyens.

Quant aux communes rurales marocaines, elles possèdent d’incomparables ressources touristiques mais ces richesses restent malheureusement méconnues. Elles requièrent pourtant peu d’aménagement afin d’attirer les passionnés d’exercice physique, de glisse et d’aventure ou tout simplement offrir un havre de paix à des touristes en mal de tranquillité. De plus, la polyvalence des équipements touristiques et leur rationalisation peuvent réduire les coûts de façon considérable, sans compter sur la participation enthousiaste de la population locale à tout projet d’animation lancé par la commune car les fruits de ce travail se partagent ensuite entre tous les habitants. Mais là encore, ce tourisme vert ou éco-tourisme voire tourisme culturel et rural fait écho avec l’environnement et les campagnes ne peuvent pas plus que les villes se prévaloir de préserver la nature…

Concernant les communes littorales, on pourrait aussi envisager une infrastructure pouvant faciliter leur accessibilité avec l’établissement d’un schéma directeur d’aménagement touristique pour chaque zone côtière homogène et une réglementation sévère pour sensibiliser l’investisseur à la protection de l’environnement. Tout cela serait géré par la commune. En d’autres termes, les communes ayant un même potentiel touristique auraient à travailler en commun sans risque de discontinuité spatiale.

Pour tous types de communes confondus, ces mesures présupposent simplement une volonté affirmée des élus à l’échelle locale. Ces derniers doivent promouvoir, encourager, équiper, organiser, animer et assainir pour favoriser le développement du tourisme et l’épanouissement de sa communauté ce qui se traduit tout d’abord par des actions socioculturelles et par extension économiques par le biais de moyens nouveaux en terme de communication et de promotion touristiques.

Par conséquent, le développement local en général et touristique en particulier nécessite la motivation, la mobilisation et la volonté de tous les acteurs locaux, Etat, collectivités locales, associations professionnelles, société civile et secteur privé, liés par un partenariat. Une fois établi au niveau local, la région peut prendre la relève afin de servir de cadre favorable à l’alliance des efforts des différents intervenants. Reste à savoir si la région dans son découpage actuel correspond à de tels projets…

Quoiqu’il en soit, que l’évolution touristique se partage entre les régions ou encore mieux entre les communes, nos élus doivent savoir qu’ils détiennent les clés de l’avenir touristique durable et intégré du Maroc. Cette nouvelle responsabilité n’est certes pas facile à gérer seuls mais les professionnels du tourisme doivent collaborer à leurs côtés à la concrétisation de tout projet propice à l’économie mais surtout pour le développement social du royaume.

Par Hassan ABOUTAYEB 
Consultant et chercheur en tourisme durable 
Hassanaboutayeb@gmail.com