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Le nouvel organigramme pour les Wilayas et les Provinces : Pour que l’innovation ne soit pas une cathédrale inachevée.

 

Auteur : mokrane bachir

Quelques soient les arguments de l’apologie du marché et la critique systématique de l’administration, le service public conserve et conservera sa légitimité en assurant sa mission régalienne dans la perspective de préserver les intérêts des citoyens et de résoudre certains problèmes sociaux. En fait, il s’agit d’un service public de qualité qui accompagne les mutations en profondeur par la redéfinition de ses missions, la refonte de ses structures, la preuve de son efficacité et l’amélioration de son efficience ; et tout cela repose sur le développement des compétences managériales, tout simplement parce que le management « public » est l’atout incontournable pour la conduite de ce changement.

Au Maroc, la mouvement est déjà lancé même s’il n’est pas encore passé à sa vitesse supérieure, outre le ministère des finances le ministère de l’Intérieur vient de décréter une nouvelle structure organisationnelle pour ses entités territoriales par la circulaire n° 12 du 09/05/2005 (l’économiste) où les administrations locales sont appelées à repenser leur fonctionnement en terme d’efficacité et d’efficience.

La lecture appréhensive de ce document permet de relever trois fonctions significatives, outre les anciennes attributions qui doivent d’ailleurs redéfinir leur missions, on souligne l’introduction de la division des ressources humaines et moyens généraux et la division des systèmes d’information et de communication qui se positionnent au coeur de la démarche innovatrice, sans pour autant omettre la consolidation du rôle de la division des affaires sociales qui doit s’inscrire impérativement dans l’initiative méritoire pour le développement humain lancée par S.M le ROI.

S’agissant de la division des ressources humaines le message est clair : il n’y aura plus de place aux fonctionnaires « procéduriers » et c’est le temps des travailleurs de la connaissance (knowledge workers) qui formeront une base de données d’autant plus efficace que évolutive, créatrice et combinatoire. En fait, la circulaire se passe de l’approche restreinte de la fonction « gestion des ressources humaines » ; il ne s’agira plus d’une simple gestion du personnel confiée à un chef de personnel dont la mission essentielle consiste à gérer l’effectif d’une manière quantitative ; il est temps donc de raisonner de manière plus complexe sur la façon de gérer les ressources humaines dans l’horizon de garantir en permanence à l’administration une adéquation entre ses ressources et ses besoins en personnel sur la plan quantitatif comme sur la plan qualitatif.

Par ailleurs ; la division des systèmes d’information et de communication se trace l’objectif d’assister l’administration dans son besoin en information et de traitement et servir de base de ressources au processus de décision ; autrement dit, optimiser l’exploitation des ressources informationnelles à travers un système d’information qui assure la liaison dynamique entre le système de décision et d’opération. Il est superflu donc d’insister sur le maintien de ce système dans l’organigramme, notamment celui des Provinces non chefs lieu des Wilayas ; ne serait ce qu’entant que service rattaché à une structure administrative déjà existante. En parallèle ; concevoir une communication organisée pour une administration communicante, vue l’attention accrue portée à la communication en tant qu’outil stratégique incontestable notamment dans le contexte organisationnel marocain oú une prise de conscience est manifestée à travers la réforme, l’éthique et l’ouverture de la vie publique.

Pour que la circulaire ne passe pas inaperçue, les responsables sont appelés à mieux appréhender l’esprit de son contenu, car la structure organisationnelle proposée n’est point une simple structure visuelle qui reprend machinalement les anciennes attributions et les colle sous les nouvelles appellations des divisions et services, mais il s’agit plutôt d’une redéfinition profonde des fonctions qui s’axent sur la productivité’ la motivation, la méritocratie et la valorisation des ressources humaines. En fait, seules les administrations qui sont prédisposées à innover vont pouvoir retenir la leçon sachant que la management public ne se décrète pas mais se pratique.

De ce fait les décideurs locaux doivent mieux percevoir la nouveauté qu’introduit la circulaire en évitant une lecture tronquée qui pourrait désamorcer les dimensions les plus innovatrices de son apport.

MOKRANE Bachir 
Informatiste – Berkane. 
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