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Le micro crédit : Outil de développement

 

Par : bahetta youssef

Actuellement, tout le monde parle de l’intégration de la composante micro crédit dans les projets de développement intégré, cependant rares sont les projets étatiques qui tiennent compte de ce volet qui est à notre avis une composante complémentaire et essentielle pour aboutir aux objectifs des projets de développement intégré. En effet, cette composante est devenue une nécessité dans tout projet de développement visant à améliorer le mode de vie et la qualité des populations défavorisées dans le monde rural ou urbain. En effet c’est grâce aux bailleurs de fonds travaillant dans le domaine de l’économie sociale (exemple du programme PNUD de lutte contre la pauvreté dans quatre provinces au Maroc et le projet MEDA II dans la province de Khénifra), associations et ONG que nous retrouvons cette composante.

En l’occurrence, nous suggérons et nous souhaitons que la notion de micro crédit soit valorisée dans les projets de développement économique ou à caractère social. Ceci ne peut se faire qu’à travers une vision globale des décideurs et de l’ensemble des intervenants (Association de micro- crédit, concepteur des projets de développement…..). Mais avant tout, et afin de concrétiser les objectifs et les finalités du micro crédit, une question se pose au niveau de la définition du concept lui-même : qu’entend-on par micro crédit ?

Le micro – crédit est destiné à des microstructures exclues du système économique normal donc privées d’un financement bancaire classique. Il fournit à des personnes ne possédant pas les garanties requises par le système classique de prêt les moyens de financer leurs activités existantes ou en projet. Fait remarquable, toutes les expériences menées jusqu’à ce jour dans le monde se sont soldées par un taux de remboursement des prêts supérieur à 95 %.

En 1999, le ministère des Finances du Canada le définit comme suit : le micro crédit réfère aux petits prêts faits aux individus à faible revenu pour soutenir le travail autonome ou pour démarrer de très petites entreprises. Malgré qu’il n’y ait pas de définition standard du micro crédit, en pratique, ces genres de prêts sont assez petits, allant jusqu’à quelques milliers de dollars.

Pour les anglophones, le micro crédit consiste en petits montants de financement (jusqu’à 25.000,00 $) par le crédit accordé à de très petites entreprises pour permettre le démarrage, la poursuite des activités ou la croissance de celles-ci. Ces très petites entreprises portent diverses appellations, notamment micro entreprises, très petites entreprises ou activités rémunératrices. Il s’agit des plus petites entreprises que les organismes statistiques gouvernementaux catégorisent dans le secteur de la petite entreprise. Leur classement est basé sur leur taille qui se mesure par le nombre d’employés qu’ils comptent, par leurs revenus ou leur actif ou par une combinaison de ces éléments.

Nous signalons qu’une panoplie de définitions a été attribuée au micro crédit, en effet la finalité est la même. La convergence des définitions tend vers les aspects suivants : 

–  Les microstructures sont exclues du système économique normal (crédit classique) ; 

–  Le micro crédit est basé sur la collectivité ou est accessible dans le cadre de programmes spécifiques ; 

–  Habituellement, le micro crédit est offert à une zone géographique ou à une collectivité particulière ; 

–  Les fonds de micro crédit sont parfois initiés en réponse aux besoins d’un groupe particulier ; 

–  Les requérants de micro crédit n’avaient pas réussi à obtenir un prêt traditionnel.

De ce qui précède, peut on placer le micro crédit dans le processus de développement ? C’est-à-dire comme outil de développement !

La réponse est oui, en effet en partant de la situation mondiale de l’économie qui se caractérise aujourd’hui par un contraste frappant : la disparité croissante entre les riches et les pauvres. En 2000, près de la moitié de la population mondiale, vivait avec moins de 2 $ par jour. Un quart des habitants de notre planète vit dans la plus extrême pauvreté (moins de 1 $ par jour.) Si les tendances se poursuivent d’ici 30 ans, ces chiffres auront quasiment doublé. La très grande pauvreté est devenue désormais l’un des plus grands défis de ce siècle.

Les plus pauvres n’ont ni les moyens, ni la possibilité d’accéder aux soins de base afin de préserver leur santé et celle de leur famille. Ils n’ont pas non plus les moyens de donner à leurs enfants l’éducation nécessaire pour améliorer leurs conditions de vie. Enfin, ils n’ont pas les moyens d’entreprendre pour essayer par eux-mêmes de sortir du cercle vicieux de la pauvreté. Au Maroc et comme c’est le cas des pays en voie de développement, le contexte marocain actuel est marqué par un sous-emploi massif de la capacité de travail, en relation avec la détérioration relative de la situation socio-économique dans le monde rural en particulier, et l’accélération de la mécanisation, forcée par la mondialisation et ses enjeux de compétitivité. En l’occurrence, l’un des grands problèmes du Maroc est celui du chômage. Un autre, non des moindres, est relatif à l’exclusion de larges couches de la population des services économiques modernes, dont le crédit, les condamnant à végéter dans le cercle vicieux de la pauvreté. Et le corollaire de cette situation est l’approfondissement du fossé entre les bénéficiaires du libéralisme et ses exclus ainsi que la déstructuration du lien social. Afin de faire face à cette situation, figure le micro crédit. Il est devenu l’un des espoirs majeurs contre la pauvreté, car elle donne directement aux plus démunis les moyens de leur propre développement. Au-delà du simple soutien financier, le micro crédit redonne aux plus pauvres, espoir et dignité : l’espoir de pouvoir réaliser leur propre projet, et d’améliorer de manière durable leurs conditions de vie ; la dignité, grâce à la confiance qui leur est donnée.

En effet, au Maroc, l’industrie de la micro finance est encore très hétérogène, mais progressivement un certain nombre de « bonnes pratiques » sont définies. Ces pratiques doivent permettre aux plus petites organisations de se développer efficacement et de répondre aux besoins des communautés qui les entourent.

Aujourd’hui deux enjeux majeurs sont au cœur du micro crédit et du développement de ce secteur : sa professionnalisation d’une part et son refinancement d’autre part.

En effet, au Maroc des millions de personnes pourraient, grâce au micro crédit, développer leur propre activité génératrice de revenus (AGR) et se sortir ainsi de la pauvreté.

En guise de conclusion, l’objectif de cet article est d’apporter un éclairage sur ce concept, et donner à notre population pauvre du Maroc un nouveau souffle et espoir pour réaliser ses projets, et d’assurer un bien être à tous les marocains qui vivent dans des conditions défavorables. En outre, c’est le souci de tous les citoyens marocains. Ceci ne peut se faire q’à travers la bonne volonté de tous les intervenants dans le domaine du développement. Nous croyons que le crédit, s’il est bien utilisé, est un outil efficace de développement à condition d’étudier avec soin tous les aspects liés à ce concept. Ceci ne peut se faire qu’à travers : 

–  La structuration et le professionnalisme des institutions de micro crédit qui sont encore trop jeunes ou trop peu efficaces pour toucher de larges communautés et d’autre part de faciliter le refinancement des Institutions les plus matures pour les aider à élargir leur clientèle. 

–  Evaluation de l’ensemble des expériences de micro crédit au Maroc ;

–  La connaissance du milieu, adaptation des moyens aux conditions locales pour répondre aux vrais besoins, ce sont là les exigences de la réussite. 

–  Le micro crédit est une arme contre la pauvreté, mais il est coûteux et doit être subventionné. 

–  Les petits et moyens crédits doivent être développés davantage encore, car ce sont eux seulement qui s’attaquent aux causes de la pauvreté en créant des emplois et en facilitant la croissance. 

–  Intégrer la composante micro crédit dans les projets de développement intégré (lors de la phase de formulation et de planification des actions de développement). 

–  Assurer des journées de sensibilisation et de communication auprès des populations cible. 

–  Encadrement technique des demandeurs de prêts à travers la réalisation des études de faisabilité des micros projets. 

–  Des prix aux meilleures expériences. 

–  Faire de la publicité sur la radio et la télévision.


Bahetta Youssef

SCET-SCOM 

CDG Développement