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Le Maroc, membre à part entière du centre de développement

 

Cette adhésion constitue « une consécration internationale de la nouvelle approche adoptée par le Maroc en matière de gestion de réformes sur les plans politique, économique et social ainsi qu’une feuille de route pour de nouvelles générations de réformes à mener et de nouveaux objectifs à atteindre en matière de développement », a confié à la MAP Nizar Baraka, ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales, lors d’une réunion lundi à Paris du Comité directeur du Centre de développement de l’OCDE.

Il a également souligné que cette adhésion permet au Royaume de contribuer et d’avoir accès à toute la production de l’OCDE en matière de développement, de peser et de faire valoir son point de vue sur des problématiques qui l’intéressent.

La participation du Maroc au Centre constitue aussi l’occasion de préciser ses diagnostics sur les mutations mondiales, de s’interroger sur la pertinence de ses analyses et d’évaluer lucidement les progrès réalisés et les difficultés rencontrés pour l’accomplissement de ses objectifs en matière de développement, a-t-il ajouté.

Le Maroc est devenu ainsi le second pays arabe membre de cet organe après l’Egypte et le troisième Etat africain après l’Afrique du Sud.

Dans la mesure où l’Afrique fait l’objet d’une « attention particulière dans le cadre des travaux du Centre et grâce à la place centrale que le Maroc occupe dans la région Mena et le Continent africain », cette adhésion permettra de renforcer la présence de cette région au sein du Centre, d’enrichir les réflexions menées sur les économies du Continent et d’aider à développer une vision et une perception commune des défis à relever, a précisé M. Baraka.

Il a, en outre, fait observer que les pays membres du Centre bénéficient de la possibilité d’engager un dialogue continu sur les politiques de développement avec les autres membres ainsi qu’avec le secrétariat de l’OCDE, et ont par conséquent accès, à travers l’apprentissage par les pairs, aux expériences des autres membres en matière de conception et de mise en œuvre des politiques de développement.

Au cours de la réunion du Comité directeur du Centre, le ministre a fait une présentation dans laquelle il a apporté des réponses à certains des défis posés par la crise économique.

Le Maroc a entrepris de très grandes réformes et cette dynamique a été couronnée par l’octroi au Royaume du « Statut avancé » par l’Union européenne, a souligné d’emblée M. Baraka.

Le Maroc a connu une accélération de la croissance économique, essentiellement dans le domaine du PIB non agricole en raison de la très forte diversification de l’économie (électronique, offshoring, aéronautique), une stabilité du cadre macroéconomique, une forte maîtrise de l’inflation (autour de 1,9% en moyenne entre 1996 et 2008) et une nette réduction du déficit public, a-t-il dit, faisant remarquer que le secteur financier s’est largement développé et a joué un rôle important dans cette dynamique de croissance économique.

Cette situation a fait en sorte que le Maroc connaisse une attractivité importante qui s’est traduite notamment par un flux d’investissements extérieurs particulièrement importants, a noté le ministre pour qui ces investissements ont touché des secteurs aussi variés que l’automobile, l’offshoring, l’aéronautique, le textile, l’électronique, les télécommunications et l’agro-industrie.

Et de préciser que le Maroc a « une économie qui a une grande résilience par rapport aux chocs exogènes », relevant que le Royaume a enregistré en 2008 une croissance de 5,8%.

M. Baraka a, d’autre part, souligné que le Maroc n’a pas été affecté par la crise financière internationale dans la mesure notamment où le secteur financier national est moins exposé aux « produits toxiques ».

Pour faire face à la crise économique mondiale, a-t-il dit, le gouvernement a mis en place une stratégie comportant trois grands piliers que sont le soutien de la croissance endogène, l’accompagnement des secteurs exportateurs connaissant des difficultés et la préparation de l’après-crise.

Il a également rappelé dans ce cadre la mise en place d’un Comité de veille stratégique public-privé, l’objectif étant d’ajuster régulièrement l’appui aux secteurs exportateurs, notamment en crise.

Cette présentation a été qualifiée de « très intéressante » par les intervenants qui ont mis en relief à la fois les grandes réformes entreprises par le Maroc dans différents domaines et la collaboration qui existe depuis longtemps entre le Royaume et le Centre, notamment en ce qui concerne les perspectives économiques en Afrique.

Créé en 1962 à Paris à l’initiative des Présidents français Charles de Gaulle et américain John F. Kennedy, le Centre de développement de l’OCDE a pour mission de promouvoir des recherches comparatives en matière de développement et de conduire des dialogues politiques sur la gouvernance mondiale entre les pays membres de l’Organisation et les pays émergents ou en développement dont certains sont cooptés pour en devenir membres à part entière.

Dans son programme, le Centre, qui compte aujourd’hui 32 pays membres, dont 23 pays de l’OCDE, focalise actuellement son activité sur l’Afrique et multiplie les conférences sur les potentialités d’investissement qu’offre le Continent noir.

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