Accueil / Non classé / Le couscous traditionnel entre le marteau et l’enclume

Le couscous traditionnel entre le marteau et l’enclume

 

Bavure, censure ou protection du consommateur ? La récente séance de travail tenue au siège de l’ONICL par le comité technique de normalisation des céréales, légumineuses et produits dérivés, couscous et pâtes alimentaires pour projeter quelques normes marocaines.

IL s’agit entre autre, de la détermination de la vitesse de ré hydratation. Cette norme détermine que l’humidité du couscous doit être comprise entre 9,00 et 12,50%. Ce projet de norme spécifie que la vitesse de réhydratation doit se faire après 7 minutes et que l’indice de gonflement doit être de 2,2 au bout de 30 minutes d’hydratation.

Avant l’homologation de ces normes par le conseil supérieur interministériel de la qualité et de la productivité, ledit comité invite les représentants de l’ONICL et de la répression de fraude de réaliser une enquête auprès de la profession.

Le comité technique a mis le sort des couscoussiers modernes et traditionnels dans le même panier. Peut -être a-t-il oublié le regain d’intérêt dont bénéficie le couscous traditionnel ? Ce n’est pas un sentiment. C’est une réalité qui s’explique par l’augmentation de nombres de coopératives en la matière. Cette tendance à consommer le couscous fait main défend l’image forte de qualité, d’authenticité et le caractère traditionnel de produit. Ce sont là des forces d’une valeur commerciale. Le couscous traditionnel à travers des années et dans tous les pays du Maghreb a connu une dimension spirituelle de joie et de fête. Des ambiances de fête et des sentiments spirituels se traduisent par le proverbe tunisien qui dit : “Il mange le couscous, se rase la tête et porte le burnous” . C’est un des grands bonheurs de l’homme berbère de l’époque quand il consomme le couscous traditionnel. Aujourd’hui, ce bonheur et ce plaisir de consommer le couscous de nos grand-mères se traduit par cette phrase “Allah saksou meftoul”. Une phrase que nos entendions chaque fois qu’un étranger pénètre une maison dont la famille mange du couscous traditionnel.

Concernant la question de normaliser le secteur du couscous. Nous sommes bien d’accord que remplir les conditions de L’ONICL est plus facile pour ceux qui ont opté à son industrialisation. Mais à imposer les mêmes mesures pour ceux qui tiennent à conserver les techniques traditionnelles, c’est inadmissible. car un produit traditionnel est un aliment dont la production, la transformation se pratiquent selon les savoirs et les savoir-faire traditionnels acquis de génération en génération.

Toujours dans le projet de loi, le comité n’a pas jugé utile de différencier l’appellation du couscous industriel de celui artisanal. N’est-il pas souhaitable de trouver des produits qui portent sur l’étiquetage le label “traditionnel” et “industriel” afin de mieux informer le consommateur ? Regardez au tour de vous sur les grandes surfaces, le produit qui porte la mention “économique” comment il a réussi a bouleversé les comportements d’achat. Nous sommes certains que le label traditionnel révolutionnera le marché local et étranger. Alors chers responsables retroussez vos manches et réunissez-vous pour de bon car en matière de couscous il y a encore du chemin à parcourir ensemble. Fabricants, industriels, traditionnels et consommateurs. Bonne route ensemble.