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Le centre de transfert des ordures dans la forêt Al Maamora

 

Auteur : Tita

Comme nous l’avons déjà signalé sur les colonnes de cecertains journaux nationaux, le maire de Salé a promis aux gens de Sala Al Jadida,au mois de septembre 2009, qu’il allait renoncer à l’installation du dépotoir à proximité de leur cité jouxtant la forêt de la maamora.Mais,il s’est avéré en fait que cette promesse n’était qu’une sale imposture.Il a dû attendre le nouvel an pour gratifier la cité royale d’un très beau cadeau et lui assener le coup de Jarnac :le centre des ordures serait donc installé au cœur de la forêt Maamora au grand dam des habitants de la cité royale.

Paradoxalement cette décision coïncide avec les préparatifs d’un événement grandiose qui n’est autre que la proclamation de Rabat comme étant la cité verte du royaume à l’occasion de la journée de la terre, célébrée au mois d’avril 2010 ; et ce conformément aux hautes directives de SM le Roi,qui a mis un point d’honneur,dans un récent discours, à faire de 2010 l’année de la préservation de l’environnement et du développement durable.

En effet, SM LE ROI a rappelé, à cet égard que le Maroc, à l’instar de tous les pays en développement, affronte des défis majeurs et si pressants en matière de développement qu’il a pleinement conscience de la nécessité de préserver l’environnement et de répondre aux impératifs écologiques. Face à ces exigences et conformément à ces engagements, notre ROI réaffirme qu’il est nécessaire de poursuivre la politique de mise à niveau graduelle et globale, tant au niveau économique qu’au plan de la sensibilisation, et ce avec le concours de partenaires régionaux et internationaux. Aussi, incite- t-il le gouvernement à élaborer un projet de charte nationale globale de l’environnement, permettant de sauvegarder les espaces verts et les ressources naturelles, dans le cadre du processus de développement durable…En tout état de cause, il appartient aux pouvoirs publics de prévoir le volet protection de l’environnement dans les cahiers de charges relatifs aux projet de développement.(cf. Discours du trône le 31/08/2009)

Ainsi, la décision, ô combien téméraire, prise par le conseil de la ville(ou conseil des vils comme certains slaouis courroucés le désignent) s’avérera lourde de conséquences .En effet, les habitants de la cité Royale seront fort incommodés par des émanations pestilentielles, préjudiciables au prestige de leur cité, qui a été égayée par la construction ‘d’une zone villas, et surtout par le technopolis, premier parc arabe, dédié à la nanotechnologie. Construit sur une superficie de 300 h, le technopolis va contribuer à résorber le chômage par la création de 12000 emplois.

En outre, le centre de transfert des ordures ne sera pas très loin du Palais Royale de Salé, de l’aéroport de Rabat-Salé, du centre national Mohamed VI des handicapés, de la Faculté des sciences juridiques et économiques, du Centre National Moulay Rachid,de l’académie de foot Mohamed 6, du complexe socio-éducatif, de Dar Es-saka et de la Maison de la culture. Les responsables ont-ils pris la peine de mesurer les retombées de leur décision sur les atouts de cette de cette région ?

Mais, la grande catastrophe écologique sera, sans conteste, la proximité de ce centre de la Maâmora, forêt mythique, l’une des plus grandes subéraies au monde qui contribue à la prospérité de Rabat-Salé en fournissant du bois, du charbon, du tannin pour les artisans, des glands doux, des plantes médicinales, des champignons et du miel. Son couvert végétal permet de préserver la nappe phréatique. Elle constitue aussi un espace récréatif et pourvoyeur d’oxygène pour les habitants des deux rives. Aussi, l’installation de ce centre va-elle nuire gravement à cette forêt mythique qui remonte à l’époque romaine (premier siècle après J.C). on n’aimerait surtout pas voir ces beaux chênes se transformer en vieux poteaux de bois, comme ce fut le cas hélas, pour les arbres qui bordaient les dépotoirs de Loulja que l’agence d’aménagement de la vallée du Bouregreg a eu l’idée de transformer en espaces verts dont nous nous réjouissons certes, mais il ne faut pas, comme dit le proverbe < déshabiller saint-pierre pour habiller Saint-Paul >, se débarrasser d’un dépotoir à Salé-Médina pour l’installer à Sala Aljadida, cité qui regorge d’atouts naturels et géographiques. On aurait aimé qu’elle soit elle aussi concernée par ce projet de réaménagement en la reliant au réseau ferroviaire et au tramway, en développant l’écotourisme et surtout en sauvegardant la forêt de la Maâmora, le grand refuge des citadins, qui est en train de dépérir à cause du récent incendie ayant ravagé une vingtaine d’hectares, des aléas climatiques, du surpâturage, de l’incurie de l’homme, principal « prédateur » de l’environnement, si bien qu’elle est passée de 133.000 ha à 60.000 ha entre 1995 et 2000, soit une perte de 1600 ha par an.

Une véritable hécatombe qui doit donner à réfléchir aux responsables qui prétendent que ce centre de transfert d’ordures répondra aux normes européennes de tri par catégories de déchets.

Il s’agit là d’un argument fallacieux car nos ordures sont difficiles à trier, elles sont tassées pêle-mêle dans les poubelles si bien qu’elles deviennent très fermentescibles, provoquant de ce fait de très graves nuisances que nous pouvons résumer ainsi :

Pollution olfactive :

Les odeurs putrides, irritantes avec des pics intolérables liés au vent et à la chaleur estivale, contraignant les habitants à se calfeutrer chez eux,au lieu de jardiner ou de prendre le petit déjeuner sur la terrasse.

Pollution routière :

On peut imaginer le grand ballet des camions sur la route de Meknès, ralentissant ainsi le trafic des usagers de la route .La région champêtre et pittoresque de Sala Al Jadida, où les Slaoui et Rbati viennent chercher cet oxygène salutaire, se transformerait dès lors,en un complexe autoroutier enfumé,à traverser toutes vitres et prise d’air fermées, sous les volutes des pots d’échappement et les effluves de détritus.

Multiplication des prédateurs :

Prolifération d’espèces animales nuisibles et opportunistes telles que les mouettes,les goélands, les rats les chiens errants, les mouches, moustiques et autres insectes attirés par la fermentation du sol. Ces colonies d’oiseaux introduisent également des risques épidémiologiques graves pour la santé des enfants et des personnes fragiles.

Enfin, si cela ne suffisait pas, une petite cerise à rajouter au milieu de cette grosse pâtisserie nauséabonde :

La flore de la forêt de la Maamora risque de disparaître à cause des lixiviats, favorisant la multiplication d’espèces nitrophiles telles que l’ortie et la ronce. Cette forêt cesserait peut-être d’être cet espace récréatif pour les deux riverains

Aussi, alertons-nous les pouvoirs publics en particulier le wali de Rabat-Salé qui va bientôt se lancer dans les préparatifs de la célébration de Rabat comme étant la capitale verte du royaume,laquelle devrait commencer par protéger ses espaces verts au lieu de les polluer par l’installation d’un dépotoir au cœur de la forêt de la MAAMORA, le poumon vert de Rabat-Salé.

Nous demandons aussi au nouveau maire de Salé de contrer ce projet malsain, qui est une véritable injure à la mémoire de la cité des corsaires. En outre les élus locaux devraient à leur tour se manifester et œuvrer de concert avec les forces productives et associatives telles que l’association SALEJMAMORA dont nous saluons les efforts méritoires en vue de réhabiliter la cité. Plan aérien localisant le futur dépotoir.

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