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L’association marocaine sourire de Reda lance sa nouvelle campagne « stop au silence »

Le 5 février marque la Journée de Prévention du Suicide dans les pays francophones. A cette occasion, l’association Sourire de Reda, qui agit depuis près de 7 ans pour sortir les jeunes en souffrance de leur isolement et les aider à retrouver confiance en la vie, lance une nouvelle campagne de sensibilisation baptisée STOP AU SILENCE. Les principaux objectifs sont de faire prendre conscience de l’existence de la souffrance des jeunes, de l’importance pour les jeunes de s’exprimer sur leur souffrance pour éviter les passages à l’acte et de la capacité de chacun à agir pour prévenir un drame.

« Le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes dans le monde après les accidents de la route. Pourtant, nous pouvons tous agir avant que la souffrance, quand elle devient insupportable, ne conduise certains de nos enfants aux passages à l’acte dont le suicide est l’acte irréversible. Nous avons décidé de nous engager pour que le Maroc compte parmi les pays qui agissent pour prévenir le suicide des jeunes », explique Meryeme Laraki, Présidente-Fondatrice de l’association.

Une campagne multicanal pour sensibiliser le plus grand nombre

La campagne STOP AU SILENCE s’articulera autour de plusieurs initiatives permettant de sensibiliser le plus grand nombre à la problématique de la souffrance des jeunes. A partir du 5 février :

– Une campagne, en français et en arabe, sera lancée en radios nationales et dans la presse.
– Une journée spéciale sera organisée le 5 février en partenariat avec Hit Radio.
– Sur le web, des vidéos sur les situations de souffrance vécues par des jeunes seront publiées.

Quelques Questions-Réponses sur la souffrance et le suicide des jeunes

En quoi le fait de parler de sa souffrance peut aider un jeune à aller mieux ?

Le fait même de donner la possibilité à un jeune en souffrance de parler peut l’encourager à libérer sa parole et ainsi libérer la pression qu’il ressent à garder en lui quelque chose qui lui fait mal ou qui l’angoisse. Parler peut l’aider à prendre du recul par rapport à ce qu’il vit et lui permettre alors d’entrevoir des solutions à son problème. Il n’est plus seul avec son mal-être et pourra ainsi sortir de la spirale de l’isolement.

Quelle est ambition de l’Association Sourire de Reda ?

Nous aspirons à ce que le suicide des jeunes soit considéré comme un problème de santé publique avec tout ce que cela comprend comme dispositif pour traiter efficacement cette problématique.
Au Maroc, Sourire de Reda constitue un maillon de la chaîne qu’il faut continuer à construire et à renforcer pour qu’à terme le nombre de passages à l’acte de toutes natures diminue.

Qu’entendez-vous par « contribuer à diminuer le nombre de passages à l’acte de toutes natures » ?

L’expression du mal être du jeune, verbale ou non verbale, est trop souvent banalisée et/ou non décodée. Lorsque ce mal être passager n’est pas partagé, il peut se transformer en souffrance silencieuse et conduire à différents passages à l’acte : troubles du comportement, troubles alimentaires), délinquance, abandon scolaire, addictions (alcool, jeu, drogue, cyberaddiction), Mais aussi aller jusqu’au suicide dans les cas les plus graves

Quelles sont les causes du suicide ?

On a tendance à les chercher mais cela n’est pas juste de parler de causes. Le suicide s’explique plutôt comme une situation de déséquilibre entre la période de souffrance extrême vécue et les ressources qui permettraient d’y faire face. Il existe des facteurs prédisposant au suicide tels qu’un environnement familial difficile, un problème de santé mentale, une situation de harcèlement à l’école… Il faut être conscient que le suicide peut toucher n’importe qui.

Est-ce qu’il y a des signes d’alerte auxquels il faut être attentif ?

Il y a de nombreux signes qui, s’ils se cumulent ou s’il perdurent, doivent permettre à un parent de réagir sans tarder. Dans 8 cas sur 10, une personne en grande souffrance va communiquer son mal-être par des messages verbaux directs ou indirects. Il est également important d’observer les changements de comportement soudains ou graduels. Ces signes, qui sont une façon de demander de l’aide. Ils ne sont pas toujours évidents à détecter mais constituent des éléments très importants de reconnaissance du désespoir de la personne.

Est-ce parler du suicide avec quelqu’un qui va mal peut l’encourager à passer l’acte ?

Parler de suicide de façon sensationnaliste peut alimenter une curiosité morbide et n’être d’aucune aide, mais parler du suicide avec un objectif de prévention est indispensable. Parler du suicide à quelqu’un qui va mal n’a jamais contribué à un passage à l’acte suicidaire. Au contraire, la pensée suicidaire enferme la personne dans la solitude et la non-communication. Elle lui donne aussi l’impression que personne ne peut la comprendre. Reconnaître sa souffrance et l’écouter avec bienveillance, sans crainte, sans la juger, peut soulager et réduire le risque d’une tentative. C’est l’occasion pour la personne en souffrance de se sentir reconnue, et ainsi faciliter une demande d’aide et de soutien. En matière de suicide, c’est plutôt le silence qui tue.

Source : www.lnt.ma