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l’Arganeraie du souss : Comment le protéger ?

 

Le Maroc, de part son environnement naturel, sa composition humaine et sa culture, est un pays à vocation agricole et pastorale. Son économie repose essentiellement sur le secteur agricole qui participe pour 16 % au PIB. La dégradation des écosystèmes s’est fortement accentué ces dernières années sous les effets conjugués de plusieurs facteurs dont les plus marquants sont : la baisse de la pluviométrie, l’accroissement démographique et les modes de gestion des ressources de base. Cette dégradation s’est traduite, pour la plupart des situations par une stagnation, voire une réduction du rendement agricole et une diminution de quantité de ressources fourragères.

L’agriculture et l’élevage, les deux composantes essentielle du système de production au Maroc, maintenues jusqu’ici par des pratiques traditionnelles basées sur une forte utilisation d’espace, s’adaptent mal aux restrictions qui leur sent imposées.

Cette crise économique a des dimensions géographiques internes au Maroc, elle pousse les éleveurs des provinces du sud et de sud est à intensifier leur transhumance vers l’ouest du pays, notamment la région du Souss (forêt d’arganeraie). Cette migration des personnes et du bétail vers l’ouest ne s’effectue pas sans poser des problèmes sociaux. Confrontés à l’hostilité du climat social et à la pression foncière, les agriculteurs (sédentaires)et les éleveurs (nomades) ont développé au fil du temps un comportement de moins en moins pacifique. La cohabitation entre ces deux communautés est émaillée d’affrontements. Les conflits entre agriculteurs et éleveurs mobiles et semi-mobiles ou encore nomades se sont multipliés depuis 1996 et se déclenchent avec le même point de départ : un animal dévaste les champs agricoles dans l’arganeraie, dégrade la forêt

Les couloirs de transhumance dont fait partie la forêt d’arganeraie sont aujourd’hui occupés par les agriculteurs ou simplement abandonnés à cause de manque de points d’eau (puits pastoraux).

Les autorités administratives (office des eaux et forêts, élus politiques) qui sont chargées de la gestion de l’arganeraie semblent être à la base de la recrudescence de certains conflits. Plus souvent, les règlements de ces conflits aboutissent à des jugements dont les victimes (agriculteurs et nomades) sortent frustrés.

Face à cette crise qui compromet d’une part la promotion de ces deux secteurs (agricoles et pastorales) et d’autre part, la gestion des ressources naturelles (l’arganeraie du Souss), le Maroc en partenariat avec plusieurs ONG a procédé à la réalisation d’un grand nombre d’action de développement qui visent la conservation de l’arganeraie et la lutte contre la pauvreté.

Cependant, ces programmes de développement n’ont pas eu l’impact souhaité du fait qu’ils n’ont pas pris en compte tous les acteurs impliqués, notamment les éleveurs nomades et semi-nomades. Autrement dit, les programmes de développement n’avaient pas dans leurs préoccupations la gestion de l’espace qui est devenu source de conflit entre les agriculteurs sédentaires et les éleveurs nomades de la région du Souss.

enfin, pour mieux comprendre la difficile interrelation entre les agriculteurs et les éleveurs nomades il faut en effet d’une part identifier les causes du conflit à travers les représentations des acteurs par rapport à leur territoire et d’autre part analyser les mécanismes des règlements des conflits qui se sont constitués dans l’arganeraie du Souss.