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La problématique du développement agricole dans le milieu oasien, cas du Tafilalet

 

  • Introduction
  • Spécificités de l’agriculture dans le Tafilalet
  • Ressources en eau et systèmes de production
  • Systèmes de production
  • La mobilisation et l’utilisation optimale de la ressource en eau
  • L’adoption de bonnes pratiques agricoles
  • L’introduction de la culture biologique
  • Diversification et l’optimisation de la production
  • Allegement de la pression sur les ressources naturelles
  • Contribution et rôle des partenaires sociaux

 

Auteur : Mohamed ZEDDOUK

  • Introduction

Le climat difficile dans lequel évolue l’activité agricole, combiné aux facteurs socio-économiques qui prévaut dans les oasis, constituent les éléments fondamentaux de la problématique du développement agricole dans le Tafilalet.

En effet, l’activité agricole fait face une batterie de problèmes spécifiques qui menace les ressources naturelles et les populations. Mais la région ne manque pas d’atouts.

Quel modèle de développement agricole est préconisateur pour la région ? Pour contribuer au débat, il est intéressant de faire des propositions pour une amplification optimale des atouts, une réhabilitation de la gestion durable des ressources naturelles.

  • Spécificités de l’agriculture dans le Tafilalet

Contraintes et atouts

L’agriculture dans le Tafilalet doit sa spécificité à un ensemble d’actes d’intervenants sociaux dictés par les conditions du milieu. Ces conditions, résultant des obstacles naturelles ou engendrés limitent l’ambition et l’action et embrument la visibilité. Pourtant, la région ne manque pas de marges d’amélioration et d’optimisation.

Contraintes

La région est sous l’emprise d’un contingent de contraintes et menaces : naturelles, sociales, technologiques. L’inter- pénétration de ces contraintes façonnent le paysage agricole oasien dans le Tafilalet. Il en délimite l’étendue et en conditionne le potentiel.

Contraintes naturelles

La pratique agricole dans le Tafilalet est soumise à plusieurs contraintes naturelles dont notamment la rigueur du climat, la rareté de l’eau d’irrigation, la salinité des eaux et des sols, l’ensablement.

  •   Le climat de la région est caractérisé par une pluviométrie faible ( 60 mm au Sud et 265 mm au Nord) et fluctuante, une amplitude thermique journalière et inter -saisonnière importante (- 1,5 °C en janvier et 50°C en juillet), les vents de Chergui venants du Nord-Est et soufflant en automne. L’effet de ces facteurs conjuguais à l’ensoleillement engendrent une forte évapo- transpiration. – Dans les conditions qui prévalent dans le Tafilalet et selon les techniques conventionnelles d’exploitation agricole actuelle, l’exploitation des terres n’est possible que sous l’irrigation. Eu égard à l’écart entre le disponible en eau et l’ETP, le déficit en eau d’irrigation est un frein à la mise en valeur agricole. 
  •   Les sols salés du Tafilalet constituent un obstacle à l’intensification culturale. Leurs salinités a pour origine la montée capillaire, à partir d’une nappe proche de la surface et/ ou par l’utilisation des eaux à haute teneur en sel dans les zones de pompage. 
  •   L’ensablement, corollaire d’un processus de désertification résultant de la dégradation de l’environnement, est une menace majeure au développement agricole dans le Tafilalet. En effet annuellement, le sable engloutie des dizaines d’hectares cultivables, et comble des canaux d’irrigation, etc. 
  •   La maladie de bayoud ou la fusariose vasculaire du palmier dattier a détruit plus de 2/3 du patrimoine phoénicicole de la zone. De tant plus, que cette maladie a une prédilection pour les variétés noble (Majhoul) ou de haute valeur commerciale (Boufeggous). 
  •   Eu égard à sa situation géographique, le Tafilalet, constitue avec d’autres provinces du Sud-Est marocain, un passage obligé des criquets pèlerins dans leur ascension inexorable vers le Nord. Ainsi, la zone a été envahi par les acridiens assez souvent durant la fin du siècle dernier ( 1987-1995) et au début du siècle actuel (2003- 2005). Les superficies envahies et traitées peuvent aller de 16.000 ha pour une faible invasion (1994-1995) et environ 460.000 (2004-2005) pour une grande invasion. Les efforts déployés et la stratégie adoptée ont permis d’éviter, jusqu’à maintenant, des dégâts sur les cultures. Mais la menace reste réelle et les ravages des acridiens peuvent remettre en cause des acquis de plusieurs décennies.

Contraintes sociales

  •   La faiblesse de la surface cultivable dans les régions oasiennes, en raison de la concentration des terres cultivées dans les vallées et les divisions successorales, entraîne inéluctablement un morcellement important de la propriété foncière. La superficie de la propriété est de 0,80 ha à 1 ha répartie en 3 à 5 parcelles. Ajouter à cela une complexité sur le plan juridique ( dans le cas extrême, la terre, les plantations et les droits d’eau peuvent appartenir à des propriétaires différents). Ces problèmes fonciers et juridiques liés à la terre bloquent toute initiative de diversification et d’intensification culturale. 
  •   L’exode de la population, surtout des jeunes est la conséquence de différents blocages qui empêchent leurs épanouissements dans leur terroir de naissance. Le faible niveau de développement dans presque tous les secteurs n’a pas permis la stabilisation de cette frange de population, dont une partie devrait assurer la relève dans le domaine agricole. Les ksours se vident donc de leurs actifs alors que des marges réelles de développement existent.

Contraintes technologiques

Le problème sur le plan technologique réside dans le fait que l’ensemble des paquets technologiques ont été élaboré pour des régions très différentes du milieu oasien. Là où l’erreur est rattrapable. Delà, les tentatives de calquage et de transfert inconsidéré peuvent avoir des conséquences néfastes voir désastreuses sur les écosystèmes oasiens. 

  •   Sur le plan hydraulique, toutes politique d’aménagement hydraulique et de gestion de la ressource hydrique non fondée sur des études complètes et approfondies de milieu oasien peuvent conduire à des déséquilibres hydrologiques menaçant toute forme de vie. A titre d’exemple, le cas des palmeraies de Tinejdad : le transfert d’argent à partir de l’étranger par les immigrés de la région de Frekla et Todgha depuis le début des années soixante dix du siècle dernier, ont permis de cribler l’ouest des palmeraies, précisément le périmètre ‘’Bour El khorbat’’ par des centaines de puits (plus de 400 puits et forages pour une superficie de 600 ha (données 1998)). Le puisage d’eau de la nappe se faisait par des groupes électrogènes puissants conduisant à une exhaure excessive, dépassant de loin les capacités de recharge de la nappe. Depuis, l’équilibre hydrologique a été rompu. Les eaux puisées sont utilisées pour l’irrigation des céréales dont la rentabilité sous pompage reste à prouver. En 2005, une centaine de stations de pompage fonctionnent encore. Et il faudra probablement des années, voire des décennies, avec des mesures draconiennes pour rétablir la situation. 
  •   La mécanisation conventionnelle, telle que pratiquée ailleurs au Maroc, est inadaptée en milieu oasien, eu égard à la petitesse des parcelles et aux plantations désordonnées et à densité variable. Dans les zones d’épandage de crue l’emploi des grands engins peut favoriser une érosion éolienne précurseur d’un ensablement très présent dans la zone. 
  •   L’emploi excessif des pesticides dans le milieu oasien très fermé et isolé peut être dangereux et conduire à des déséquilibres dans la faune et à des conséquences sur la santé humaine et animale.

Atouts

Presque tout ce qui est perçu comme contrainte peut, dans une certaine mesure être exploité comme spécificités positives de la zone et constitué un créneau dont l’exploration peut conduire à un développement harmonieux.

  •   Les conditions écologiques spécifiques du milieu qualifie le Tafilalet pour certaines productions spéciales : dattes, Henné, safran, plantes médicinales,… 
  •   Les parcours peuvent donner, entre autres, des truffes très appréciées au niveau mondial et une viande de haute qualité. 
  •   La race D’aman, caractérisée par sa précocité sexuelle, sa prolificité élevée et son aptitude au double agnelage (4 agneaux / an / brebis). 
  •   L’éloignement de la zone et son presque isolement peut constitué un des atouts majeurs pour l’engagement de la région, sur des bases saines et avec plus d’aisance dans le processus d’un développement durable.
  • Ressources en eau et systèmes de production

Les ressources en eau

Les 475 Mm3 d’eau mobilisés jusqu’à nos jours dans le Tafilalet démontrent d’une part, l’effort déployé par l’Etat à travers l’ORMVA du Tafilalet depuis le milieu des années 60 du 20ème siècle et d’autre part, l’ampleur de la tâche à accomplir pour mobiliser les 293 Mm 3 d’eau restants.

Le taux de mobilisation global de 66%, cache des disparités entre l’eau de surface et l’eau souterraine d’un côté, et entre les bassins versants d’un autre côté. La mobilisation d’eau est de 72% pour les écoulements superficielles alors qu’il n’est que de 50% pour l’eau souterraine. Du même, le taux de mobilisation est de 95% et 85% dans les bassins de Ziz et Gheris respectivement, alors que ce taux n’est que 37% dans le Guir.

Force est de constater que les réserves souterraines restent une grande inconnue en absence d’études fiables et d’un suivi.

  • Systèmes de production

Systèmes de cultures

Les systèmes de cultures pratiqués à deux ou trois strates selon les disponibilités en eau d’irrigation se ramènent à trois types : 

  •   Système extensif Sud à deux niveaux de végétation, le palmier dattier et les céréales. Il est fréquent dan la zone de plaine (Tafilalet proprement dit). L’irrigation est assurée par l’eau de crue naturelle et artificielle (barrage Hassan Eddakhil). 
  •   Système intensif Sud, distingué par trois strates de végétation : le palmier dattier, l’olivier et les cultures sous-jacentes (céréales, luzerne et maraîchage). Il est rencontré dans le M’daghra, l’aval de la vallée de Ziz, et Boudnib. L’irrigation est assurée par l’eau pérenne et le barrage. 
  •   Système intensif Nord où on relève deux niveaux de végétation : niveau arboricole (olivier et rosacées) et les cultures sous jacentes (céréaliculture intensive, maraîchage et luzerne). L’eau d’irrigation provient des ouvrages de retenue et des eaux pérennes.

Types d’élevage

Deux types majeurs d’élevage se pratiquent dans la zone, selon l’espèce animale concernée et la source d’alimentation.

  • Elevage extensif Il s’agit des troupeaux ‘’purs’’ ou mixtes de différentes espèces animales : ovins, caprins, et camelins conduits en système nomade, semi nomade ou sédentaire. L’alimentation est assurée par les parcours.
  • Elevage intensif Il concerne essentiellement les bovins et ovins de race D’man conduits en stabulation permanente dans les zones irriguées. L’essentiel du cheptel bovin est localisé autour des deux coopératives laitières à Errachidia et Rich.

Quelques voies d’amélioration de l’activité agricole dans le Tafilalet

Contribuer au débat sur le présent et le devenir de l’agriculture dans le milieu oasien en général et dans le Tafilalet en particulier n’est pas une tache facile, loin s’en faut. Mais il est un devoir de tout un chacun des concernés d’avancer des idées, de proposer des visions, …

Cette humble contribution, a pour objectif d’essayer de réarranger les idées, déjà existantes, dans le but de cerner les contours d’une stratégie de développement durable en se basant sur l’exploitation optimale des atouts et la minimisation du poids des contraintes ainsi q’une gestion durable des ressources naturelles.

Les axes concernés sont :

  •   La réhabilitation du producteur 
  •   La mobilisation et utilisation optimale de la ressource en eau 
  •   L’adoption de Bonnes Pratiques Agricoles 
  •   La culture biologique et produits labels 
  •   La diversification et optimisation de la production 
  •   L’allègement de la charge sur les ressources naturelles

Réhabilitation du producteur

L’Homme est l’élément fondamental dans le processus du développement durable. Le producteur oasien devrait donc être impliquer comme vrai partenaire dans tous les programmes de développement.

  •   Son implication ne devrait pas se limiter à lui demander son avis sur tel ou tel projet. Mais il doit se faire à travers leur participation à l’élaboration des Programmes de Développement Local, d’une manière scientifique afin qu’il soit convaincu qu’il travaille pour le présent et pour le futur. 
  •   La valorisation de son savoir- faire, qui sera de bon apport pour l’élaboration des bonnes pratiques culturales 
  •   Le renforcement de ces capacités pour en faire un vrai partenaire afin de ne pas subir le développement. Mais pour le préparer à une auto- développement.
  • La mobilisation et l’utilisation optimale de la ressource en eau

D’aucuns pensent que plus d’eau permettra de résoudre beaucoup de problèmes sinon la totalité dont soufre l’agriculture dans le Tafilalet. Il suffit donc de mobiliser de grandes quantités d’eau supplémentaires. Mais ce n’est pas toujours évident dans les régions pré- sahariennes concernées.

Le plus important à ce niveau et que toute politique d’aménagement devrait partir de global au local, en tenant compte aussi bien des données à l’échelle régionale et bassins versants que des spécificités des palmeraies et des parcelles. En clair, la l’impérativité d’études approfondie de la mise en valeur existante pour l’élaboration, sur des bases solides des stratégies d’intensification et ou d’extension, sans compromettre les conditions d’existence des générations actuelles et à venir dans le cadre d’une gestion durable des ressources en eau.

Si des efforts sont réalisés en matière de mobilisation, beaucoup reste à faire au niveau du transport et surtout de la maîtrise de l’eau à la parcelle.

La réhabilitation des réseaux d’irrigation dans les palmeraies, les équiper des moyens permettant le minimum de perte est un grand défi. Encore faut-il que les producteurs, associés dans une démarche générale de partenariat, y adhèrent et permettent leurs entretiens.

Au niveau parcellaire, l’adoption des systèmes à économie d’eau devient impératif, son coût est justifié par la gaspillage d’eau lors de l’irrigation par submersion. Il permettra l’amélioration de la production et sa stabilisation à un volume suffisant.

  • L’adoption de bonnes pratiques agricoles

Ces Bonnes Pratiques Agricoles permettrant au conseil à la vulgarisation agricole de travailler sur des nouvelles bases et contribuer à la conservation des ressources naturelles. Elles permettent d’éviter la dégradation des ressources naturelles à travers le conseil des techniques non agressives. L’heure est donc à l‘élaboration d’un manuel de bonnes pratiques agricoles, qui ne sera, entre autres, que la traduction technique des concepts de production dans le cadre du développement durable. L’élaboration de ce manuel profitera beaucoup d’un savoir faire de terrain ancestral, maintes fois enrichi à travers des décennies. La contribution des organismes de développement agricoles et de la société civile sera primordiale, alors qu’il faut un certain niveau d’accumulation au niveau de la recherche agricole et de l’université dans le domaine de l’agriculture oasienne.

  • L’introduction de la culture biologique

L’éloignement de la zone des grands périmètres où se pratique une intensification à outrance ainsi que l’application, en général, par le fellah Filali des techniques peu offensives à l’égard de l’environnement, prédisposent la zone à la production biologique. Ce système de production présente, généralement, moins d’agressions pour l’environnement et par là, contribue au développement durable.

En raison des complexités rencontrées dans la production biologique, notamment tout ce qui est lié à la certification, il suggère de s’y mettre progressivement, d’une manière concertée en mettant en place, des mesures destinées à encourager et favoriser ce système de production et à maîtriser les techniques de production et du marché. La moins-value résultante de la reconversion devrait être compensée par les prix conséquents. Des prix à chercher, pour l’heure, chez les consommateurs occidentaux qui , dans l’espoir de manger sain, sont prêts à payer le prix. Sur le plan individuel, la bonne gestion de l’exploitation agricole est fondamentale. A l’échelle régionale et nationale, la concertation, la coordination des efforts pour trouver des solutions aux éventuels problèmes sont recommandables.

  • Diversification et l’optimisation de la production

Les problèmes fonciers et juridiques, l’enclavement de la zone et l’immuabilité des superficies face à l’augmentation de la population ont façonner l’exploitation des ressources naturelles de la zone. Cependant les marges d’amélioration et d’optimisation de l’exploitation des ressources existantes sont larges.

Sur le plan arboricole, et en égard au caractère stratégique du palmier dattier, l’Etat a mis en œuvre depuis la fin des années 80 du 20ème siècle le Plan National de la Reconstitution de la Palmeraie dont la première phase a mis l’accent sur le tandem Bayoud / vitro-plants. Des structures de multiplication des plants ont été crées et des plants produits ont été rétrocédés aux phoénicicoles quoi qu’avec un rythme très en deçà des prévisions/ besoins. Le palmier dattier est incontournable dans tous plans de développement du Tafilalet et il est impératif d’en tenir compte dans toutes les interventions. Le niveau de production actuel en dattes et les sous- produits sont sous exploités. La diversification de la saveur et de couleurs est autant d’arguments commerciaux à opposer aux dattes d’importation. Le profit à tirer des sous produits est inestimable, à commencer par les noyaux qui peuvent être exploités dans la torification du café et le bois qui peut servir de meubles de qualité.

La culture du pistachier semble prometteuse. Sa résistance aux adversités climatiques : sécheresse , températures extrêmes (- 30 °C pendant le repos végétatif et plus de 50° C en été), sa capacité à végéter dans les régions à faible pluviométrie ( 50-300mm) à côté de son grand intérêt économique font de cet arbre une espèce prometteuse. Sa haute résistance au calcaire et au sel le prédestine aux zones marginales où il ne concurrence pas les espèces arboricoles en place. De tant plus que la production peut s’écouler sans grandes difficultés, tant la demande mondiale est supérieure à l’offre pour certaines variétés (var. Pistacia vera).

En égard à l’importance du pain dans l’alimentation des ruraux et la portée stratégique des céréales dans leur mémoire collective, il est évident que les céréales occupent une place de choix (70%) dans l’assolement. Toutefois, s’il est logique de pratiquer les céréales en zone de crue naturelle ou artificielle (barrage), la culture de blé sur pompage est très discutable. Une introduction de cultures de rente à ce niveau est impératif.

 

 

  • Allegement de la pression sur les ressources naturelles

Il s’agit de diminuer la charge à l’hectare dans les oasis et sur les parcours, en trouvant de travail, pour une frange de la population active, hors d’agriculture, mais peut être en liaison avec elle. L’occupation devrait être à la fois intéressante et respectueuse de l’environnement. A titre d’exemple, le tourisme rural (l’éco- tourisme et tourisme de terroir ) peut participer d’une stratégie globale de gestion durable des ressources naturelles, par le biais d’un allègement de la pression démographique sur les terres cultivées. Il est envisagé dans le cadre de l’exploitation de ce magnifique contraste offert par les îlots de la végétation luxuriante des palmeraies et l’immense désert tout autour d’une part et d’autres part, de tout l’héritage architectural, artisanal et culturel des oasis. L’utilisation des dromadaires pour des randonnées désertiques ajoute du charme à cette activité et réhabilite les camelin dans leurs fonction d’origine.

Cette activité permettra, en plus, de maintenir une frange importante des jeunes dans leurs terroirs en leurs offrant du travail moins ‘’archaïque’’ et qui sied plus à leurs aspirations et à l’idée qu’ils se font de l’avenir.

Vu l’anarchie observée dans le secteur touristique actuellement, il est urgent de définir un cadre d’intervention et élaborée, d’une manière concertée, une sorte de charte d’honneur, pour un respect de l’environnement.

  • Contribution et rôle des partenaires sociaux

L’époque du Top- Down est révolue et la durabilité d’un mode de développement n’est possible que dans un cadre concerté, où tous les acteurs sociaux se retrouvent et agissent en tant que partenaires.

Recherche agronomique

Les domaines de recherche, reflétant l’écho de besoins de terrain devraient être orientées vers la sauvegarde et la préservation des ressources naturelles et de l’environnement. Ces considérations sont de tant pertinentes q’il s’agit d’un milieu fragile et mal étudié.

Les programmes de recherche des cultures en association /étage devraient être considérés. Le défi étant de déterminer les besoins des hectares assolés pour une optimisation de la production en respect de l’environnement. Il est évident que la tâche sera ardue, dans un domaine où le manque de référence est de mise.

Société civile

Sur le plan inventaire, la zone compte 365 groupements, dont 160 coopératives, 54 Associations des Usagers des Eaux Agricoles, 150 Associations du développement rural/ ONG et une Association fédérative des producteurs de dattes du Tafilalet et de Figuig. Cette pléthore en animateurs sociaux, cache l’inefficacité d’une société civile en mal de repères et de visibilité. La position de proximité des organisations rurales les qualifient au rôle d’interface entre les producteurs et les structures étatiques. En tant que vrais partenaires du développement local, Elles sont à associer dans tout le processus.

Pour permettre aux animateurs sociaux de s ‘acquitter de leurs tâches, il est impératif de renforcer leurs capacités dans tous les domaines en liaison avec le développement local.

Concernant les producteurs, il est impératif de réconcilier les points de vue des fatalistes qui croient à une certaine saturation technique et des jeunes à démarche volontariste, plus portés sur ‘’les grandes technologies’’ vues ailleurs et plus spectaculaires.

Services de développement décentralisés

Leurs expériences les qualifient à la participation à l’élaboration des stratégies de développement durable et la définition des mécanismes permettant à la société civile de jouer pleinement son rôle.

Sur le plan technique, Ils seront des acteurs fondamentaux dans l’élaboration du manuel de bonne pratique agricole et surtout dans son application par les producteurs.

Ils seront aussi interpellés pour contribuer à trouver des solutions aux différents problèmes engendrés par l’adoption de nouveaux systèmes de production.

 

 

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