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La presse écrite au menu des collèges

Auteur : ben seddiq bachir

Presse écrite au menu des collèges

LE collège est, de par sa position intermédiaire entre le primaire et le qualifiant, une étape charnière de consolidation de l’acquis et de préparation au qualifiant. L’élève commence, déjà à ce stade, à reconnaitre et utiliser à bon escient des faits linguistiques et à maitriser des formes simples du discours.

En effet notre intention consiste à sensibiliser les apprenants et les enseignants à l’exploitation des richesses de la presse écrite pour consolider leurs acquis essayer de remédier d’une part à des difficultés de compréhension et d’expression et de lutter contre cette absence de motivation qui risque d’être générale concernant la lecture et l’expression écrite.

Cette reconsidération de la presse écrite pour des fins didactiques devrait s’insérer dans le cadre d’un plan de formation visant l’écrit qui connaît une concurrence de la toile et de la presse électronique en général. Mais malgré tout ce flot de moyens technologiques d’information dont la qualité et l’efficacité restent à vérifier, la presse écrite demeure un réservoir presque illimité de formes linguistiques les plus diverses, ce qui explique le recours de nombreux enseignant aux différents journaux ou magazines. Mais , à la fois pour des raisons pratiques qu’ils offrent , compte tenu des objectifs le plus souvent visés (lecture méticuleuse,repérage des formes linguistiques ou discursives ), les textes ne sont pas lus en bloc mais triés et exploités isolément .Or la difficulté majeure à nos yeux quant à l’utilisation de la presse écrite en classe ne réside pas dans la compréhension des supports mais dans le volume de l’objet journal de nature dense et auquel les apprenants ne sont pas habitués .

Dans ce cas un tri s’avère nécessaires pour ne pas démotiver les élèves. Ajouter à cela le nombre de références plus ou moins implicites à tout un environnement d’informations déjà présentes dans l’air du temps , tout ce qui s’est dit , écrit , diffusé dans les semaines, jours , heures précédentes sur un tel ou tel sujet . Un article s’inscrit dans tout un réseau ou toute une chaîne d’information auxquels il faut être familiarisé si l’on veut ne pas s’ y perdre.

Aborder la presse écrite en langue française suppose une sorte de mise en condition ou de mise en éveil préalable .A ce propos Gisèle Khan (ENS de Fontenay Saint Cloud ) explique « pour y parvenir , l’idée est d’essayer de traiter la presse écrite pour ce qu’elle est réellement , dans son authenticité , sa globalité , sa diversité et son foisonnement . Lire la presse écrite nous semble avoir pour finalité essentielle de permettre aux apprenants de lire , à terme la presse française ou francophone sans trop de difficultés, de façon relativement naturelle pour y chercher des informations précises ou simplement pour le plaisir du feuilletage, ou pour toutes les raisons qui font que l’on a envie de lire les journaux ou magazines ».

Dans la formation de l’élève en langue culture française , l’étude de la presse est une étape importante .Elle est le préalable nécessaire à la rédaction et à la fabrication de journaux scolaires . Pour cette fin ,beaucoup d’acteurs de la société devraient s’y impliquer , l’entreprise de la presse écrite , journalistes , photographes, chefs de rédactions , enseignants ,et maisons de presses .Le concours de toutes ces compétences devrait se traduire sous forme de visites aux établissements , d’exposés , d’explications , de motivations au montage de projets pédagogiques et d’établissement comme les ateliers d’écriture et les journaux scolaires dans le cadre des partenariats entre l’école et son environnement social et économique .

Pour se limiter seulement à la classe de français , nous suggérons que l’analyse et compréhension reposent sur un projet pédagogique articulant les différentes activités hebdomadaires et répondant aux objectifs qui visent à développer les compétences de l’écrit , de l’oral et le sens de la créativité chez nos apprenants .

Dans cette perspective, pour assurer la transition de la compréhension à la production , nous pouvons inaugurer le projet par la lecture dont l’objet serait par exemple un fait divers , une publicité ou un événement politique ou sportif .Nous avons une panoplie de choix en matière d’entrées textuelles , l’enseignant peut expérimenter une comparaison des ‘unes’ de plusieurs quotidiens , la classification des journaux selon leurs genres (sport , politique) , (régionaux ou nationaux ).

Il est intéressant d’exploiter une étude comparative d’un même événement sur plusieurs journaux ainsi que leurs sommaires .Comme nous pouvons entraîner nos apprenants à partir d’articles divers à retrouver les différentes sources (agences , envoyé spéciale , correspondant).sur le plan de l’organisation textuelle, il est possible de confronter un support littéraire à un article de journal et d’en dégager les disparités et points de convergences (le genre et le type de textes , la visée du scripteur , le public cible , la structure du texte, l’aspect matériel du texte et les formes linguistiques ).

Il serait fructueux pour mieux responsabiliser les élèves, de formuler pour ce genre de tâches des consignes claires et précises portant sur le repérage et le classement des informations concernant la forme et le contenu .Une organisation des apprenants en groupes ateliers pourrait appuyer ce style d’animation .

Le travail sur les titres dans la presse écrite et d’une grande importance parce qu’il nous offre un éventail de pistes d’exploitations didactiques telle la réduction des titres , leur expansion ou la fonction du titre par rapport au fond de l’article.

Pour ne pas négliger l’étude de la langue sur le plan syntaxique et lexical , nous pouvons procéder à une explication des termes , faire le choix de mots précis , concis et redondants en relation toujours avec le thème proposé. Une étude des champs sémantiques et des figures de style son toujours possible (métaphore ,clichés ,hyperbole, antithèse …).

Quant à l’activité oral , elle est conçue dans le même esprit que la lecture et la langue . Leurs objectifs est de développer des savoirs faire et des savoirs être , en somme autonomiser les élèves et les faire participer à des activités de groupes en associant le travail individuel aux travail collectifs dans le projet en question .Illustrer ces travaux serait parler des réactions à des articles, concevoir des entretiens à propos des événements , dialoguer avec des journalistes , étude de l’actualité de la ville ,du quartier ou de l’école.

Pour concrétiser tout cela une visite à un journal ferait la grande joie et interet des élèves en leur donnant l’opportunité d’interroger des professionnels dans le domaine du journalisme sur leurs métiers et la fabrication du journal . Il serait gratifiant de couronner tous ces efforts par la création ou l’enrichissement d’un journal scolaire .

Tous les exercices devraient converger vers la production écrite, un espace d’écriture ou les élèves seraient amenés à réutiliser leurs acquisitions linguistiques et culturelles à partir des situations de communication écrites comme le résumé , la reconstitution de textes , synthèse de plusieurs informations ou des réactions à certains articles .

En guise de conclusion , je me contente de citer Jean Guenot lorsqu’il dit « C’est par la comparaison des textes qu’on peut aiguiser le sens de l’ écriture. Le pastiche me semble un meilleur exercice que la dissertation , pour découvrir comment un autre écrit ou la réécriture : Condenser, étendre, dialoguer une nouvelle pour la scène ou pour l’écran .En s’entrainant à écrire on apprend à lire »