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La mauvaise gouvernance menace l’éducation primaire en Afrique

 

La mauvaise gouvernance et une gestion inefficace menacent les efforts déployés pour fournir une éducation de base de qualité dans sept pays africains, selon un nouveau rapport publié aujourd’hui par Transparency International (TI).

Le rapport, Africa Education Watch : Leçons de bonne gouvernance pour l’éducation primaire montre qu’en dépit de dix ans d’efforts pour augmenter les inscriptions à l’école à travers l’initiative Education pour tous et les Objectifs du Millénaire pour le Développement, des systèmes et pratiques de gouvernance déficients ou inexistants limitent les progrès.

« Augmenter les inscriptions à l’école ne suffit pas. Pour garantir des progrès véritables et durables dans les niveaux d’éducation et pour assurer la meilleure utilisation des rares ressources disponibles, la surveillance et la responsabilité doivent être améliorées », dit Stéphane Stassen, coordinateur de programme principal à TI, qui dirige le programme Africa Education Watch.

Le rapport, qui évalue les structures de gestion de l’éducation primaire au Ghana, à Madagascar, au Maroc, au Niger, en Ouganda, au Sénégal et en Sierra Leone, analyse des données provenant de 8500 questionnaires complétés par des parents, des directeurs d’école, des présidents d’associations de parents d’élèves et des responsables de l’éducation au niveau du district.

Ces dix dernières années, selon l’UNESCO, il n’y a jamais eu autant d’enfants en âge d’aller à l’école primaire en Afrique à être scolarisés, et dans de nombreux pays l’éducation primaire est, selon la loi, gratuite. Cependant, le rapport de TI constate que des parents qui n’en ont pas les moyens doivent encore payer des frais. Dans les pays traités, 44 pourcent des parents interrogés ont dû payer des frais d’inscription pour leurs enfants. « Une mauvaise comptabilité et des détournements signalés de fonds prévus dans le budget montrent clairement que le financement doit être accompagné d’une capacité de gestion renforcée et de meilleurs mécanismes de redevabilité des comptes », a ajouté M. Stassen.

Le rapport identifie là où il existe un risque que le transfert de fonds et d’équipements du gouvernement central aux écoles soit détourné. La plupart des écoles ne gardent pas de traces complètes ou même basiques de leurs finances, toujours selon le rapport. Le système souffre également d’un manque général de formation en gestion financière des directeurs d’école et des responsables de la gestion du budget des écoles.

Les sections nationales de TI dans les sept pays vont travailler avec les gouvernements et la société civile pour augmenter la capacité de gestion et renforcer les mécanismes de redevabilité, afin de garantir que les objectifs de l’Education pour tous soient remplis.

 

Principales conclusions :

 

*  Le financement des écoles n’est pas transparent et des inspections externes sont rarement menées. Les rôles et responsabilités des autorités décentralisées qui gèrent les écoles sont souvent flous. 

*  Dans tous les pays examinés, des parents ont signalé avoir payé des frais d’inscription pour l’éducation primaire même si selon la loi l’instruction primaire est gratuite. Cela allait de 90 pourcent des parents interrogés au Maroc à 9 pourcent au Ghana. 

*  Globalement, 85 pourcent des écoles examinées dans tous les pays disposaient soit de systèmes de comptabilité déficients, soit n’en disposaient pas du tout. Cela allait de 100 pourcent au Niger à 69 pourcent à Madagascar. 

*  La majorité des directeurs d’école à Madagascar (58 pourcent), au Maroc (77 pourcent), au Niger (92 pourcent) et au Sénégal (59 pourcent) et la plupart des membres des Comités de gestion scolaire dans tous les pays n’ont pas reçu de formation en gestion financière bien qu’ils soient responsables des budgets. 

*  Dans tous les pays, les parents ont déclaré qu’ils pensaient que le système éducatif était affecté par la corruption, allant de 10 pourcent à Madagascar à 85 pourcent en Sierra Leone.

Le renforcement de la structure de gouvernance dans la gestion de l’éducation conduit à une gestion des ressources plus efficace, et est une étape nécessaire pour améliorer l’accès à une éducation de qualité. Le rapport recommande aux Ministres de l’Education d’introduire des normes plus fortes pour obliger à rendre des comptes. Plus précisément, il est nécessaire d’établir des règles plus claires et plus solides en matière de tenue de comptabilité des écoles, alliées à des inspections plus fréquentes pour s’assurer que ces règles sont respectées. Il recommande également que les Ministères de l’éducation et la société civile investissent premièrement dans la formation pour s’assurer que les responsables d’école et les parents soient capables d’administrer et de gérer des budgets, et deuxièmement dans des campagnes de sensibilisation pour informer les parents sur leurs droits.

Africa Education Watch est un programme de trois ans (2007-2010) rendu possible grâce au financement de la Fondation William et Flora Hewlett. L’objectif du programme est d’évaluer si les systèmes décentralisés de gestion de l’éducation, qui ont été mis en place ces dix dernières années, sont efficaces lorsqu’il s’agit de contrôler la corruption et d’obliger les administrations d’écoles primaires à rendre des comptes. Les enquêtes ont été réalisées entre mars et mai 2008 et ont été coordonnées par les sections locales de TI.

 

Transparency International est l’organisation internationale de la société civile au premier plan de la lutte contre la corruption.

 

Téléchargez le rapport complet ici.

 

Téléchargez les rapports-pays individuellement : Ghana, Madagascar, Maroc, Niger, Sénégal, Sierra Leone et Ouganda

 

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